Jean-François Aubin demande au conseil municipal de mettre de côté l’abaissement de la limite de vitesse sur les rues locales et collectrices.

Aubin dit non au 40 km/h

Trois-Rivières — À quelques heures de l’ouverture des consultations publiques entourant Vision zéro à Trois-Rivières, le candidat à la mairie de Trois-Rivières Jean-François Aubin demande officiellement au conseil municipal de mettre de côté l’idée d’abaisser la limite de vitesse à 40 km/h sur les rues locales et collectrices, soit l’une des mesures comprises à l’intérieur de Vision zéro et certainement celle qui a fait le plus réagir dans l’opinion publique.

Le candidat s’était positionné différemment en novembre dernier, donnant cet appui à la mesure, mais dit s’être mis à l’écoute des gens et constate que la population n’en veut pas. «Depuis que je suis en campagne électorale, je rencontre énormément de gens, et c’est ce qui revient tout le temps. Malgré le fait que le projet ait été bien expliqué dans les médias et qu’on ait répété et répété que Vision zéro n’est pas seulement que l’abaissement de la limite de vitesse, dans l’imaginaire des gens c’est ce qu’ils retiennent», constate Jean-François Aubin, qui estime que dans les circonstances, le conseil doit se positionner officiellement.

«Ça a été dit du bout des lèvres que le conseil serait prêt à reculer sur cette mesure. Je crois que c’est le temps de le dire officiellement. Faites-en une résolution et qu’on mette ça de côté pour diminuer la portée émotive du débat», réclame le candidat, qui craint que les consultations publiques soient teintées de cette émotivité si on ne se positionne pas clairement.

«Ma crainte est que ça tourne à peu près juste autour de ça. Or, le débat doit être plus large, et surtout basé sur des faits et non sur l’émotivité. Sinon ce sera un exercice qui ne mènera pas à grand-chose», ajoute-t-il.

Pour Jean-François Aubin, l’amélioration de la sécurité routière passe désormais par l’élaboration d’un plan d’action pour tenter d’y voir un peu plus clair. «Si on veut viser zéro accident grave ou mortel, ce que nous pouvons et devons faire, c’est travailler ensemble à se doter d’un plan d’action. De ce plan découleront des mesures concrètes qui doivent respecter notre capacité de payer. De plus, un échéancier clair et précis doit être bâti pour l’application de ces mesures. Est-ce que l’on débute par déneiger plus de trottoirs l’hiver? Par aménager certains carrefours qui sont dangereux? Par resserrer la surveillance policière? Par revoir les aménagements dans certains secteurs résidentiels problématiques? Et comment on finance cela? Voilà les questions à se poser, considère le candidat qui n’hésite pas à dire que la réfection de l’intersection de la rue Bellefeuille et du boulevard des Récollets demeure une priorité à l’heure actuelle.

M. Aubin est aussi d’avis qu’il faudrait créer un comité mixte afin d’élaborer ce plan d’action, qui serait composé de citoyens qui se disent actuellement pour et contre Vision zéro, d’élus et d’un représentant de la Direction de la police de Trois-Rivières. «Ce comité serait une belle façon pour le conseil municipal de favoriser la participation citoyenne dans ce dossier et de faire avancer la question de la sécurité dans nos rues. Si des dizaines de villes ont réussi à se doter d’une Vision zéro au Canada et aux États-Unis, il n’y a pas de raison pour que Trois-Rivières n’y arrive pas aussi mais en l’adaptant à sa réalité propre», ajoute-t-il.

Candidats

Les autres candidats dans la course à la mairie attendront de voir le résultat des consultations publiques avant de se prononcer fermement sur la question.

«Je veux écouter la population d’abord. À mon avis, la mesure du 40 km/h peut être pertinente dans certaines zones sensibles, mais il ne faudrait pas l’appliquer mur à mur partout en ville», mentionne Éric Lord, qui participera aux tables rondes samedi après-midi.

«Vision zéro est une réponse, mais une réponse à quoi? Il est là, l’enjeu. Et c’est ce que les consultations publiques vont pouvoir déterminer», croit pour sa part Jean Lamarche.