Sandra Plourde Léonard attend l’autobus chaque matin avec sa fille de 7 ans Mia Bertrand.

Transport scolaire sur la route 155: des parents inquiets

La Tuque — Une mère a lancé un cri du cœur sur les réseaux sociaux dans les derniers jours après avoir vu, une fois de plus, une voiture continuer sa route alors que l’autobus scolaire avait les feux en marche. Sandra Plourde Léonard demande aux automobilistes de redoubler de prudence sur la route 155 durant les heures de transport scolaire avant que le pire arrive.

«J’aimerais ça leur dire de ne pas rouler vite proche de l’autobus parce que c’est très dangereux pour moi. J’ai peur des fois qu’ils (les automobiles) foncent dans l’autobus», a lancé la jeune Mia Bertrand, âgée de sept ans.

C’est le même message que veut marteler sa mère qui, chaque matin, prend le temps d’accompagner sa fille pour attendre l’autobus. Depuis plusieurs semaines, les situations dangereuses se multiplient. Pas plus tard que la semaine dernière, une voiture n’a pu s’arrêter alors que les feux de l’autobus scolaire étaient activés.

«Les gens roulent beaucoup trop vite et parfois ils n’ont pas le temps d’arrêter. C’est extrêmement dangereux pour les enfants. […] Ça arrive presque une fois par semaine. Ils se font surprendre après le détour, et ils roulent tellement vite qu’ils n’ont pas le temps de ralentir.»

«Jamais, au grand jamais, je ne la laisse descendre là-bas toute seule. J’y vais avec elle chaque matin. C’est trop dangereux», insiste Sandra Plourde Léonard.

Cette dernière spécifie que son message n’est pas un reproche, mais une mise en garde. D’ailleurs, elle se questionne sur l’absence de pancarte qui indique la présence possible d’un autobus scolaire immobilisé.

«Il n’y a aucune pancarte qui indique qu’il peut y avoir du transport scolaire. Ça pourrait aider à la prévention. Les automobilistes ne savent peut-être pas qu’il y a des enfants qui restent aussi loin de l’école. On sait bien qu’il ne peut pas y en avoir une dans chaque entrée, et ce n’est pas ce que l’on demande. Par contre, ça prend des avertissements pour que les gens soient au courant de la possibilité de tomber sur un autobus et des enfants», note-t-elle.

Son message a fait beaucoup de vagues sur Facebook. Près de 400 partages en moins d’une semaine. 

«Je suis vraiment contente de l’appui que j’ai reçu. Les gens l’ont partagé à La Tuque, mais aussi ailleurs. Je suis certaine que ce problème-là n’est pas juste sur la route 155. Le matin, il y a des jeunes devant les maisons qui attendent l’autobus. Faites attention. […] C’était une petite montée de lait du matin pour réveiller les gens, les amener à réfléchir un peu. Tantôt, il va y avoir de la glace, des tempêtes de neige…»

Pas très loin de là, dans le secteur Lac-à-Beauce, une famille d’accueil constate elle aussi les vitesses excessives des automobilistes aux moments où le transport scolaire bat son plein dans la journée.

«J’ai cinq enfants, mon bébé a 9 ans et ma plus grande 14 ans. Je trouve que c’est très dangereux […] La limite est 80, et les gens roulent pas mal plus que ça», a commenté Line Côté.

Cette dernière a été, elle aussi, témoin au fil du temps d’automobilistes téméraires qui agissent dangereusement sur la route.

«Les voitures passent à côté de l’autobus scolaire. Le matin c’est brumeux, il fait noir… Est-ce que c’est possible d’avoir des pancartes pour indiquer que des jeunes prennent l’autobus?», a-t-elle questionné. 

Les deux mamans ont par ailleurs tenu à souligner le travail exceptionnel des chauffeurs d’autobus.

«On a tellement de bons chauffeurs consciencieux et prudents», a insisté Mme Côté.

«Le chauffeur d’autobus est conciliant. Quand il y a trop de trafic, il laisse passer les gens avant de reprendre sa route. Quand le stop est ouvert par contre… Il ne peut pas fermer ça rapidement et coincer l’enfant dans les portes. Les gens doivent faire preuve de patience», a ajouté Mme Plourde Léonard.

Toujours aux abords de la route 155, d’autres parents se questionnent sur la sécurité. L’an prochain, l’aîné d’une famille qui reste à proximité de la courbe du kilomètre 107, qui a été le théâtre d’un tragique accident en janvier dernier, prendra le chemin de l’école. La question est déjà réglée. «Nous, c’est catégorique, nous ne laisserons pas les enfants prendre l’autobus en avant», a fait savoir Dominique Landry.

Cette dernière va plutôt assurer le transport de son enfant jusqu’à l’école ou le laissera chez un membre de la famille pour qu’il puisse prendre l’autobus en toute sécurité.

Des mesures prises par la Commission scolaire

La Commission scolaire de l’Énergie n’a reçu aucune demande pour l’installation d’un panneau de signal avancé d’arrêt d’autobus dans ce secteur particulier. On indique que des mesures sont déjà appliquées pour assurer la sécurité sur la route 155.

«On n’a jamais été interpellé par une situation particulièrement dangereuse. On est conscient que c’est une route rapide et dangereuse», a indiqué Renée Jobin, coordonnatrice aux communications de la Commission scolaire de l’Énergie.

Pour l’installation d’un nouveau panneau, soit les chauffeurs interpellent la commission scolaire, soit les parents font part d’une situation problématique.

«Effectivement, il y a des risques sur la route 155, mais il y a des mesures en place. Premièrement, les chauffeurs font attention de faire monter et descendre les enfants du bon côté de la route. Ils ont également des systèmes de radio C.B. Ainsi, ils peuvent communiquer avec les camionneurs lorsqu’ils s’arrêtent pour les avertir. Cela dit, ça n’exclut pas la possibilité de faire installer le fameux panneau. On invite la dame à communiquer avec le service du transport. Il ne faut pas hésiter à le faire. C’est une préoccupation principale d’assurer la sécurité des élèves», a-t-elle souligné.

La demande sera ensuite envoyée au ministère des Transports qui voit à l’analyse de la situation.