Malgré la tragédie, des touristes ont emprunté le même trajet que les victimes.

Treize décès de touristes étrangers depuis 2013

TROIS-RIVIÈRES — Depuis 2013, 13 touristes étrangers ont trouvé la mort au Québec en pratiquant la motoneige, si on inclut les deux décès de dimanche dernier à Saint-Alexis-des-Monts. Dans sept cas sur onze, l’inexpérience fait clairement partie des éléments en cause, selon les rapports des coroners qui ont enquêté sur ces accidents.

Déjà en 2005, le coroner Paul Dionne s’inquiétait de l’inexpérience de certains utilisateurs de motoneige. Dans son rapport écrit en 2005 à la suite du décès d’une touriste française, il écrivait: «(...) le soussigné s’interroge sur la sécurité qu’on offre aux touristes qui, sans formation prolongée et sans expérience pratique, utilisent ce moyen de transport dans des conditions difficiles».

Des morts qui nuisent à l’industrie touristique, notait-il. «Malheureusement, de tels décès

n’aident pas la communauté touristique et donnent une très mauvaise image de ce sport qu’on banalise.»

Il avait recommandé notamment «qu’un encadrement strict des locataires de VHR (de motoneige en particulier) soit instauré».

Pas plus tard qu’en mars 2018, une jeune touriste française est aussi décédée dans un sentier de motoneige, à Lac-Beauport. La situation est devenue doublement tragique lorsque la mère de la victime, qui est venue au Québec pour rapatrier le corps de la jeune femme, a mis fin à ses jours.

Aucune formation n’est obligatoire pour enfourcher une motoneige. Il faut être détenteur d’un permis de conduire seulement si le sentier traverse une route. L’âge minimum pour conduire une motoneige est de 16 ans. Pour les 16 et 17 ans, une attestation de conduite est obligatoire. Ils peuvent suivre cette formation sur internet.

À la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec, on estime que l’accident de dimanche est un cas isolé. «Les gens qui offrent des tours opérateurs ont vraiment la sécurité de leurs clients à cœur, et je pense qu’ils prennent les dispositions nécessaires pour offrir des balades en motoneige qui sont sécuritaires. Il ne faut pas prendre ce cas comme une généralité, c’est un malheureux incident. On accueille bien les gens ici au Québec, et c’est ce qui fait notre renommée. Malheureusement, il est arrivé un incident, et on espère qu’il va permettre une amélioration pour tout ce qui touche la motoneige», affirme Marilou Perreault, porte-parole de la Fédération.

Mme Perreault croit que la victime a joué de malchance. En effet, elle était pourtant accompagnée d’une guide et elle ne circulait pas à haute vitesse. «La dame a juste mal pris la courbe, et malheureusement, plutôt que d’embarquer sur le pont, elle est tombée dans la rivière à un endroit où l’eau était vive et où il y avait du courant.»

Selon la porte-parole, en suivant quelques règles élémentaires, il est possible de pratiquer la motoneige en toute sécurité. «Il y a plein de facteurs qu’on doit considérer quand on fait de la motoneige: y aller à son rythme, ne pas circuler trop vite, porter attention à la signalisation, et si on est novice, y aller avec des gens expérimentés qui sont conscients qu’on est novice et qui vont nous apprendre les rudiments de cette activité.»

Toutefois, chaque année, en moyenne, 23 personnes perdent la vie en motoneige, selon la Sûreté du Québec. À la Fédération, on assure que le nombre de décès est stable, même si ce sport gagne en popularité. «On espère que les campagnes de sensibilisation qu’on fait ont inspiré les gens à vraiment adopter des comportements sécuritaires», souligne Mme Perreault.

Pour ce qui est de Saint-Alexis-des-Monts, au Club de motoneige Mastigouche, on assure que les sentiers dans la réserve sont bien entretenus. C’est un endroit prisé par les touristes, note Claude Hamelin, président du Club. «Il y a énormément de touristes. Il y a plusieurs pourvoiries dans le coin et elles ont beaucoup de clients qui viennent de l’extérieur. C’est un très bon apport régional», ajoute-t-il.

Selon ce dernier, les établissements touristiques du secteur s’assurent que les randonnées en motoneige offertes soient sécuritaires.

«Ils circulent toujours avec des guides. C’est bien encadré.» Habituellement, une formation est présentée et la vitesse des motoneiges est limitée. Il reste que personne n’est à l’abri d’un accident et la tragédie de dimanche vient le rappeler durement à tous les amateurs de motoneige ainsi qu’à l’industrie touristique. «C’est un événement isolé, mais il faut en tirer une leçon, c’est-à-dire que les débutants doivent être encadrés au maximum», note M. Hamelin.