Trois-Rivières veut accueillir les Jeux du Québec à l’été 2024

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La finale des Jeux du Québec aura-t-elle lieu à Trois-Rivières à l’été 2024? C’est le souhait que vient de formuler le conseil municipal de Trois-Rivières, qui a voté à l’unanimité jeudi après-midi en faveur du dépôt de la candidature de la Ville pour cet événement qui regroupe chaque année 3700 jeunes athlètes de partout en province et dont les retombées économiques sont évaluées à 12 M$. Si la Ville va jusqu’au bout du processus de candidature, elle saura en décembre 2021 si elle est retenue ou non. 

Du coup, le conseil municipal a également donné son aval au dépôt de 5000 $ nécessaire à la présentation de sa candidature. Officiellement, Trois-Rivières devra se mesurer à Drummondville, Dolbeau-Mistassini et Saint-Georges-de-Beauce qui sont déjà sur les rangs. 

Bien que la décision ait été adoptée à l’unanimité, certains conseillers ont toutefois soulevé des questionnements quant aux défis que ce projet pourrait représenter, mais également sur le choix du moment pour présenter une telle candidature. Pour les conseillers François Bélisle et Valérie Renaud-Martin, il y aurait lieu de se questionner sur le caractère électoraliste de ce dossier.

Le conseil municipal a été saisi, mardi dernier, d’une présentation faite par la Direction de la culture, des loisirs et de la vie communautaire qui souhaitait aller de l’avant avec la candidature de la Ville. L’obtention des Jeux du Québec est en effet assortie d’une subvention de 5 M$ de Sports-Québec qui permet du même coup la mise à niveau des infrastructures, une occasion que ne souhaitait pas laisser passer la directrice de la culture, des loisirs et de la vie communautaire, Sophie Desfossés. 

Cette dernière estime qu’il s’agit pour la Ville d’une formidable opportunité de dresser un diagnostic de ses infrastructures sportives et de pouvoir les améliorer au bénéfice de toute la population, en plus de générer une mobilisation dans la communauté et auprès des événements et organismes qui seront considérés comme des partenaires dans le cheminement de ce projet.

Un avis partagé par le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche. «Il s’agit sans aucun doute d’une opportunité à saisir pour faire rayonner Trois-Rivières. Si la candidature de Trois-Rivières est retenue, c’est l’ensemble du milieu sportif qui sera mobilisé pour participer à la réussite de l’événement», a-t-il déclaré une fois la résolution adoptée.

Questionnements

Le projet n’a pas été sans soulever plusieurs questionnements chez certains élus. En entrevue téléphonique après la séance du conseil, François Bélisle s’est dit perplexe quant au possible caractère électoraliste de ce projet. «On nous présente une situation qui n’a jamais été discutée avant, dans aucun comité. On nous apporte un projet tout ficelé pour lequel on aura la réponse seulement après l’élection de novembre 2021. Poser la question, c’est peut-être y répondre», a-t-il indiqué. Un avis partagé par sa collègue Valérie Renaud-Martin. «Disons que le timing est particulier», laisse tomber celle qui a déjà indiqué avoir un intérêt pour la mairie en 2021.

Mme Renaud-Martin a aussi questionné le maire sur des discussions qui ont eu lieu entre Shawinigan et Trois-Rivières en vue de l’obtention des Jeux du Canada. Des discussions, admet le premier magistrat, qui étaient très embryonnaires.

«Mon inquiétude est de m’assurer qu’en appuyant un projet, on ne cannibalise pas l’autre. J’aurais aimé qu’on ait toutes les informations sur la table avant de pouvoir prendre une décision», a-t-elle déclaré en entrevue, rappelant que dans les deux cas, ça voudrait dire la recherche de nombreux commanditaires qui ne répondront peut-être pas présents aux deux événements. 

Or, selon Sophie Desfossés, si la Ville devait déposer une candidature pour les Jeux du Canada, ce serait seulement pour l’édition 2029. Un délai qui, explique-t-elle, s’inscrit dans une séquence logique d’amélioration des infrastructures et d’acquisition d’expérience et de connaissances.

Denis Roy a souligné pour sa part qu’il s’agissait bien d’un dépôt d’intention, et qu’au sortir de l’analyse des infrastructures, si le diagnostic démontrait que les investissements étaient trop importants, Trois-Rivières aurait toujours l’occasion de se retirer.

Maryse Bellemare s’est dite préoccupée pour les événements actuels afin qu’ils ne soient pas laissés de côté, ce à quoi Sophie Desfossés assure que les événements déjà existants sont considérés comme des collaborateurs plutôt que des contraintes.

En février prochain, des gens de Sports-Québec viendront à Trois-Rivières afin de faire l’évaluation des sites potentiels, et émettre un pointage qui permettra au conseil de se positionner sur les futures décisions à prendre.  La décision finale sur la ville hôte sera rendue en décembre 2021.

Par le passé, Trois-Rivières a accueilli deux fois la finale, soit en 1975 pour les jeux d’été, et en 1999 pour les jeux d’hiver. En 2012, les jeux d’été avaient eu lieu à Shawinigan.