Il pourrait en coûter plus cher aux non-résidents de Trois-Rivières dès l’an prochain pour pratiquer un sport à Trois-Rivières.

Trois-Rivières se penche sur les tarifs supralocaux

TROIS-RIVIÈRES — La Ville de Trois-Rivières pourrait bien imposer, dès l’année prochaine, des frais de service supplémentaires aux utilisateurs de ses installations sportives qui n’habitent pas sur son territoire. À l’instar des mesures entreprises par Shawinigan, Trois-Rivières planche actuellement sur une nouvelle politique de tarification qui touchera les municipalités environnantes. Une nouvelle qui en a fait sursauter quelques-uns, dont le maire de Saint-Luc-de-Vincennes Jean-Claude Milot.

«Nos fonctionnaires travaillent là-dessus présentement. Le tout n’a pas encore été soumis au conseil municipal, mais il est clair que présentement, on cherche à réajuster les frais qui sont prélevés pour les résidents des autres municipalités qui utilisent les infrastructures sportives que l’on a. C’est une question d’équité», explique Yvan Toutant, porte-parole au cabinet du maire de Trois-Rivières.

Impossible donc, pour le moment, de savoir à quelle hauteur se chiffrera cette nouvelle tarification, le projet étant présentement sur la planche à dessin. M. Toutant indique cependant que cette nouvelle politique s’appliquera pour l’ensemble des infrastructures sportives, tant pour les sports de glace, sur gazon que les installations intérieures.

«Notre préoccupation est d’être équitable pour les gens de Trois-Rivières qui paient déjà des taxes à Trois-Rivières. Mais pour le moment, tout est ouvert. Il y aura une recommandation qui sera faite sous peu au conseil municipal, qui aura à trancher la question», ajoute Yvan Toutant, signalant que les municipalités avoisinantes seraient contactées sous peu pour leur faire part de ce qui aura été décidé.

Réactions
La nouvelle a été accueillie avec prudence pour différents intervenants, qui préféraient attendre de voir la teneur de cette nouvelle politique de tarification. Certains ont toutefois vivement réagi sur le principe.

C’est le cas de Jean-Claude Milot, maire de Saint-Luc-de-Vincennes, qui s’indigne d’apprendre la nouvelle. «Je ne veux rien savoir de ça, il n’en est pas question. Nous aussi, on a des gens de Trois-Rivières qui viennent chez nous et qui profitent de nos terrains. Des gens qui viennent s’entraîner avec leurs chiens, et on ne leur demande absolument rien. S’il faut commencer ça, on n’en finira jamais. Quand je vais à Trois-Rivières pour voir jouer au hockey des jeunes qui sont dans ma famille, on arrête au restaurant, on va dans les boutiques. On fait rouler l’économie de Trois-Rivières. Il ne faut pas négliger ça non plus dans l’équation», clame-t-il.

De leur côté, les maires de Champlain et Saint-Maurice, Guy Simon et Gérard Bruneau, ont indiqué qu’ils préféraient attendre de voir la nouvelle tarification qui sera proposée par Trois-Rivières avant de réagir.

Au Club de soccer de Trois-Rivières, c’est un peu la même chose. L’organisme, qui permet chaque été à 1800 joueurs de moins de 17 ans d’évoluer dans ce sport, accueille 161 joueurs qui sont de l’extérieur de Trois-Rivières, tous des joueurs qui devront mettre un peu plus la main dans leurs poches pour pouvoir pratiquer leur sport favori dès l’année prochaine.

«On comprend le pourquoi, c’est légitime. Mais pour le moment, c’est difficile pour nous de se positionner étant donné qu’on ne connaît pas la contrainte, qu’on ne sait pas à quel point ça fera varier les tarifs qu’on demande aux joueurs. Évidemment, pour la pérennité du club, on espère que ça ne nuira pas au nombre d’inscriptions, mais on ne le saura pas tant qu’on ne connaîtra pas la finalité de la chose», mentionne David Cossette, président du Club de soccer de Trois-Rivières.

Rappelons que la Ville de Shawinigan avait tenté de négocier une entente avec des municipalités avoisinantes pour pouvoir percevoir des frais supralocaux pour ses installations sportives. Devant l’impasse des négociations avec dix municipalités, Shawinigan avait finalement décidé d’imposer des tarifs aux non-résidents qui souhaitaient utiliser ses installations sportives, sous le principe de l’utilisateur-payeur. À l’époque, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, avait fait savoir qu’il ne souhaitait pas aller dans cette direction.