Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

Colisée: «On n’a pas l’intention de négocier avec un fusil sur la tempe»

Trois-Rivières — «On n’a pas l’intention de négocier avec un fusil sur la tempe.» C’est en ces termes que le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, a commenté lundi le dossier de l’occupation du nouveau colisée de Trois-Rivières. S’il était convenu que le conseil municipal devait, en séance publique mardi soir, trancher la question entre les différents projets actuellement sur la table, il devient de moins en moins certain que cette décision soit prise à ce moment.

Le maire ne s’en cache pas: il aimerait que le dossier se règle mardi soir. Par contre, devant la tournure des événements des derniers jours, il attendra de voir ce que le conseil municipal souhaite faire. «Ce que je veux, c’est qu’on puisse prendre une décision, mais si on est encore dans les détails, on va prendre le temps. Je vais respecter ce que le conseil va décider, je vais quand même donner mon opinion là-dessus mais je veux leur laisser un espace de décision», indique Jean Lamarche.

Le maire n’a d’ailleurs pas reparlé au promoteur de la East Coast League, Dean MacDonald, depuis vendredi matin, moment où ce dernier a contacté directement l’ensemble du conseil municipal afin de pouvoir se faire entendre. «Jeudi, je lui ai demandé de m’envoyer quelque chose de formel par écrit, et ce qu’il nous a envoyé est un avis d’intérêt plutôt qu’une proposition», indique Jean Lamarche, admettant que cette façon de faire du promoteur a contribué à installer cette tension ressentie dans le dossier du colisée depuis quelques jours.

Jean Lamarche reconnaît que le plan d’affaires proposé par l’homme ne convenait pas aux yeux du modèle qu’aurait souhaité la Ville, et qu’il y avait très peu de marge de manoeuvre à la négociation selon ses dires. MacDonald avait évoqué dès le départ souhaiter détenir la gestion de l’aréna, ce qui ne convenait pas aux yeux de la Ville. Par la suite, il aurait manifesté son intérêt à pouvoir gérer de l’événementiel à l’intérieur, réservant une cinquantaine de dates par année. «C’est aussi un modèle qui m’intéresse moins, parce que ce sont 50 dates que nous ne pouvons pas avoir. Et nous détenons déjà l’expertise à Trois-Rivières pour faire de l’événementiel. Par ailleurs, le jour où la personne décide de quitter, on fait quoi avec ces cinquante dates? C’est le principe du client unique», remarquer M. Lamarche.

Sans avoir fermé la porte à la ECHL, il avoue être doublement prudent depuis qu’il a compris aussi que le dossier de Trois-Rivières aurait servi de contexte de négociations dans les Maritimes.

On se souviendra que celui qui est propriétaire des Growlers de Saint-Jean, Terre-Neuve, était venu en visite à Trois-Rivières en août dernier, moment où il a visité le colisée et s’est même fait prendre en photo à l’intérieur. Une photo qui a été diffusée dans un contexte de négociation avec la Ville, indique M. Lamarche, alors que l’homme d’affaires souhaitait obtenir davantage de contributions financières de la Ville de Saint-Jean.

«Je ne dis pas qu’il est malhonnête, loin de là. C’est un homme d’affaires. Mais pour moi, ça fait juste me mettre dans une situation où je me dois d’être prudent. C’est un appel à la prudence», ajoute Jean Lamarche.

À la vue de ce qui sera discuté en séance de travail préparatoire au conseil municipal, mardi après-midi, Jean Lamarche ne ferme aucune porte. «Il est possible que je le recontacte, que je lui demande de nouveau une offre concrète, où on aurait des éléments de discussions. Je vais voir ce que les conseillers ont à me dire. Mais pour le moment, nous n’avons toujours eu que des discussions ou alors des avis d’intention», ajoute-t-il.