L'inspection des conduites et les frais de nettoyage provoqués par des branchements illégaux dans le cadre des travaux d'installation des réseaux d'égout et d'aqueduc au lac à la Tortue ont entraîné des débours de 75 000 $.

Travaux au lac à la Tortue: 75 000 $ en inspection et nettoyage

SHAWINIGAN — La Ville de Shawinigan organisera, jeudi matin, une conférence d’information pour dresser un nouveau bilan des coûts des travaux pour l’installation d’un réseau d’égout et d’aqueduc autour du lac à la Tortue, en plus de détailler la taxation à venir pour les citoyens du secteur concerné en 2020. Mardi soir en assemblée publique, le maire a donné un aperçu des derniers développements dans ce complexe dossier, en précisant que l’inspection des conduites et les frais de nettoyage provoqués par des branchements illégaux avaient entraîné des débours de 75 000 $.

Michel Angers s’était préparé à répondre aux prévisibles questions sur l’état de ce chantier. Vingt-huit mois après le début de ces travaux, le réseau d’égout n’est toujours pas fonctionnel et sa date de mise en service demeure un mystère qui sera peut-être éclairci jeudi.

En attendant, Robert Houle a profité de la période de questions à l’assemblée publique de mardi pour tenter d’en savoir plus long au sujet de l’identification des citoyens qui avaient décidé de se brancher au réseau sans l’autorisation de l’administration municipale. La Ville avait dénoncé cette situation l’été dernier, en assurant que les fautifs seraient punis.

En juillet, deux citoyens avaient profité de la période de grâce accordée par la Ville pour avouer leur indiscipline. Ils n’ont donc pas été sanctionnés. Du reste, la Ville n’avait pas observé de dégât à ces endroits.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne se considère aucunement lié par les travaux à effectuer pour réparer le chemin de la Grande-Ligne, à Hérouxville.

«Cinq autres contribuables avaient embauché un entrepreneur pour faire des travaux et ils avaient brisé la partie de raccordement de la Ville», explique M. Angers. «Du sable est donc entré. Ce n’était pas volontaire, mais l’entrepreneur a manqué son coup. Des factures sont envoyées à ces gens (pour réparer la connexion municipale).»

Enfin, l’inspection avait également permis d’identifier sept autres propriétaires potentiellement fautifs. Du sable a également été détecté dans la conduite devant ces maisons, mais lors de la vérification, la connexion n’était pas faite. Le même scénario s’est répété pour six de ces sept résidences. Dans le dernier cas, le propriétaire séjourne présentement en Floride et une vérification sera effectuée à son retour.

«Est-ce qu’à la suite de notre avis, les gens se sont déconnectés?», avance le maire. «Peut-être que oui, peut-être que non.»

De plus, dans six cas, des travaux non déclarés ont été recensés. Des amendes de 1000 $ sont prévues pour ces propriétaires, notamment parce que ces manoeuvres ont été réalisées hors des heures permises.

«Des travaux qui sont faits de soir pour qu’on soit sûr que la Ville ne soit pas dans les environs», glisse M. Angers.

Pour obtenir ce portrait de la situation, la Ville a dû défrayer 10 000 $ en frais d’inspection et 65 000 $ pour le nettoyage et la vidange des conduites. Par contre, Allen entrepreneur général a accepté d’absorber 35 000 $. Pour la Ville, le coût net s’élève donc à 40 000 $, une somme qui sera répartie sur l’ensemble des citoyens branchés sur le nouveau réseau, car les fautifs n’ont pu être identifiés hors de tout doute.

«On n’a trouvé personne qui, volontairement, s’est mal connecté», résume le maire.

Rien à voir

À l’invitation de M. Houle, le maire de Shawinigan a également répondu aux propos de son homologue d’Hérouxville. Dans notre édition de samedi, Bernard Thompson déplorait que le chemin de la Grande-Ligne nécessitait des travaux de réparation évalués à 1,16 million $ en raison de la circulation des véhicules lourds au cours des deux dernières années.

Le Municipalité d’Hérouxville avait donné l’autorisation à l’entrepreneur d’emprunter ce raccourci pour décharger ses camions, sans se douter qu’ils causeraient autant de dommages. M. Thompson se demande maintenant qui paiera la facture.

«Shawinigan était maître d’oeuvre de la totalité de ce chantier», rappelle M. Angers. «Nos employés, nos ingénieurs ont travaillé là-dessus, ont fait les suivis. Jamais une municipalité comme Hérouxville n’aurait été capable de superviser ce chantier et tout ce qui l’entoure. Comme entente intermunicipale, nous avons été pas mal corrects. La plupart des plaintes ont été dirigées envers le conseil municipal de Shawinigan et Allen. Nous avons toujours fait face à la musique.»

«En ce qui concerne la route de 1,1 million $, ce n’est pas à nous. Il faudra poser la question à M. Thompson, à savoir qu’est-ce que le sous-ministre lui a répondu, qu’est-ce que les responsables ont répondu. Ça ne nous appartient absolument pas. Quand nous avons des routes qui se brisent, comme dans le dossier d’approvisionnement en eau potable, nous les réparons.»

Le maire d’Hérouxville ne doit donc pas s’attendre à ce que la Ville de Shawinigan, en tant que maître d’oeuvre, investisse trop d’énergie dans cette réclamation.

«Nous avons fait notre travail de la meilleure façon possible», insiste M. Angers. «Ils peuvent se considérer chanceux que la Ville de Shawinigan pilote l’ensemble de ce dossier, nonobstant les coûts.»