Les conseillers ont applaudi le travail de l’ancien maire Yves Lévesque après le dépôt de sa lettre de démission.

Conseil municipal de Trois-Rivières: toujours des tensions

TROIS-RIVIÈRES — Quelques semaines après la démission du maire Yves Lévesque, des tensions persistent entre certains membres du conseil municipal de Trois-Rivières.

Le départ du bouillant premier magistrat ne semble pas avoir tout réglé au sein de la plus haute instance de l’administration municipale trifluvienne. La réunion de travail qui a précédé la séance ordinaire de mardi soir a en effet été le théâtre de discussions musclées auxquelles ont pris part plusieurs élus, dont les conseillers Mariannick Mercure, Daniel Cournoyer et Valérie Renaud-Martin ainsi que la mairesse suppléante Ginette Bellemare. C’est Mme Mercure qui a lancé le bal en profitant de la présence des journalistes pour y aller d’une déclaration – qu’elle avait d’ailleurs écrite afin de s’assurer que ses dires ne dépassent pas sa pensée – dans laquelle elle dénonçait des propos qu’a tenus Daniel Cournoyer concernant la politique Vision zéro lors d’une entrevue sur les ondes du 106,9 FM en début de semaine.

Très attentive pendant que la conseillère s’exprimait, la mairesse suppléante a quant à elle profité de l’occasion pour indiquer au conseiller Cournoyer qu’elle n’avait pas apprécié qu’il qualifie d’«ordinaire» sa décision de l’exclure du comité exécutif lors de la même entrevue. Rappelons que la semaine dernière, Mme Bellemare a utilisé sa prérogative pour revoir la composition de cet important comité. Fait à noter, l’un des deux autres conseillers exclus de cette instance en vertu de la décision de la mairesse suppléante, Michel Cormier, brillait par son absence autant lors de la réunion de travail que de la séance publique. L’autre conseillère touchée, Sabrina Roy, était quant à elle présente.

«Je t’invite à travailler avec nous. Je n’ai rien contre ton travail et tes prises de position, mais il faut se rallier un moment donné», a-t-elle dit à M. Cournoyer.

Éprouvant le besoin d’intervenir, la conseillère du district des Carrefours, Valérie Renaud-Martin, est par la suite venue à la défense de Daniel Cournoyer. Elle a déclaré que ce dernier ne devait pas être le seul visé pour l’actuel climat.

«Je ressens un malaise sur ce que j’entends aujourd’hui. […] Ça ne m’invite pas à travailler», a-t-elle lancé lors d’un échange avec Mme Mercure.

Elle a poursuivi en y allant d’un plaidoyer sur la franchise et le respect, faisant notamment référence à des propos la concernant qu’un collègue aurait écrits dans un groupe de discussion sur Facebook. Les critiques à son égard se seraient retrouvées dans le mauvais groupe de discussion, ce qui aurait permis à la principale intéressée d’en prendre connaissance.

À la fin de ce turbulent épisode, Sabrina Roy a tenté de rappeler tout ce beau monde à l’ordre en lançant qu’il serait préférable de «laver le linge sale en famille».

«Pas toujours comme ça»

Interpellés par Le Nouvelliste après la séance de travail alors qu’ils discutaient ensemble, Daniel Cournoyer et Mariannick Mercure ont voulu dédramatiser la situation en adoptant un tout autre ton et en y allant même de quelques blagues.

Le conseiller du district de La Vérendrye, Dany Carpentier, a également tenté de détendre l’atmosphère pendant la séance de travail. Alors que les échanges étaient plus conviviaux, il a fait remarquer haut et fort que l’ambiance était beaucoup moins lourde.

«Remarquez la belle fenêtre d’harmonie dans laquelle on se retrouve présentement», a-t-il lancé en regardant en direction des journalistes présents.

Interrogé en compagnie de Denis Roy après la séance de travail, il a martelé que l’ambiance n’était pas malsaine et que les élus étaient généralement en mesure de travailler ensemble.

Jean-François Aubin a pris la parole lors de la période de questions.

Jean-François Aubin prend la parole

Le seul candidat officiellement sur les rangs jusqu’à maintenant pour succéder à Yves Lévesque au poste de maire, Jean-François Aubin, a assisté à la séance du conseil municipal de mardi soir. Il a profité de la période de questions pour notamment indiquer qu’il croyait que la limite de vitesse ne devait pas être abaissée à 40 km/h sur l’ensemble du territoire de la ville dans le cadre de la Vision zéro. Néanmoins, il considère que cette politique est pertinente et félicite le conseil d’avoir décidé de tenir des consultations publiques sur le sujet.

«Ce n’est pas toujours comme ça», a-t-il précisé sous le regard approbateur de M. Roy.

«Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain», a-t-il affirmé.

Par ailleurs, la lettre de démission de l’ancien maire Lévesque, rendue publique le 27 décembre dernier, a été déposée par la représentante de la greffière lors de la séance ordinaire de mardi. Cette dernière était absente de la séance de mardi car elle est présentement en vacances.

Ce dépôt confirme la nomination de Ginette Bellemare au poste de mairesse suppléante jusqu’à l’élection d’un nouveau maire. Mme Bellemare a profité de l’occasion pour remercier encore une fois le maire démissionnaire pour son travail lors d’une courte allocution qui a été suivie par des applaudissements des conseillers et des citoyens présents.