De gauche à droite: Les conseillères municipales Valérie Renaud-Martin et Mariannick Mercure, Joan Hamel, ambassadrice Communauté bleue, Ginette Bellemare, mairesse suppléante, Alice-Anne Simard, directrice générale d’Eau Secours et André Lavoie, président d’Environnement Mauricie.

Trois-Rivières devient Communauté bleue

TROIS-RIVIÈRES — La Ville de Trois-Rivières a reçu officiellement, lundi, sa certification Communauté bleue. C’est la sixième Ville au Québec et la première en Mauricie à recevoir ce titre.

La Trifluvienne Joan Hamel, ambassadrice Communauté bleue pour la Mauricie et le Centre-du-Québec, était fière que sa Ville obtienne cette certification, car en 2018, lors de la consultation publique sur la politique de développement durable, elle avait déposé un mémoire dans lequel elle invitait Trois-Rivières à devenir une Communauté bleue.

Pour y arriver, la Ville devait répondre à trois engagements, dit-elle: «Reconnaître l’eau, une eau potable et saine, comme un droit humain et accessible à tous», précise-t-elle. Le second engagement consistait à «promouvoir le service de gestion de l’eau, autant le service de traitement de l’eau que la gestion des eaux usées dans le réseau public et éviter d’aller vers la privatisation de nos services», dit-elle. Le troisième engagement «et non le moindre» précise-t-elle, «c’est d’éliminer de façon progressive la vente d’eau embouteillée, donc les bouteilles de plastique à l’intérieur des édifices municipaux, mais aussi lors d’activités municipales», explique-t-elle.

Rappelons que Nicolet a été la première Ville du Centre-du-Québec à recevoir cette certification.

La fluoration, que Trois-Rivières a finalement décidé de ne pas faire, a déjà fait partie du guide sur les Communautés bleues de l’organisme Eau Secours. «L’engagement a été retiré pour se coller plus sur le conseil canadien et au niveau mondial où l’on n’avait pas cet élément-là», précise Mme Hamel qui s’était beaucoup engagée dans ce dossier auprès du conseil municipal.

La conseillère Mariannick Mercure, qui s’intéresse de très près, depuis 10 ans, à la politique environnementale de la Ville de Trois-Rivières, croit que cette certification va permettre de réduire les déchets et l’utilisation du plastique tout en faisant la promotion de l’eau potable. Ceci lui donne espoir que la communauté vit un moment décisif. «J’ai l’impression qu’on est enfin rendu à prendre le vrai virage vert. J’ai donc décidé de profiter de l’occasion pour tendre la main à mes collègues ainsi qu’aux citoyens qui sont préoccupés par l’environnement. Il faut qu’on retrousse nos manches. Il faut que l’on continue d’avancer ensemble pour trouver des solutions concrètes comme celle-là pour les autres combats qu’on a devant nous, dont le combat monumental des changements climatiques.

Il faut de 3 à 5 litres d’eau pour produire une seule bouteille d’un litre.

La campagne de certification Communauté bleue a été lancée il y a quatre mois. Il s’agit d’une initiative conjointe lancée en 2009 par le Blue Planet Project, le Syndicat canadien de la fonction publique et le Conseil des Canadiens. Le Québec regroupe pas moins de 10 % des Communautés bleues dans le monde.

La certification a été remise à la Ville par Alice-Anne Simard, directrice générale de l’organisme Eau Secours en présence du président d’Environnement Mauricie, André Lavoie.

Ce denier a rappelé que la Ville de Trois-Rivières s’est déjà distinguée à cause de sa gestion de l’eau. En 2017, elle recevait en effet une attestation trois étoiles du Programme d’excellence en eau potable du Réseau Environnement. C’est que les critères de qualité de l’eau de la Ville «étaient deux fois supérieurs aux critères du Règlement sur la qualité de l’eau potable», rappelle-t-il.

«On n’a aucune raison d’acheter notre eau, à Trois-Rivières. On a une eau qui est deux fois supérieure aux critères qu’il y a ailleurs dans la province», souligne M. Lavoie.

La conseillère Valérie Renaud-Martin souligne que l’objectif est une réduction progressive des bouteilles d’eau. C’est que dans les grands événements, l’été, «il y a des enjeux de santé et sécurité. On ne pouvait pas bannir du jour au lendemain les bouteilles d’eau dans ces événements-là», dit-elle. «Par contre, on a établi des actions concrètes qui vont être faites dans les prochaines années pour atteindre l’objectif et pour réduire la quantité de bouteilles d’eau qui sont en circulation et qui sont consommées sur le territoire de la Ville. Il va y avoir des plans pour établir des fontaines dans ces endroits-là. C’est un premier pas.» Au fil du temps, d’autres actions seront posées, notamment une amélioration des pratiques de recyclage, dit-elle.