Selon le Comité logement Trois-Rivières, Trois-Rivières aurait été privée de 1620 logements sociaux à la suite d'une décision prise il y a 20 ans.

Trois-Rivières privée de 1620 logements sociaux

Selon le Comité logement de Trois-Rivières, la décision prise il y a 20 ans par le gouvernement Mulroney de se retirer totalement du financement à long terme de nouveaux logements sociaux à partir du 1er janvier 1994 aurait privé le grand Trois-Rivières de 1620 logements sociaux destinés à des ménages à très faible revenu. Par ailleurs, d'autres coupes à venir à court terme pourraient fragiliser encore davantage ce type de logement et leurs locataires.
Diane Vermette, coordonnatrice du Comité logement de Trois-Rivières, estime qu'il manque encore des logements sociaux à Trois-Rivières.
Une décision qui n'est pas sans conséquence lorsqu'on sait que le logement social constitue une des façons les plus efficaces de combattre la pauvreté et de permettre à des ménages de s'en sortir.
«Récemment, une dame m'a dit qu'elle n'avait pas eu besoin de demander de panier à Noël, parce qu'elle avait obtenu un logement subventionné», a déclaré, mercredi, Diane Vermette, coordonnatrice de Comité logement social Trois-Rivières, un organisme membre du Front d'action populaire en réaménagement urbain. Le FRAPRU menait mercredi une opérations sensibilisation au logement social dans tout le Québec.
Mme Vermette a ajouté que si tous les logements avaient été réalisés, le nombre de mal-logés et de sans-abri de Trois-Rivières aurait été réduit d'autant. Elle a précisé que 4880 ménages locataires de la région métropolitaine de Trois-Rivières consacraient plus de la moitié de leur revenu à payer leur loyer, selon l'enquête statistique menée en 2011 par Statistique Canada.
«Le retrait fédéral a aussi sonné le glas du programme d'habitation à loyer modique (HLM) qui n'est jamais revenu depuis, alors que près de 40 000 ménages sont en attente d'un tel logement à travers le Québec, dont 400 à Trois-Rivières.» Mme Vermette a  par ailleurs précisé que ce nombre ne représentait que la pointe de l'iceberg et que plusieurs ménages, découragés d'attendre un logement, n'étaient plus inscrits sur les listes d'attente.
Rappelons qu'avant le retrait du fédéral en 1994, tous les logements sociaux réalisés au Québec étaient financés en partie ou en totalité avec des fonds fédéraux. Le budget du 26 avril 1993 devait y mettre fin. «On y avait annoncé qu'à partir du 1er janvier suivant, le budget de la Société canadienne d'hypothèque et de logement serait gelé à 2 milliards $ et que celle-ci ne financerait plus que le logement par des engagements sur 35 ans qui font supporter la majeure partie du coût de l'aide actuelle au logement par les contribuables du futur», explique Mme Vermette.
Or, les libéraux qui ont pris le pouvoir par la suite ne sont jamais revenus sur cette décision. «Ils se sont contentés, au mieux, d'accorder du financement à court terme, non récurrent, à ce qu'Ottawa appelle le logement abordable», poursuit Mme Vermette. Actuellement, le gouvernement conservateur, à nouveau au pouvoir, y consacre 250 millions $ par année, à l'échelle du Canada, dont 58 millions $ au Québec. La coordonnatrice du Comité logement de Trois-Rivières a qualifié cette aide de «peanuts».
Par ailleurs, l'inquiétude persiste chez les organismes communautaires car, alors que 20 ans plus tard, le budget de la SCHL se situe toujours au même montant de 2 milliards $, ce budget qui sert à plus de 80 % au financement des logements sociaux réalisés par le passé est appelé à diminuer considérablement très bientôt.
Comme le gouvernement Harper continue de faire la sourde oreille aux pressions des provinces, des villes et des organismes communautaires qui lui demandent de maintenir ces subventions, on craint que ce second retrait du gouvernement n'ait des conséquences aussi graves que celui de 1994.
Au Québec, 125 900 logements sociaux recevaient encore une aide à la fin de 2012, ce qui représente déjà une baisse de 1350 par rapport à 2010. «Il s'agit de la totalité des HLM existants dont
1614 à Trois-Rivières et de la majorité des logements coopératifs dont quelque 300 en Mauricie, note Mme Vermette. D'autres types d'habitations sociales sont touchés, dont la majeure partie des logements sans but lucratif, des suppléments au loyer accordés à des logements communautaires privés ainsi que des logements autochtones situés dans les communautés.»
Mme Vermette a ajouté que du côté de l'Office municipal d'habitation de Trois-Rivières, on lui aurait assuré que des mesures avaient été prises pour éviter des impacts financiers sur les locataires, mais n'a pu préciser lesquelles.