Le boisé des Estacades est à vendre pour y ériger un projet domiciliaire.

Boisé des Estacades: «C’est à nous d’y voir»

Trois-Rivières — Après le lancement d’une pétition qui a recueilli jusqu’ici près de 9800 noms, voilà qu’une mobilisation citoyenne s’annonce au conseil municipal de mardi le 2 octobre, en lien avec la mise en vente du boisé des Estacades. Plus d’une quarantaine de citoyens ont déjà indiqué, dans un événement créé sur Facebook, leur intention de se rendre à l’hôtel de ville ce mardi afin d’interpeller le conseil municipal sur ce dossier.

Rappelons que le terrain de 3,2 millions de pieds carrés situé au nord du boulevard des Estacades et aux limites des secteurs Cap-de-la-Madeleine et Saint-Louis-de-France appartient à un propriétaire privé qui souhaite présentement le vendre au prix de 2,5 M$. Depuis de nombreuses années, la présence de marcheurs et de cyclistes y est tolérée, alors que les utilisateurs des différents sentiers entretiennent de façon bénévole les différents aménagements sur ce terrain.

Toutefois, devant ce soulèvement populaire, le conseiller municipal Pierre-Luc Fortin soutient qu’il veut maintenant ramener ce point à l’hôtel de ville et qu’il sera inscrit pour une discussion à huis clos mardi après-midi, en marge de la séance publique. Pour lui, il n’est absolument pas possible que la Ville se taise dans ce dossier en s’en remettant uniquement à la réglementation en vigueur et en indiquant qu’il s’agit d’une transaction privée, mais doit plutôt intervenir.

«On est loin du simple syndrome du «pas dans ma cour». C’est plus grand que ça, et la vitesse à laquelle la mobilisation prend de l’ampleur en témoigne. On constate que des gens de partout viennent profiter de ce terrain qui, par ailleurs, a une valeur écologique très élevée. Il y a, à cet endroit, des milieux humides, des variétés d’arbres et de végétaux qu’il faut aussi protéger. C’est à nous d’y voir», croit-il.

Du bout des lèvres, il reconnaît que l’achat du terrain par la Ville pour en faire un parc public serait une des options envisagées. Mais ce n’est pas la seule. «On peut aussi voir de quelle façon on peut négocier avec un futur promoteur pour qu’il en fasse un développement acceptable. On peut faire nos demandes, imposer nos exigences. Je ne veux pas simplement qu’on nous serve l’argument que 30% ou 40% des espaces verts seront préservés, ça ne nous garantit absolument rien. Ce qui est clair, c’est que le projet qui est présenté par la compagnie immobilière, c’est atroce. On est loin d’une vision de développement acceptable, on passe complètement à côté», croit M. Fortin.

À la suite du lancement de la pétition sur le site change.org par le Trifluvien Charles Fontaine, un événement Facebook a été créé afin d’inciter les citoyens à venir à l’hôtel de ville mardi soir pour appuyer le dépôt de la pétition et demander au conseil de ville d’intervenir. Hier après-midi, déjà 46 personnes indiquaient avoir l’intention de s’y rendre, et plusieurs dizaines d’autres disaient l’envisager.

Le Nouvelliste a tenté de joindre le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, pour connaître sa position dans le dossier, mais sans succès.