Le budget municipal de Trois-Rivières a finalement été adopté in extremis, dimanche, à majorité, à la veille du Nouvel An, mais sur fond de divisions au sein du nouveau conseil municipal.

Trois-Rivières: un budget adopté in extremis

Rejeté le 18 décembre par huit conseillers, le budget municipal de Trois-Rivières a finalement été adopté in extremis, dimanche, à majorité, à la veille du Nouvel An, mais sur fond de divisions au sein du nouveau conseil municipal. Sans surprise, le conseil s’est prononcé à huit voix contre six pour l’adoption du budget de 261,3 M$, qui comprend notamment un gel de taxes, à la demande du groupe de huit conseillers ayant proposé des ajustements au budget initial.

Comme l’avait mentionné d’emblée le maire Yves Lévesque lors de la séance de travail convoquée le 21 décembre dernier pour tenter de dénouer l’impasse, il a finalement voté contre le budget, même si son vote défavorable n’avait aucun poids contre les huit conseillers.
Claude Ferron, Mariannick Mercure, Luc Tremblay, Dany Carpentier, Pierre Montreuil, Pierre-Luc Fortin, François Bélisle et Denis Roy ont quant à eux voté en faveur du budget, contrairement à Maryse Bellemare, Ginette Bellemare, Michel Cormier, Valérie Renaud-Martin, Sabrina Roy et le maire Lévesque qui ont voté contre. Daniel Cournoyer était pour sa part absent dimanche.

Un gel de taxes qui divise
Le gel de taxes adopté dans le présent budget comprend une baisse moyenne du compte de taxes de 0,04 % pour une maison moyenne évaluée à 178 000 $, ce qui représente une diminution de 0,93 $.

Une situation que le maire Lévesque n’a pas tardé de qualifier d’irresponsable, lui qui préconisait plutôt une hausse moyenne du compte de taxes de 0,9 % dans son budget initial .

«Ça me fait rire, car c’est comme si les gens qui ont voté contre le gel de taxes sont contre le gel en général, mais on est seulement contre le principe, car c’est de la mauvaise gestion. C’est comme si j’allais voir mon gérant de banque pour payer mon épicerie. Ça n’a aucun sens. […] Ce n’est pas un vrai gel de taxes, car on fait un recul de 1,8 M$ qu’on va emprunter et ça va nous coûter des intérêts. Donc au bout de la ligne, le 1,8 M$ va devenir 2,3 M$ avec les intérêts et le manque à gagner», a-t-il soutenu en point de presse.

Un point de vue qui est similaire du côté de la conseillère du district des Carrefours, Valérie Renaud-Martin concernant le gel de taxes.

«Je ne me rallie pas d’un côté ou de l’autre, mais je suis contre ce principe-là, car j’ai analysé le rapport de la vérificatrice générale qui soulignait bien qu’il fallait limiter le taux d’endettement, en plus d’avoir une gestion plus serrée de la dette, ce qui a déjà été fait. Je trouvais donc ça dommage qu’on vienne chambouler tout ça. Je ne suis pas contre le gel de taxes, mais je suis pour le faire de la bonne façon en le planifiant.»

Pour le conseiller du district du Carmel, Pierre Montreuil, qui a voté en faveur du budget, cette situation est le résultat d’une mauvaise écoute envers les demandes des conseillers, de la part du maire Lévesque.

«Le gel de taxe n’aurait pas eu lieu si le maire avait entendu ce que nous demandons depuis trois semaines. On était prêt à descendre le taux de taxation à 0,5 %. Des demandes toutes simples qui auraient été réalisables, mais qui ont seulement amené un durcissement de ton.»

Parmi les changements apportés au budget initial, on retrouve notamment la mise en place de la webdiffusion des séances publiques du conseil municipal, la plantation d’arbres, ainsi qu’une diminution du budget de l’ordre de 2 M$.

Plan triennal d’immobilisations

En ce qui concerne le Plan triennal d’immobilisations 2018-2020, aussi adopté à huit voix contre six dimanche, la Ville prévoit des investissements de l’ordre de 253,6 M$ durant ces trois années, dont 122,2 M$ proviendront de diverses subventions. Ainsi, la Ville de Trois-Rivières déboursera 131,4 M$.

Seulement pour 2018, la Ville prévoit des investissements de l’ordre de 91 M$.

Par ailleurs, parmi les principaux chantiers de construction pour l’année 2018, on retrouvera le début des travaux du nouveau Colisée (20,5 M$), de nombreux travaux en ce qui a trait à l’eau potable et les eaux usées (19,4 M$), d’importants travaux de mise aux normes du stationnement de l’Autogare (4,1 M$), l’acquisition d’appareils respiratoires pour la Direction de la sécurité incendie et la sécurité civile (1,3 M$), ainsi que le maintien des investissements en pavage (10,4 M$).

Rappelons que le 18 décembre dernier, contre toute attente, le nouveau conseil municipal avait rejeté l’adoption du budget 2018 à huit voix contre six, en plus du Plan triennal d’immobilisations (PTI). Les huit conseillers demandaient notamment des ajouts au déneigement de certains trottoirs et pour l’aménagement de pistes cyclables, en plus de budgets additionnels pour procéder à la plantation d’arbres.

Afin de dénouer l’impasse, le maire avait convoqué le 22 décembre dernier les conseillers à une séance de travail, qui avait comme objectif de tenter d’arriver à un compromis, afin de permettre l’adoption rapide du budget 2018.

Lors de cette rencontre, la proposition qui a été mise sur la table par les huit conseillers qui souhaitaient voir des ajustements au budget initial, dont un gel de taxes a finalement été retenu comme version finale du budget 2018, non sans certaines critiques de la part du maire Lévesque.

La résolution qui visait à revoir la politique de gestion de la dette afin de compenser les effets des nouvelles mesures ajoutées au budget avait elle aussi été battue lors de cette rencontre.

En raison de l’adoption tardive du budget, l’envoi des comptes de taxes est prévu pour le 19 janvier, alors que les contribuables devront effectuer leurs versements les 19 février et 5 juillet.

La production de ce nouveau compte de taxes aura notamment exigé le travail de sept employés sur une période de trois jours. Ce retard aura ainsi entraîné des frais de gestion de 156 000 $.