Mikaël Morrissette, agent de communication et médias sociaux, et Simon Vadnais, coordonnateur aux solutions numériques à la Ville de Trois-Rivières.
Mikaël Morrissette, agent de communication et médias sociaux, et Simon Vadnais, coordonnateur aux solutions numériques à la Ville de Trois-Rivières.

Trois-Rivières: cartonner sur le web

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Alors qu’elle était totalement absente des réseaux sociaux il y a à peine un an, force est de constater que la Ville de Trois-Rivières et son service des communications font actuellement un tabac sur le web avec leur stratégie des médias sociaux. Après avoir vu certains de leurs posts être repris par la page Facebook de la populaire émission Infoman ou encore plusieurs blogues québécois qui scrutent le meilleur du web, les différents comptes de la Ville sont devenus des incontournables pour ceux qui souhaitent qu’on leur décroche un sourire... même quand vient le temps de rappeler qu’il faut payer son compte de taxes.

Il aura fallu des années à la Ville de Trois-Rivières pour atterrir sur la planète Facebook, en janvier 2019. Auparavant, la méconnaissance des médias sociaux et la crainte de perte de contrôle dans la gestion de commentaires faisaient douter le politique de l’utilité de cette présence, se souvient le coordonnateur aux solutions numériques Simon Vadnais. «En fin de compte, sur le top 15 des plus grandes villes au Québec, nous étions la seule à ne pas y être. On a vite fait la démonstration que ce n’était pas quelque chose d’impossible à gérer. On a procédé à l’embauche d’une ressource à temps plein pour les médias sociaux, et je crois que ça a contribué à rassurer les gens, de savoir qu’on aurait à temps plein un oeil là-dessus», explique Simon Vadnais.

Cette ressource, c’est Mikaël Morrissette, agent de communication et des médias sociaux, qui a contribué, avec l’ensemble de l’équipe, à faire naître la Ville tant sur Facebook, Twitter, Instagram et LinkedIn. En se dotant d’une stratégie propre à chaque plate-forme, mais surtout en choisissant d’adopter un ton ludique, parfois humoristique, l’équipe des communications a certainement frappé un grand coup depuis un an.

Qui aurait pu croire qu’une publication faisant la promotion d’une simple portes ouvertes à la Régie de gestion des matières résiduelles de la Mauricie attirerait l’attention d’une émission comme Infoman? Il faut dire que l’invitation avait de quoi surprendre. «Vous cherchez une activité romantique et sensorielle pour fêter vos 15 ans de mariage? La RGMRM ouvre les portes de son centre de tri. Visite et restes de tables potentiels gratuits», pouvait-on lire le 6 septembre dernier, une publication dont l’équipe des communications entend encore parler aujourd’hui.

Mais pourquoi ce besoin si fort de se démarquer sur le web, alors qu’une Ville n’est pas, au contraire d’une entreprise privée, en compétition directe avec qui que ce soit? «Oui, on est en compétition sur le plan de la visibilité médiatique. On a des objectifs, des événements à vendre, on organise des portes ouvertes, on a des services à faire connaître. On n’est pas en compétition directe parce qu’on ne vend pas un service de déneigement ou de poubelles, c’est vrai. Mais pour que les gens le sachent, nous on se bat avec cette visibilité, d’où l’importance de divertir sur les réseaux sociaux tout en gardant nos objectifs d’information aussi», explique Mikaël Morrissette.

Ainsi donc, une simple collecte de sapins de Noël s’est transformée en véritable phénomène, parce que relayée par des blogues comme petitpetitgamin.com. Le post, publié durant le congé des Fêtes, est dessiné grossièrement à la main, se justifiant que le graphiste de la Ville soit évidemment en vacances.

«Cette semaine, c’est le rappel de taxes. Personne n’est content de se faire rappeler ça. Mais si on leur rappelle avec un ton un peu ludique, en leur disant qu’on le sait que c’est plate, mais on n’a pas le choix, si on peut générer un peu de divertissement à travers l’info qu’on passe, c’est tant mieux», ajoute Mikaël Morrissette.

Mais au-delà des sourires et des likes, la stratégie semble porter ses fruits. Même sur LinkedIn, la stratégie employée de mettre à l’avant-plan d’actuels employés de la Ville génère encore plus d’engagements, car ces gens ont également des réseaux. «Si on regarde par exemple le recrutement de personnel des camps de jours et des patinoires, on a reçu plus de candidatures cette année que par les années passées», constate Simon Vadnais.

Derrière l’humour se cache un objectif très précis de générer des interactions et de l’engagement qui fera circuler davantage l’information qui doit être diffusée. «Comme Ville, on part avec deux prises en tant que percepteurs de taxes et responsable de chacun des nids-de-poule qu’il y a dans les rues, alors on se fait tirer plus souvent de roches que de donner des tapes dans le dos à la base. Sauf que quand tu réussis à divertir et fédérer les gens avec la manière dont tu gères ta communauté, tu te crées des ambassadeurs», ajoute le responsable des médias sociaux.

Sur Instagram, la Ville a choisi d’opter pour une approche plus esthétique, où elle travaillera à renforcer le sentiment d’appartenance des citoyens. Quatre photographes avaient été mandatés au départ pour créer une banque d’images avec pour seule directive de «faire découvrir autrement la ville». Depuis, l’équipe des communications met en valeur ce travail photographique, en plus de contacter directement plusieurs autres utilisateurs du réseau social pour relayer les publications croquées sur le vif et qui mettent en valeur la ville. «C’est une belle tape dans le dos pour les citoyens et le travail des photographes amateurs et professionnels. On veut générer le sentiment d’appartenance, inciter à aller explorer. C’est notre plate-forme love. Il y a juste du bon qui se passe là-dessus», constate Mikaël Morrissette.