Rejean Rivard, un col bleu de la Ville, procède au remplissage de son camion d'arrosage à partir du baril de pluie aménagé au centre de services aux citoyens dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

Trois-Rivières veut préserver son eau potable

Grâce à de nouvelles initiatives en termes d'économie d'eau potable, la Ville de Trois-Rivières a réduit sa consommation moyenne d'une dizaine de litres dans la dernière année. Une réduction qui devra se poursuivre, puisque le gouvernement du Québec s'attend à ce que la Municipalité réduise de 20 % son utilisation d'eau d'ici 2017.
L'année dernière, les Trifluviens consommaient en moyenne 434 litres d'eau de façon quotidienne, nombre qui inclut les citoyens industriels, les commerces, l'arrosage des fleurs et les fuites dans le réseau d'aqueduc. En 2014, ce chiffre est passé à 424.
«Nous sommes en avance sur ce qu'on avait prévu, mais le travail n'est pas terminé», note le porte-parole de la Ville, Yvan Toutant.
Afin de parvenir à économiser l'eau potable, un gigantesque baril de 11 600 litres a été installé au centre de services aux citoyens dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. L'eau de pluie qui s'écoule sur l'un des garages est récupérée par d'immenses gouttières aménagées à cette fin avant de terminer sa course dans ce réservoir.
C'est un employé de la Ville qui a eu l'idée de récupérer un de ces barils jaunes, habituellement utilisés pour entreposer divers produits chimiques, comme des solvants.
L'idée fera des petits, puisqu'on compte en installer une demi-douzaine d'autres à travers la ville. Le centre de services à l'ouest du territoire, le Colisée et l'aréna Jérôme-Cotnoir ont déjà été ciblés pour accueillir ces gigantesques réservoirs.
Ces barils sont actuellement utilisés afin de remplir les camions affectés à l'arrosage des plantes lors de la période estivale. Les fleurs, habituellement des annuelles, ont été remplacées par des vivaces, beaucoup moins voraces en termes de consommation de liquide.
«Avec l'ajout du baril, 54 % de l'eau que nous utilisons n'a pas été traitée. Il n'y a aucun coût. L'objectif est qu'en 2015-2016, nous soyons autonomes», mentionne le coordonnateur des parcs et espaces verts, Serge Bournival.
Durant la période estivale, l'arrosage de la verdure et des plates-bandes de Trois-Rivières nécessite 80 000 litres d'eau de façon hebdomadaire. Par le passé, seul l'eau potable était utilisée, mais en 2013, la puise de l'eau à même la rivière Saint-Maurice a permis de réduire la consommation d'eau potable de 20 %.
Reprendre le contrôle sur les bornes-fontaines
La Ville tentera dans les prochaines années d'éviter que les entrepreneurs de la région utilisent les bornes-fontaines afin de faire le plein de leurs propres équipements, sauvant ainsi d'importantes sommes. Pour ce faire, cinq sources d'eau payantes ont été créées aux quatre coins du territoire, ainsi qu'une gratuite, à la jonction des rues Rochefort et Notre-Dame Est. 
Les entrepreneurs devront ainsi se procurer un permis d'une valeur de 50 $ par jour, jusqu'à un maximum de 500 $, et ce, pour chaque camion, contrairement au passé où un seul permis était nécessaire pour toute une flotte.
«En limitant le nombre à six bornes-fontaine, dont cinq payantes, nous reprenons le contrôle sur nos bornes-fontaines», dit le chef des permis de la Ville, Robert Dussault.
Jusqu'à présent, 35 demandes de permis ont été effectuées cet été, contre 25 en 2013.
De plus, le fait que les entreprises cesseront d'utiliser l'eau des bornes-fontaines permettra de régulariser le débit de celles-ci, ce qui est extrêmement important en cas d'incendie.
Depuis le 14 mai, des amendes de 1000 $ à 2000 $ sont prévues pour ceux qui contreviendraient à la loi en s'alimentant ailleurs que dans les six bornes prévues à cet effet.