Le maire de Shawinigan, Michel Angers, s’est adressé à une centaine de membres de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan, mardi midi à l’Auberge Gouverneur.

Travaux autour du lac à la Tortue: «Le conseil n’est pas satisfait de l’allure du chantier»

SHAWINIGAN — Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a profité de son passage devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan, mardi midi, pour vider son sac au sujet des coûts et des délais engendrés par les travaux d’installation d’un réseau d’égout et d’aqueduc autour du lac à la Tortue. Particulièrement incisif sur ce sujet, il assure que la Ville prendra les dispositions légales, au cours des prochains mois, pour être dédommagée pour les inconvénients subis depuis le début de cet important chantier, à la fin de l’été 2017.

«Nous avons demandé de la patience et de la résilience aux citoyens et ils en ont eues», reconnaît M. Angers, qui s’adressait à un centaine de personnes, à l’Auberge Gouverneur, dans le cadre de son traditionnel bilan de la dernière année et des perspectives pour celle qui vient de débuter.

«Le conseil municipal n’est pas satisfait de l’allure de ce chantier. Nous ne souhaitions pas de dépassements de coûts. Nous avons eu de trop nombreuses directives de changement. De plus, tout devait être terminé le 30 novembre et on est loin de là. Ça ne restera pas là. Nous regardons les recours qui peuvent s’offrir à nous. Il y aura des rebondissements en 2019.»

En juin 2017, Allen entrepreneur général et Construction Thorco avaient obtenu les deux plus importants contrats pour ces travaux, à 29,7 millions $ et 4 millions $ respectivement. Ces montants cadraient parfaitement dans le budget de 43 millions $. Mais voilà, au fil des mois, les demandes de modifications aux contrats se sont multipliées au conseil municipal. Les élus ne pouvaient faire autrement que les accepter et payer les surplus car sinon, des contestations risquaient de paralyser le chantier.

L’histoire ne se terminera pas ainsi, assure le maire.

«Avant qu’on donne le contrat, nous avions dit que nous étions assez allergiques aux dépassements de coûts», rappelle-t-il. «On sait que dans des travaux aussi complexes, il peut arriver des imprévus. On prévoit toujours une marge de manoeuvre. Mais quand les directives de changement se succèdent et qu’on nous menace d’arrêter de travailler si on n’est pas payé, ça commence à être irritant.»

«Le pire, c’est quand on donne un contrat clé en main, qu’on donne un délai, le 30 novembre 2018 et qu’à ce moment, on soit loin d’avoir fini les travaux. Ceux qui vont payer, ce sont les citoyens. Ils passent un hiver sans asphalte et le printemps sera terriblement difficile. Dans un contexte comme celui-là, on ne peut pas être content.»

M. Angers n’a pas voulu prédire si le budget serait finalement dépassé. La fin des travaux est prévue au début de l’été. Les résidents auront donc côtoyé ce chantier pendant près de deux ans.

«C’est sûr qu’on ne se laissera pas faire», insiste le maire. «Notre objectif, au moment où on se parle, c’est de terminer les travaux. Nous payons et après, on va s’organiser pour régler nos choses. Ce sera une longue histoire...»

Déjà au départ, étant donné que ce chantier se prolonge au-delà du 30 novembre, l’entrepreneur général devra assumer des pénalités, fait remarquer M. Angers. Il cite aussi un exemple d’invraisemblance dont la Ville a dû subir les frais.

«Quand on fait un profil de rue et qu’on se trompe d’une trentaine de centimètres, qu’il faut tout défaire et recommencer, vous comprenez que ce n’est pas la faute du maire, du conseil municipal ou des employés de la Ville de Shawinigan. Il y a d’autres exemples comme ça. Je suis en colère, je ne suis pas content de cette situation. S’il y a des dépassements de coûts, tenez votre tuque, ça va brasser!»

Invité à qualifier sa relation avec Allen entrepreneur général, le maire se mord les lèvres.

«Je vais faire attention à mes propos», glisse-t-il. «Entre ce que je pense et ce que je pourrais dire, il y a une marge. Je vous dis que nous ne pouvons pas être contents de cette situation et j’ose espérer qu’ils vont l’entendre.»

Attention sur le budget

Au cours de son discours d’une heure, le maire de Shawinigan est aussi longuement revenu sur son budget 2019. Il entend le mécontentement des contribuables à la réception de leur compte de taxes. Il décèle surtout une surprise par rapport aux variations des évaluations foncières plutôt que sur les orientations prises par le conseil au sujet de la taxation et de la tarification.

En ce qui concerne 2019, M. Angers est revenu sur certains projets déjà annoncés en décembre, dans le plan triennal d’immobilisations. Il a notamment parlé de la piste multifonctionnelle entre le boulevard Hubert-Biermans et l’avenue Chahoon, de la marina sur l’ancien site de Produits forestiers Résolu et du nouveau guichet unique pour les citoyens à l’hôtel de ville.