Le regroupement pour le développement de la phase 5 au CSAD a lancé un cri du coeur, hier. De gauche à droite: les étudiants Vincent Giguère et Vincent Paradis, André Ricard (Hockey Mauricie), Steven Bernard (patinage de vitesse, volet Sport-études), François Noël (club de judo Seikidokan) et Claudine Hébert, de l'Association des clubs de patinage artistique de la Mauricie.

Colisée: des voix s'élèvent en faveur du CSAD

Plusieurs personnes et organismes issus de la communauté sportive de la Mauricie ont lancé un message clair aux intervenants du milieu politique, lundi, en réitérant leur appui pour la réalisation de la phase 5 du Complexe sportif Alphonse-Desjardins.
Énumérant les arguments militant en faveur de la construction du futur colisée dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, le porte-parole du regroupement, Steven Bernard, a de plus annoncé que quatre athlètes olympiques supportent désormais la démarche. Il espère maintenant que les parties concernées sauront trouver un terrain d'entente dans des délais raisonnables.
«Personne ne nous consulte et les dirigeants se parlent par médias interposés. Ce que l'on demande, c'est un vrai dialogue. Asseyez-vous et discutez, on manque de glaces à Trois-Rivières et nos arénas vieillissent», scande l'entraîneur en patinage de vitesse.
Le regroupement compte des athlètes, parents, entraîneurs et bénévoles reliés à différents sports. À ces voix s'ajoutent celles de Marie-Ève Nault, Richard Dober Jr, Gabriel Beauchesne-Sévigny et Éric Bédard. Vincent Giguère et Vincent Paradis, deux étudiants à l'origine de la page Facebook créée la semaine dernière, ont quant à eux pris la parole lundi pour expliquer leur démarche de sensibilisation. Ils ont atteint près de 1000 personnes grâce aux réseaux sociaux.
Dans l'espoir d'attirer à sa conférence de presse des représentants de la Ville de Trois-Rivières et de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Steven Bernard avait envoyé une lettre au maire Yves Lévesque ainsi qu'au président de la CS Yvon Lemire.
Les deux brillaient toutefois par leur absence, lundi, dans le hall jouxtant la patinoire olympique. Seul Michel Byette, président du CSAD, s'était déplacé. «Nous aimerions au moins avoir un feed-back de leur part, enchaîne Bernard. On sait par contre que les commissaires se réuniront bientôt. On se croise les doigts en attendant.»
Une rencontre est effectivement prévue lundi prochain entre les trois parties, au Complexe sportif Alphonse-Desjardins. Les dirigeants du CSAD espèrent ainsi convaincre les deux partenaires de la légitimité du projet sur leur site. Quant à l'UQTR, elle devrait présenter le montage financier à son conseil d'administration d'ici deux semaines.
Lors de la séance du conseil municipal lundi soir, Yves Lévesque a confirmé qu'il participerait à la rencontre. Il a cependant voulu répondre au regroupement à propos des impacts négatifs qu'occasionnerait la construction du futur colisée sur les terrains de l'UQTR.
«Ça n'aura pas d'impact sur les sportifs car les plateaux existeront quand même. S'il y en a un qui a défendu le projet du CSAD, c'est bien moi! Nous avons toujours tenu nos promesses, que ce soit par rapport au pavillon de tennis, à la glace olympique ou au terrain de soccer synthétique. On y croit encore au colisée, mais il faut que tous les acteurs s'impliquent.»
Le premier magistrat a de nouveau parlé du dossier de la pyrrhotite comme d'un irritant majeur dans le développement des phases futures. «De notre côté, c'est certain qu'on ne met pas une cenne de plus dans le projet. Nous allons attendre de voir les chiffres de l'UQTR et par la suite, on prendra la meilleure décision pour les citoyens, mais également pour les institutions scolaires.»
Bien au fait que la commission scolaire doit gérer des budgets de plus en plus serrés, l'entraîneur du club de judo Seikidokan, François Noël, est tout de même d'avis qu'une implication financière de la CS permettrait de conserver et créer plusieurs emplois, de même qu'une certaine expertise dans l'est de la ville.
«Le gouvernement du Québec nous a déjà promis 26 millions de dollars. Depuis le temps que monsieur Lévesque nous parle des bienfaits de la fusion à Trois-Rivières, il devrait garder le même discours quand on parle de la centralisation du sport de haut niveau. Pourquoi agirait-on de manière différente, quand c'est le modèle par excellence prôné dans les grandes villes en Europe? Même l'Institutdu sport à Montréal applique ce concept.»
Une opinion partagée par la vice-présidente de l'Association des clubs de patinage artistique de la Mauricie, Claudine Hébert. «Si on veut tenir des événements d'envergure à Trois-Rivières, comme un championnat canadien, ça nous prend deux glaces au même endroit, donc la phase 5. Tous les clubs s'entraînent au CSAD et nous avons de plus en plus de patineurs sur les scènes provinciale et nationale.»
«C'est bien plus que du béton, c'est un milieu de vie», image Vincent Giguère. «On a une mine d'or, il faut l'exploiter.»