Une mère de famille craint pour la sécurité de sa fille, alors que des travaux ont lieu actuellement à l’école Maurice-Poulin de Trois-Rivières.
Une mère de famille craint pour la sécurité de sa fille, alors que des travaux ont lieu actuellement à l’école Maurice-Poulin de Trois-Rivières.

Travaux à l’école Maurice-Poulin: une mère craint pour la sécurité de sa fille

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Des travaux qui s’étirent, des toilettes qui se retrouvent dans une roulotte à l’extérieur, une absence de zone scolaire, de la machinerie bien présente... En plus des craintes liées à la pandémie de COVID-19 qui sévit actuellement, une mère de famille de la région qualifie la situation de chaotique à l’école Maurice-Poulin de Trois-Rivières depuis le retour en classe et est plus inquiète que jamais pour la sécurité de sa fille et des autres enfants qui fréquentent la maternelle 4 ans. C’est que les travaux qui devaient à l’origine se terminer avant la rentrée scolaire sont toujours en cours et semblent s’éterniser.

«Honnêtement, je ne pense pas qu’ils auraient dû ouvrir l’école avec les émanations de peinture, de poussière et le fait qu’il n’y ait qu’une seule toilette. Je comprends que la COVID a causé du retard, mais moi, ça m’inquiète d’y envoyer ma fille puisque c’est chaotique. [...] La directrice nous avait même dit lors de la visite que ça se pouvait qu’on aille à la salle communautaire si les travaux n’étaient pas terminés. J’étais sûre à 100 % que ça serait le cas, car je suis allée une journée avant la rentrée et c’était un champ de bataille, mais finalement, ils ont décidé de l’ouvrir quand même», a tenu à préciser d’entrée de jeu la mère de famille qui souhaite garder l’anonymat par peur de représailles.

Rappelons que l’établissement scolaire situé sur la rue des Forges à Trois-Rivières n’accueillait plus d’élèves depuis quelques années. Toutefois, en raison de la hausse de l’achalandage et de l’ajout de classes pour la maternelle 4 ans, une décision a été prise du côté du Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy pour rouvrir l’école Maurice-Poulin afin d’accueillir 45 élèves de niveau préscolaire dès l’automne 2020.

Un appel d’offres public concernant les travaux de cet établissement avait d’ailleurs été publié en décembre 2019. On pouvait notamment y lire que les travaux devaient être entamés le 27 février 2020 et devaient être terminés au plus tard le 3 juillet 2020. La pandémie en aura toutefois voulu autrement.

«La COVID a entre autres bousculé beaucoup de choses, dont les travaux à l’école Maurice-Poulin. C’est sûr que c’est malheureux, puisqu’on souhaite toujours que lorsque les élèves retournent à l’école, tout soit terminé et ça n’a pas été le cas. Mais heureusement que d’ici quelques jours, tout sera complété», précise la coordonnatrice aux communications du Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy, Anne-Marie Bellerose, qui confirme d’ailleurs que les travaux seront complétés au plus tard à la fin du mois de septembre.

Plusieurs lacunes soulevées

Depuis la rentrée scolaire, le 3 septembre dernier, la maman de la fillette de quatre ans a en effet répertorié de nombreux éléments qui pourraient selon elle compromettre la sécurité des élèves. Le Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy ne voit toutefois pas la situation du même oeil et tient à rassurer les parents en ce sens.

«Jouer avec la sécurité des élèves, c’est quelque chose qu’on ne peut pas accepter. Pour les entrepreneurs qui font les travaux chez nous et les équipes des ressources matérielles, c’est non négociable au niveau de la sécurité des élèves et de toute façon, à tout moment, les entrepreneurs peuvent avoir des inspections sur les chantiers. C’est donc très surveillé. De plus, actuellement, les élèves sont au 2e étage et les travaux se font au premier. Ils n’ont donc pas accès à ces travaux-là», tient à rassurer Anne-Marie Bellerose.

Parmi les lacunes, la mère de famille mentionne notamment qu’une seule toilette est accessible à l’intérieur et que les enfants doivent se rendre dans une roulotte extérieure pour avoir accès à d’autres installations sanitaires du genre, ainsi que le fait qu’un seul endroit ne soit accessible pour l’entrée et la sortie des élèves.

Le Centre de services scolaire Chemin-du-Roy précise que les travaux seront terminés au plus tard à la fin du mois de septembre.

«La seule toilette à l’intérieur est en haut, donc ma fille doit souvent se retenir et descendre les marches temporaires en bois pour aller dans une roulotte à l’extérieur. Une autre chose qui m’inquiète, c’est que j’ai posé la question si en cas d’incendie, il y a une autre sortie et on m’indique qu’il y a celles sur le côté, mais elles sont barricadées en ce moment pour empêcher les enfants d’aller y jouer. J’étais répartitrice avant au 911 et si j’appelle au service incendie, c’est sur que ça ne passe pas.»

Une situation qui n’est certes pas idéale en ce qui a trait aux installations sanitaires, en convient le Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy, mais qui était nécessaire dans les circonstances, précise-t-on.

«On était très conscient qu’une seule toilette à l’intérieur, ce n’était pas suffisant pour les 45 élèves. C’est pour cette raison qu’on a installé une unité temporaire à l’extérieur. C’est sûr que ce n’est pas la même chose que les toilettes à l’intérieur, mais c’était une solution temporaire à une situation exceptionnelle», souligne Mme Bellerose.

La mère de famille soutient par ailleurs que la sécurité des élèves pourrait être compromise en raison du fait que la cour d’école soit partiellement clôturée.

«Comme c’est une école préscolaire, les enfants débarquent de l’autobus et rentrent directement dans l’école. Et quand ils sortent à l’extérieur, sur les heures de dîner et les récréations, ils jouent dans la cour à l’arrière, où il y a une clôture et ils sont surveillés par quatre enseignants», explique toutefois Anne-Marie Bellerose.

D’ailleurs, la mère de famille souhaiterait voir apparaître une zone scolaire près de l’établissement, puisqu’elle estime que la courbe qui se situe près de l’école est dangereuse.

«Je m’inquiète aussi du fait qu’il n’y ait pas de zone scolaire. J’ai communiqué avec le Centre de services et ils m’ont dit d’appeler la Ville de Trois-Rivières. J’ai donc ouvert un billet à ce sujet ce matin même (mardi). Mais ce qu’on me répond au Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy, c’est qu’il n’y a pas de zone scolaire puisqu’il n’y a pas de zone piétonnière comme ce sont des élèves qui sont en maternelle. Mais je trouve ça illogique, car l’école Saint-Michel qui est juste à côté a une zone scolaire et ce sont des maternelles 5 ans. De plus, à cause des travaux, l’école ne veut pas qu’on se stationne dans la cour, donc on se stationne dans la rue, mais avec la courbe c’est dangereux, car on voit les voitures au dernier moment», soutient-elle.

Bien que la mise en place des zones scolaires ne soit pas de sa juridiction, au Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy, on estime qu’il s’agit tout de même d’une situation qui est présentement à l’étude.

«La direction a une préoccupation à cet égard-là et on va analyser la situation puisque comme direction d’école, on peut faire une représentation en ce sens. D’ailleurs, comme les parents, on a vécu la première semaine et comme ça faisait des années qu’on n’accueillait plus d’élèves à Maurice-Poulin, on est en train de se réajuster et voir avec la Ville de Trois-Rivières si c’est nécessaire de revoir cette portion. Des fois, oui ça prend des ajustements, mais on est tout le temps en train d’analyser les choses et de se demander si notre organisation est sécuritaire et efficace», conclut Mme Bellerose.