Vue aérienne de la centrale nucléaire Gentilly-2.

Tout va bien autour de Gentilly-2

BÉCANCOUR — La présence de la centrale nucléaire Gentilly-2 sur le territoire de Bécancour ne produit «aucun effet sur la santé» tandis que «le public et l’environnement se trouvant à proximité des installations de Gentilly-2 sont protégés».

C’est ce qui ressort des données recueillies en 2015, 2016 et 2018 par le Programme indépendant de surveillance environnementale (PISE) et soumises à la Commission canadienne de sûreté nucléaire.

Indépendant du programme de vérification continue de la conformité de la CCSN, le PISE vient compléter les données du programme de vérification continue de la conformité de la CCSN.

Sur le site de la CCSN, on indique que ces résultats «concordent avec ceux fournis par Hydro-Québec» et démontrent ainsi que «le programme de protection environnementale du titulaire de permis permet de préserver la santé et la sécurité des personnes et de protéger l’environnement.»

Bien que ces informations aient été rendues publiques par voie de communiqué jeudi, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, indique qu’un document en ce sens avait été envoyé à la Ville il y a quelques mois. «Quand le docteur te dit que tu n’es pas malade, c’est rassurant», dit-il, en ajoutant que la présence de la centrale, dont l’exploitation a pris fin en 2012, n’est pas un sujet de préoccupation pour les élus en ce moment.

De son côté, le Mouvement vert de la Mauricie, qui s’est beaucoup impliqué dans les activités de l’organisme Sortons le Québec du nucléaire, n’est pas de cet avis. «Ça ne me rassure pas du tout», indique Michel Fugère, militant de longue date. «Ils parlent d’un programme indépendant alors que c’est la CCSN qui recueille les données et qu’Hydro-Québec est le gestionnaire», souligne-t-il. «On sait que la CCSN n’a jamais produit un rapport qui était défavorable à l’industrie. Il rappelle toutefois une exception, celle de Linda Keen, ancienne présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, qui, en 2008, avait fait fermer le réacteur de la centrale de Chalk River (principal fournisseur d’isotopes radioactifs au monde) pour des raisons de sécurité, une décision qui avait incité le gouvernement conservateur de Stephen Harper à lui montrer la porte.

Michel Fugère indique également que la CCSN n’a pas de département de santé «ce qu’on a toujours critiqué», rappelle-t-il.

Des échantillons d’air, de sol, de végétation, d’eau et d’aliments comme le lait, les fruits et les légumes provenant de fermes locales ont été prélevés dans «des zones accessibles au public à l’extérieur du périmètre des installations de Gentilly-2», précise la CCSN. «La radioactivité mesurée dans ces échantillons était inférieure aux recommandations disponibles et aux niveaux de référence de la CCSN. Ces niveaux de référence sont fondés sur des hypothèses prudentes concernant une exposition qui entraînerait une dose de 0,1 mSv / année. Aucun effet n’est attendu à cette dose», assure la CCSN.

«Depuis juin 2016, l’exploitation des installations de stockage des déchets radioactifs de Gentilly-2 fait partie intégrante du permis de déclassement obtenu auprès de la Commission canadienne de sûreté nucléaire», rappelle Hydro-Québec sur son site web.

Gentilly-2 compte aujourd’hui une aire de stockage de déchets radioactifs, une installation de gestion des déchets radioactifs solides (pour les déchets faiblement et moyennement radioactifs), une aire de stockage à sec du combustible irradié de même que 11 modules de stockage à sec CANSTOR à l’intérieur du périmètre sécurisé de la centrale où seront confinées, d’ici 2020, près de 130 000 grappes de combustible irradié.

Dans son rapport annuel sur les résultats de la surveillance de l’environnement des installations de Gentilly-2 déposé en avril dernier, Hydro-Québec indique qu’au cours de l’année 2018, «l’analyse des quelques centaines de valeurs issues des prélèvements stipulés aux modalités des deux plans de surveillance de l’environnement aux installations de Gentilly-2 révèle que l’impact des activités de déclassement nucléaire ou d’opération de systèmes sur l’environnement et sur la population avoisinante est négligeable, voire imperceptible hors de la zone d’exclusion d’un kilomètre de rayon».