Tim Martinez

Aux anciens propriétaires à payer, selon Tim Martinez

Le propriétaire d'Aleris, Tim Martinez, ne lâche pas le morceau. Présentement devant les tribunaux contre le démolisseur, Recyclage Arctic Béluga, le propriétaire d'Aleris martèle que dès qu'il aura gagné sa cause, une poursuite de 2,1 M$, il sera en mesure de rembourser le ministère.
«Pourquoi enquêter sur la personne qui n'a jamais opéré l'usine? La seule chose sur laquelle ils pourraient enquêter serait la partie liée à la démolition. Là-dessus, quand j'ai constaté les agissements du démolisseur, Arctic Béluga, je leur ai demandé de quitter les lieux. Maintenant, je m'adresse à la cour pour que notre contrat soit rompu et que leur hypothèque légale soit levée», confirme-t-il.
Les deux parties se sont d'ailleurs retrouvées devant le juge en décembre dernier, et sont en attente d'une nouvelle date d'audition pour faire entendre de nouveaux témoins dans cette poursuite de 2,1 M$.
Tim Martinez dit s'impatienter devant les délais pour obtenir une nouvelle date. «Ma prétention est qu'ils ont causé un déversement de BPC. Heureusement, la compagnie en charge de la surveillance environnementale a pu nettoyer les dégâts à temps. Mais c'est moi qu'ils ont facturé pour ça. Béluga ne devait pas manipuler de produits dangereux et comme ils l'ont fait, c'est à eux de payer pour la décontamination», affirme-t-il.
Avec l'argent qu'il recevrait de cette poursuite, s'il gagne, Martinez entend rembourser les frais de 1,5 M$ engagés par le MDDEFP.
L'Américain souhaiterait aussi qu'on réclame aux anciennes compagnies propriétaires du site qu'elles paient pour la décontamination des terrains souillés alors qu'elles en étaient les propriétaires.
«Ce que je veux, c'est que les compagnies responsables d'une grande partie de la contamination sur le terrain prennent leurs responsabilités et paient leur part. Je n'ai jamais même opéré cette usine, et je devrais prendre tout le blâme? Ça n'a aucun sens», soutient-il.
Tim Martinez a relancé une fois de plus ses démarches après avoir récemment pris connaissance d'une enquête du journal Les Affaires, qui faisait état de la présence de plus de 24 000 litres d'hydrocarbures infiltrés dans l'eau souterraine depuis plusieurs années.
On y répertoriait aussi des passifs de plusieurs centaines de millions de dollars des sociétés Reynolds (rachetée par Alcoa), Corus et la Société générale de financement pour des dommages environnementaux. Toutefois, en 2010, ces trois anciens propriétaires auraient tous refusé de participer à la décontamination, rapporte Les Affaires.
Par contre, Tim Martinez fait savoir que le ministère devait procéder à la caractérisation des lieux l'été dernier. À ce jour, l'appel d'offres n'a pas encore été lancé.
«Quand les anciens propriétaires ont contaminé, ça aurait été un bon moment pour le MDDEFP de réagir et de les faire nettoyer. Tout ce que ma compagnie aura causé, je serai heureux d'en prendre la responsabilité. Mais pour le moment, je ne vois que des motivations politiques en leur inaction vis-à-vis les anciens propriétaires», soutient M. artinez.
Ce dernier affirme avoir payé plus de 750 000 $ en taxes municipales, par le biais des matériaux récupérés par Arctic Béluga, en un an, et estime que même s'il n'est pas un citoyen canadien, il agit en bon citoyen corporatif.
«Je crois toujours que ce terrain a un magnifique potentiel, et j'estime que Cap-de-la-Madeleine ne reçoit pas toute l'attention méritée du gouvernement. Tout ce potentiel repose là et je ne suis même pas capable de faire avancer le dossier. Je veux être un bon citoyen corporatif, mais il y a des limites. Tout ce que je veux, c'est qu'ils fassent leur job», lance Tim Martinez.