Valérie Renaud-Martin (photo) et Mariannick Mercure sont les deux conseillères municipales qui ont piloté le dossier de la certification communauté bleue.

Trois-Rivières, ville bleue

TROIS-RIVIÈRES — Terminées, les bouteilles d’eau dans les différents édifices et événements relevant de la Ville de Trois-Rivières. Après Nicolet, voilà que Trois-Rivières devient à son tour une communauté bleue. Cette certification, qui démontre qu’une communauté s’engage pour la cause de l’eau, est assortie de différentes mesures dont la réduction, voire le bannissement, de l’utilisation des bouteilles d’eau lors des activités municipales. Des mesures pour lesquelles le conseil municipal s’est engagé unanimement, mardi soir.

Le dossier, qui a été travaillé conjointement par les conseillères municipales Valérie Renaud-Martin et Mariannick Mercure, avec l’appui de la mairesse suppléante, n’a pas eu besoin d’être longuement débattu pour convaincre l’ensemble des élus de son bien-fondé, a-t-on pu constater en marge de la séance du conseil.

Mardi, trois résolutions ont été adoptées à l’unanimité en vue de l’obtention de cette résolution, la plus contraignante pour la Ville étant bien sûr liée à l’utilisation des bouteilles d’eau dans les activités de la Ville.

À court et moyen termes, le conseil vise à éliminer les bouteilles d’eau dans les fêtes de districts, dans les consultations publiques, les réunions de travail et toutes les autres activités organisées par la ville.

Une mesure qui ne touchera cependant pas de façon aussi unilatérale les événements financés par la Ville, comme le Grand Prix de Trois-Rivières ou le FestiVoix par exemple, mais pour lesquels le conseil municipal entend également agir pour encourager la réduction des bouteilles d’eau pour ces organisations. Une volonté de réduction qui touchera également les arénas, amphithéâtres et même la mise sur pied d’une campagne de sensibilisation auprès des citoyens.

Différentes mesures seront donc prises pour atteindre l’objectif. Pour les activités de la Ville, il est notamment question de favoriser l’installation de fontaines à boire dans divers parcs de la Ville. Un budget de 48 000 $ par année pendant quatre ans permettra d’installer dix fontaines à boire dans cinq parcs, et ce, à chaque année. La signalisation dans ces mêmes parcs sera également ajustée en conséquence pour encourager les citoyens à se rendre à ces fontaines. L’administration municipale veillera aussi à standardiser des équipements afin de doter ses différents bureaux et installations de verres réutilisables et de pichets.

Événements

En ce qui a trait aux grands événements, le conseil municipal a rappelé sa volonté d’aller plus loin que la certification de Communauté bleue, qui l’oblige simplement à s’en tenir aux activités organisées directement par la Ville. On entend fournir un guide de bonnes pratiques aux différents événements, qui aborderait aussi la question de la récupération et des gaz à effets de serre, et même se pencher sur la possibilité d’aménager des fontaines à boire pour les différents sites comme le Grand Prix de Trois-Rivières. On pourrait aussi forcer d’autres événements à ne pas refuser les gourdes réutilisables emmenées par les festivaliers à l’entrée des sites, une interdiction qui serait d’ailleurs contraire à la loi lorsque l’événement se déroule sur un lieu prêté ou loué par la municipalité, a rappelé le conseiller municipal Denis Roy.

À titre d’exemple, l’an dernier, seulement au Grand Prix de Trois-Rivières, il s’est consommé 42 000 bouteilles d’eau, a signalé le conseiller Daniel Cournoyer, illustrant l’importance de se pencher sur ce problème.

En adoptant la certification «Communauté bleue», Trois-Rivières reconnaît en outre le droit à l’eau et aux services d’assainissement, et fait la promotion des services d’eau et d’eaux usées financés, détenus et exploités par les gouvernements. Autrement dit, Trois-Rivières réfute l’idée que l’eau et les infrastructures servant à son traitement et son assainissement puissent être privatisées.

En adoptant ces résolutions, Trois-Rivières est devenue la quatrième ville au Québec à adopter cette certification, qui devrait lui être remise sous peu par l’organisme Eau Secours. Elle suit ainsi les pas d’Amqui, Danville et Nicolet.

«Votre message est un message très fort pour la protection et la préservation de l’eau», a déclaré Joan Hamel, une citoyenne engagée avec l’organisme Eau Secours et qui a sollicité les élus sur cette question. Félicitant le conseil de sa position, elle a rappelé que les bouteilles de plastique étaient un véritable fléau pour les cours d’eau.