Ce projet de condominiums au coeur du village de Pointe-du-Lac est à l'arrêt pour un second hiver consécutif et se retrouve aujourd'hui au centre de procédures judiciaires.

Chantier paralysé au coeur de Pointe-du-Lac

Les résidents et commerçants de la rue Notre-Dame-Ouest, au coeur du village de Pointe-du-Lac, doivent composer pour un second hiver consécutif avec un chantier inachevé de deux immeubles à condos, dont la poursuite des travaux se retrouve aujourd'hui au coeur de procédures judiciaires.
Le projet, qui avait été amorcé il y a quelques années par une compagnie à numéros de Boisbriand, a été vendu il y a plusieurs mois à une autre compagnie trifluvienne qui a accepté de reprendre les travaux là où ils avaient été laissés par les premiers entrepreneurs.
Selon l'avocat du nouvel acheteur, Me Richard Lambert, des problèmes de financement auraient mené à l'abandon du chantier par cette première compagnie et au rachat du projet par sa cliente, une compagnie à numéros basée à Trois-Rivières et appartenant à Jean Simard.
Or, alors que la majorité des fournisseurs déjà impliqués dans ce chantier ont accepté cette transaction, deux fournisseurs s'y opposent actuellement, si bien que le dossier devra impérativement passer devant les tribunaux avant que les travaux puissent se poursuivre.
«Ce n'est pas à l'abandon. Les immeubles sont bien conservés, ce sont de bons immeubles et notre cliente s'y rend régulièrement pour effectuer les vérifications nécessaires, mais la construction est bloquée puisque la transaction a été attaquée en procédures légales», résume Me Lambert.
Ainsi, ces nouvelles procédures légales retardent à nouveau la poursuite des travaux, qui sont maintenant arrêtés pour un second hiver consécutif. À l'été 2012, un mois après l'arrêt initial des travaux, la Ville de Trois-Rivières avait dû intervenir pour faire sécuriser le chantier puisqu'il n'y avait plus aucune activité et que l'eau s'accumulait dans les fondations. Les immeubles, à cette époque, étaient par contre toujours la propriété du premier entrepreneur. La vente a été faite plus tard.
Depuis la transaction, le chantier a été sécurisé, assure Me Richard Lambert. «Une clôture a été installée tout autour et notre cliente se rend souvent sur place», confirme l'avocat.
Dans le quartier, on admet avoir hâte que le chantier se termine, ne serait-ce que pour assurer une continuité esthétique au coeur du village. «On n'a pas observé de problèmes avec la sécurité, mais c'est dommage que ce soit à l'abandon. Ce sera certainement plus beau quand tout sera terminé, autant pour ceux qui travaillent ici que ceux qui passent sur la rue», constate Marlène Tremblay, copropriétaire de la Boulangerie Guay, située à quelques portes de ce nouveau développement.
Or, impossible pour le moment de savoir quand la cause sera entendue devant un juge. «Nous n'avons pas de date fixée pour le moment. Nous sommes nous aussi dans l'attente. Mais ce qui est sûr, c'est que ma cliente souhaite terminer la construction, alors dès que ce sera réglé, ça va vite reprendre», fait savoir Me Lambert.
Du côté de la Ville de Trois-Rivières, on ne se mêlera pas du dossier tant qu'il sera devant la justice. «Nos conseillers juridiques nous disent de ne pas intervenir pour le moment. Mais on suit le dossier de près», laisse entendre Yvan Toutant, porte-parole de la Ville.
Le conseiller municipal du secteur, François Bélisle, entend lui aussi suivre la situation de très près au cours des prochains mois. M. Bélisle avoue avoir à coeur l'esthétisme historique de cette rue, et aurait souhaité que le projet puisse respecter l'harmonie du secteur.