Trois-Rivières: besoin de main-d’œuvre... et de sous!

Trois-Rivières — «On aurait dû être les premiers joueurs à être compensés pour l’effort qu’on a fait pour équilibrer les budgets du Québec. C’est un peu triste que le gouvernement n’a pas redonné aux municipalités.»

Le Nouvelliste vous présente une série de textes sur les enjeux des différentes circonscriptions. Aujourd’hui, place à Trois-Rivières

Cette doléance du maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, traduit bien ses attentes en vue des élections provinciales du 1er octobre prochain. «Le gouvernement libéral nous a coupés dans le pacte fiscal. On était un joueur important dans l’équilibre du budget du Québec. Malheureusement, ils ne nous ont pas redonné ce qu’ils nous ont enlevé. Et ce qui est choquant là-dedans, quand il y a eu des surplus budgétaires, ils ont commencé à redistribuer l’argent à d’autres au Québec», déplore-t-il.

Faits saillants

> Train à grande fréquence
> Révision de la fiscalité municipale
> Promotion des métiers techniques
> Support à l’exportation

Résultats des élections de 2014

Jean-Denis Girard (PLQ)39,16 %
Alexis Deschênes (PQ)28,39 %
Diego Brunelle (CAQ)22,28 %
Jean-Claude Landry (QS)8,5 %
Pierre-Louis Bonneau (PCQ)0,87 %
André de Repentigny (ON)0,8 %

Celui-ci rappelle que «tout commence par le monde municipal.» «Les gens habitent une ville en premier, après ça, une province et un pays. Les enjeux sont de plus en plus grands dans le domaine municipal. Le plus gros défi qu’on a présentement, c’est le champ de taxation. La taxe municipale ne sert pas à toutes sortes de choses, mais à donner des services à la propriété. Et depuis des années, les municipalités sont plutôt dans des champs de compétence provinciale, on s’occupe du communautaire, de l’économie, de tout. La façon de taxer est désuète. On est un joueur important dans le développement économique. C’est de là qu’on revendique d’avoir un pourcentage de la taxe de vente», explique M. Lévesque.

«Ils ont dit qu’ils nous donneraient 1 %, mais de l’autre côté, ils vont nous couper sur le pacte fiscal. Au bout de la ligne, on n’a pas de gain réel. On est loin des besoins des municipalités au niveau des finances pour répondre à toutes les exigences qui nous ont été données depuis plusieurs années. Ça, c’est un enjeu majeur», renchérit-il.

Par ailleurs, «il faut arrêter de créer toutes sortes de programmes qu’il faut gérer». «Le plus beau programme qu’on a, c’est la taxe sur l’essence. C’est équitable pour tout le monde, on n’est pas obligé de se mettre en ligne pour l’avoir et si on n’est pas du bon bord, on ne l’a pas. La taxe sur l’essence, c’est connue, on sait le montant qu’on a, on sait comment on va avoir pendant les dix prochaines années, on peut budgéter de façon intelligente nos investissements qu’on va faire. C’est une taxe intéressante», donne-t-il comme exemple.

Et selon lui, il n’est pas normal que le gouvernement ne paie pas 100 % de ses taxes sur ses bâtiments. «Il y a eu des engagements dans le passé de rectifier cette situation-là. Ça fait longtemps qu’on en parle. Pour la Ville de Trois-Rivières, c’est plus de quatre millions de dollars». Bref, dit-il, «si on veut vraiment régler la situation au niveau des finances publiques municipales, le gouvernement doit respecter de payer 100 % de ses taxes au niveau de ses bâtiments et qu’on ait vraiment 1 % de la taxe de vente tout en maintenant les engagements antérieurs dans les autres champs d’activités».

De plus, le maire Lévesque en a contre la bureaucratie «qui coûte de l’argent». «J’aime un gouvernement responsable. Je ferais un ministère de la responsabilisation du contribuable et un ministère de la déréglementation. On a tellement de règlements. On maternise les gens. Ça n’a pas de sens. À chaque fois qu’on fait un règlement, ça prend des gens pour le surveiller, ça coûte de l’argent, il y a un ménage à faire. On a mis des programmes en place dans les années 70 et on en rajoute par-dessus. Si tu veux avoir de la créativité et de l’innovation, il faut que tu laisses aller les gens. Chaque fois que tu réglementes, tu enlèves la créativité et l’innovation. Et chaque strate de bureaucratie coûte de l’argent et c’est le contribuable qui paie», décrie-t-il.

Au plan des projets, «ce qui compte beaucoup, c’est d’avoir le support pour le train à grande fréquence», confie le maire. «On sait que c’est un dossier fédéral, mais le provincial a un poids dans la balance là-dessus», fait-il remarquer.

Et le premier magistrat aimerait bien que les régions obtiennent des emplois de la fonction publique. «Il ne faut pas mettre tout ça dans les grandes villes. C’est une économie fort intéressante que d’avoir des emplois du gouvernement sur notre territoire», affirme M. Lévesque.

Ce dernier ne cache pas sa préférence pour un député au pouvoir. «Et c’est sûr que d’avoir un ministre, ça aide beaucoup aussi. La discussion se fait à la table des ministres. Des gens au pouvoir, ce n’est pas pareil. Dire le contraire, c’est d’être dans le champ complètement», croit M. Lévesque.

Pour le président d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières, Yves Lacroix, le premier enjeu est celui de la main-d’œuvre, d’où son souhait de voir l’État s’impliquer dans la promotion des métiers techniques.

«Tu as beau essayer d’attirer des entreprises à venir investir chez nous, la première question qu’il nous pose, c’est la disponibilité de main-d’œuvre. Il faut augmenter notre population active en intéressant les décrocheurs et en retenant les baby-boomers par des incitatifs fiscaux. Mais on ne pourra pas passer à côté d’aller à l’international», soutient-il.

Ce vice-président des Manufacturiers de la Mauricie et du Centre-du-Québec plaide également pour un soutien accru du gouvernement à l’exportation et à l’amélioration de la productivité chez les entreprises de la région.

Et comme président-directeur général de FAB 3R, il réclame des changements du côté du ministère des Transports pour l’obtention de permis pour les pièces hors dimension. «Ça touche Marmen et d’autres gros. En Ontario, ça prend entre 24 et 72 heures pour obtenir un permis, ici, ça prend entre deux et quatre semaines. Il faut qu’on regarde de ce côté-là ce qui peut être fait», conclut ce partisan du développement durable.