Yves Blanchette, responsable de la division ingénierie aux services techniques de la Ville de Shawinigan.

Travaux sur l'avenue de la Station: un test de patience qui ne fait que commencer

Des regards incrédules, des pneus qui crissent, des mains qui bondissent du volant en signe d'impatience. Hier, Shawinigan s'est trempée dans un univers à peu près inexploré de récente mémoire, celui des bouchons de circulation. La phase 2 des travaux de réfection des conduites d'aqueduc et d'égout de l'avenue de la Station s'est amorcée et malgré les avertissements, le choc fut brutal.
Entre 8 h et 9 h, les automobilistes subissaient les pieds de nez des cyclistes sur les ponts Trudel et Hamel, qui séparent les secteurs Shawinigan et Shawinigan-Sud. Au plus fort de la congestion, il fallait compter une bonne demi-heure pour franchir une distance qui prend habituellement deux minutes. 
Ce plongeon involontaire dans l'univers des métropoles peut paraître anecdotique, mais il provoque pourtant de bien curieux comportements. Vers 8 h 50,
Le Nouvelliste a été témoin d'une scène un peu surréaliste: deux véhicules ont carrément quitté la voie à la sortie du pont René-Hamel, en direction nord, pour descendre le talus par la piste cyclable, vers la 2e Rue!
Une entrée en matière qui annonce un été mouvementé au centre-ville de Shawinigan. Les locataires des nombreux logements de la 3e Rue assistaient au même spectacle en fin d'après-midi, ne sachant pas trop s'ils devaient en rire ou en pleurer.
Pour les trois prochaines semaines, l'avenue de la Station sera complètement bloquée entre la 3e et la 5e Rue. Ça ne s'améliorera pas par la suite, puisque la phase suivante condamnera l'artère la plus achalandée de la ville jusqu'au carrefour giratoire. 
Yves Blanchette, responsable de la division ingénierie aux services techniques de la Ville de Shawinigan, convient que des ajustements ont dû être réalisés au cours de la journée. Depuis le 23 juin, les automobilistes constataient que des ouvriers s'affairaient à la préparation du chantier et à l'aménagement d'une nouvelle bretelle à la sortie de la 3e Rue, mais ils ont vraiment découvert le pot aux roses hier.
«Nous avions une équipe sur place pour intervenir au fur et à mesure, afin d'apporter les modifications pour améliorer la fluidité à la suite de nos observations», commente M. Blanchette.
Deux signaleurs ont passé leur journée à l'intersection Tamarac et 3e Rue, ainsi qu'à celle de la 4e Rue et de l'avenue des Cèdres. Une équipe d'électriciens s'est aussi affairée à modifier le temps de passage aux feux de circulation situés au coin de la 5e Rue et des Cèdres. Ces mesures ont amélioré la fluidité, ce qui n'a pas empêché certains automobilistes de maudire tout ce qui leur tombait sous les yeux.
L'intersection Tamarac et 3e Rue s'est avérée particulièrement sensible.
«Nous avons observé que des gens respectaient un peu moins le signaleur à cet endroit», concède M. Blanchette. «Nous avons eu une réunion de coordination avec la Sûreté du Québec pour lui mentionner certains événements. Les policiers vont accorder une attention particulière pour que les signaleurs soient respectés.»
En fait, les automobilistes n'ont peut-être pas réalisé que l'arrêt obligatoire qui était situé à cet endroit a disparu pour la durée des travaux, pour favoriser la fluidité de la circulation. La même stratégie a été retenue pour l'intersection de la 4e Rue et de l'avenue des Cèdres. Les lignes d'arrêt doivent être éliminées au cours des prochaines heures, pour éviter toute confusion. 
«Nous demandons aux gens de circuler principalement par l'avenue des Cèdres et la 3e Rue», rappelle M. Blanchette. «Malheureusement, des gens veulent prendre un raccourci pour sortir sur Tamarac, puis sur la 3e Rue (en direction sud). Mais le signaleur ne donnera pas la priorité à ceux qui arrivent par Tamarac. La fluidité est axée sur la 3e Rue.»
«Il y aura toujours des gens impatients qui trouveront des moyens pour contrevenir aux règlements, mais on va essayer de les limiter le plus possible.»
Pour les employés du centre-ville, rappelons que la Ville met gratuitement à la disposition des citoyens des vélos sur le boulevard du Capitaine-Jos-Veilleux, à l'intersection de la 3e Avenue, dès 7 h du lundi au vendredi.
«C'est une bonne pratique à adopter et ça peut réduire un peu la circulation», fait remarquer
M. Blanchette.
Les travaux de réfection de l'avenue de la Station, qui impliqueront également une partie de la 5e Rue un peu plus tard cet été, se poursuivront sans interruption jusqu'à la fin novembre.