Coderre: «Ça fait, les esprits de clochers!»

Le maire de Montréal Denis Coderre donne son appui aux victimes de la pyrrhotite à Trois-Rivières afin de faire bouger le gouvernement fédéral pour qu'il vienne en aide aux personnes aux prises avec ce problème.
<p>Yves Lévesque et Denis Coderre ont assuré leur appui aux victimes de la pyrrhotite par le biais de la Coalition Proprio-Béton et son porte-parole Yvon Boivin.</p>
M. Coderre, qui était de passage lundi matin à Trois-Rivières afin de poursuivre sa tournée des régions amorcée la semaine dernière à Rimouski, en a profité pour tenir une rencontre privée avec le maire de Trois-Rivières Yves Lévesque et le porte-parole de la Coalition Proprio-Béton Yvon Boivin.
Il a d'ailleurs été convenu par les deux maires de pondre une résolution et d'amener le sujet au niveau de la table du conseil d'administration de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) afin d'avoir une frappe commune et de sensibiliser le gouvernement.
«Par solidarité, on va envoyer un message au niveau de l'UMQ. Personne n'est à l'abri de ça. Je pense que le temps du ''diviser pour régner'' est en train de prendre fin, alors quand il y a une solidarité avec l'ensemble des intervenants, on peut jouer un rôle de premier plan, tant au gouvernement provincial que fédéral», croit Denis Coderre.
Une initiative qui a été appréciée par Yvon Boivin. «Je suis heureux de voir qu'un maire d'une ville aussi importante que Montréal appuie notre cause. Nous allons travailler en collaboration avec ces gens-là pour pouvoir démontrer encore plus au gouvernement fédéral qu'il y a une implication dans le dossier et qu'il doit intervenir», a souligné M. Boivin.
L'initiative de Denis Coderre de faire une tournée régionale émane surtout d'une volonté commune de donner une nouvelle place aux municipalités en 2014 et d'unir les forces pour défendre les enjeux communs à chacune des municipalités.
«Qu'on travaille ensemble est devenu incontournable. 2014 va être l'année du municipal. Je veux qu'on travaille pour que le municipal se fasse respecter. Il va être essentiel dans plusieurs dossiers de se retrouver ensemble et de développer des stratégies communes», explique Denis Coderre, nommant au passage l'épineux dossier des régimes de retraite et du déficit actuariel.
À ce sujet, Trois-Rivières fait plutôt bonne figure, note Yves Lévesque.
«On n'a pas utilisé les outils qui étaient mis en place pour étirer dans le temps et espérer avoir des rendements», fait savoir le maire de Trois-Rivières, qui rappelle que le déficit actuariel est environ de 20 M$, comparativement à
2,1 milliards$ du côté de Montréal et plus de 700 M$ à Québec. Une rencontre aura lieu aujourd'hui à Québec avec la ministre Agnès Maltais pour discuter de cet enjeu.
Dans sa volonté de se rapprocher des régions, Denis Coderre a également annoncé qu'en plus de siéger à l'UMQ, Montréal serait désormais membre de la Fédération québécoise des municipalités (FQM)
«Ça fait, les esprit de clochers! On travaille ensemble et notre objectif commun, c'est d'aider le citoyen», souligne Denis Coderre. Un point de vue partagé par Yves Lévesque. «Ce qu'on veut, c'est le pouvoir de décider. Présentement, on subit régulièrement des décisions gouvernementales qui ont un impact directement sur le contribuable.
Nous, on dit qu'on est un gouvernement élu, imputable et aussi important que les autres gouvernements», ajoute le maire de Trois-Rivières.
Par ailleurs, Denis Coderre a fait connaître son intention de mener la vie dure à Postes Canada, dont la décision de cesser la distribution aux portes affecte directement les régions, les aînés et les personnes à mobilité réduite, souligne-t-il. «La façon dont Postes Canada s'est comportée est inacceptable», martèle M. Coderre.
Il s'est également montré peu affecté par les différentes campagnes publicitaires menées par Trois-Rivières l'an dernier sur le territoire montréalais pour inciter les gens à déménager en sol trifluvien.
«C'est du marketing. Je ne cherche pas la chicane, je cherche l'harmonie», mentionne-t-il, en ajoutant à la blague que le nouveau colisée trifluvien, s'il veut son appui, devra accueillir le club-école du Canadien, et non celui des Nordiques.