Le conseil de ville de Trois-Rivières a convenu à l’unanimité de mettre un terme au mandat du vérificateur général par intérim, Claude Cournoyer.

Claude Cournoyer congédié

Trois-Rivières — La Ville de Trois-Rivières n’a officiellement plus de vérificateur général à son emploi. Non seulement le vérificateur général par intérim Claude Cournoyer s’est-il fait montrer la porte, tel qu’attendu, mardi soir par le conseil municipal, mais une plainte en déontologie sera par ailleurs adressée au syndic de l’Ordre des comptables professionnels agréés du Québec contre lui.

Qui plus est, le conseil municipal réitère le mandat qu’elle avait donné à une firme externe de consultants en ressources humaines afin de poursuivre son enquête sur la plainte de harcèlement psychologique qui avait été déposée contre Claude Cournoyer par une employée.

L’adoption de ces trois résolutions en affaires nouvelles se sera d’ailleurs faite devant les caméras de télévision alors que cette séance régulière du conseil municipal était la première de l’histoire à être télédiffusée et webdiffusée.

«Le conseil veut faire savoir à l’Ordre des CPA qu’un de leurs membres a posé des gestes inappropriés et nous voulons les mettre au courant de cette situation-là. Le poste de vérificateur général est un poste important et fort au sein d’une ville, et le conseil jugeait qu’il a posé des gestes déplacés. Ils ont jugé que le lien de confiance était brisé, alors on met fin à notre association avec M. Cournoyer», a résumé le porte-parole au cabinet du maire, Yvan Toutant.

Claude Cournoyer, qui avait interpellé la population lundi après-midi pour qu’elle se présente massivement au conseil municipal afin de réclamer qu’on le laisse terminer son mandat, ne s’est lui-même finalement pas présenté à cette séance.

Rappelons que l’ex-vérificateur général par intérim fait face à une plainte de harcèlement psychologique de la part d’une employée, plainte pour laquelle il estime que le processus de traitement n’a pas été fait selon les règles de l’art de la politique en vigueur à la Ville. Claude Cournoyer, qui envisageait de poursuivre la Ville de Trois-Rivières dans ce dossier, a fait savoir lundi après-midi qu’il abandonnait finalement cette idée.

Au courant de la semaine dernière, il a également partagé diverses informations aux élus et aux médias, et fait part de questionnements concernant des agissements de certains cadres de la Ville, ce qui lui a valu une mise en demeure pour propos diffamatoires.

«Son congédiement n’est pas en lien avec la plainte en harcèlement psychologique, mais avec les agissements qui sont survenus après», soutient le maire Yves Lévesque. «Ça fait suite à certaines informations qui ont été envoyées aux médias d’information alors qu’il connaissait très bien la politique de confidentialité concernant les différents sujets de la Ville», renchérit Yvan Toutant.

Claude Cournoyer a eu l’occasion de rencontrer le conseil municipal en séance privée à 15h. Visiblement, cette rencontre n’aura pas renversé la vapeur quant à son sort, puisque le conseil municipal a convenu à l’unanimité de mettre fin à son contrat de travail, et ce, sans aucune indemnité.

Quant au mandat réitéré à la firme montréalaise Relais Expert dans l’étude de la plainte pour harcèlement psychologique, la Ville estime que malgré que le lien d’emploi soit désormais rompu avec Claude Cournoyer, il est important de savoir ce qui s’est passé. Un rapport sera déposé au terme de l’enquête de la firme d’experts.

Embauche
La Ville se retrouve donc sans vérificateur général. Le processus d’embauche afin de combler ce mandat d’une durée de sept ans allait bon train cette semaine, mais une obligation en vertu des normes exigées pour la fonction de vérificateur général force la Ville à retourner en appel de propositions.

En effet, une candidate s’était particulièrement démarquée, mais les normes en vigueur exigent que le candidat ou la candidate ait cumulé plus de 1250 heures de travail en cabinet comptable afin de pouvoir avoir le titre d’auditeur, ce que la candidate n’avait malheureusement pas.

La Ville retourne donc en appel de propositions afin de combler ce poste, et fera également appel à une firme de chasseurs de têtes. Le maire Yves Lévesque a reconnu que légalement, il y avait urgence d’agir afin de combler ce poste le plus rapidement possible, mais que logiquement et compte tenu de la saga vécue depuis les derniers jours avec le vérificateur général par intérim, les délais encourus étaient justifiables.

«Ce n’est pas nous qui avons causé cette situation-là. Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on agit de la sorte, mais il y a des politiques à respecter et nous prenons nos responsabilités», indique le maire Yves Lévesque.

Une première séance du conseil municipal à la télévision
Trois-Rivières (VM) — La Ville de Trois-Rivières a procédé, mardi, à sa première séance du conseil municipal télévisé. En effet, grâce aux chaînes NousTV et MAtv, les abonnés de Cogeco et de Vidéotron ont été en mesure de capter ce moment.

Le tout s’est très bien déroulé. Effectivement, le son et la qualité de l’image étaient excellents.

Rappelons que la Ville de Trois-Rivières avait amorcé la webdiffusion des séances publiques du conseil municipal il y a quelques mois.

D’ailleurs, les citoyens qui le désirent peuvent toujours les écouter sur la chaîne YouTube de la Ville de Trois-Rivières.