À l’arrière Vicky Lahaie et sa mère, Ginette Lahaie. À l’avant, de gauche à droite: Rosalie, Mégane, Noémie et Sarah.

Tout un bouquet de Roses!

TROIS-RIVIÈRES — Lorsque vous parlez de votre grand-mère, dites-vous d’elle qu’elle a une apparence athlétique? Fait-elle des triathlons? Participe-t-elle au défi des Roses au parc national de la Mauricie? Fait-elle régulièrement de la course à pied? Est-elle membre de clubs cyclistes?

La réponse sera oui si votre grand-mère est Ginette Lahaie de Saint-Boniface. La directrice de l’école primaire de La Source, à Saint-Maurice, n’avait pourtant que 25 ans lorsqu’elle a commencé à faire du sport et ne s’est mise au vélo qu’à l’âge de 40 ans. Elle s’était alors tournée vers un club de plein air et des clubs de vélo pour se créer un réseau social sain et intéressant. Au fil des coups de pédales et des pas de course, elle a changé positivement sa vie, mais également celle de son entourage.

Sa fille, Vicky Lahaie, est elle aussi passionnée de sport. C’est tout naturellement qu’elle a dit oui lorsqu’une amie l’a invitée à joindre le mouvement des Roses, il y a quelques années. Et puisque «ma mère et moi avons un lien très proche», dit-elle, il ne s’est pas écoulé bien long avant que Ginette Lahaie devienne une Rose elle aussi. Depuis 2012, rappelons-le, le mouvement des Roses permet à des femmes des quatre coins du Québec d’intégrer l’activité physique dans leur vie via une expérience de groupe.

Habituées de faire ensemble des randonnées de 60 km à 100 km en vélo de route, mère et fille se font depuis un plaisir de relever aussi ce défi combinant vélo de route, course à pied et nage.

Aujourd’hui, dans la famille de Ginette Lahaie, il y a tout un bouquet de Roses, car on y trouve également des «boutons de Roses», ses petites-filles Mégane, 11 ans, Rosalie, 9 ans et Sarah, 8 ans (les filles de Vicky), sans compter Noémie, 11 ans, leur cousine. Toutes ces jeunes demoiselles font partie des Roses juniors. Ce volet jeunesse des Roses a été lancé en 2017.

On voit bien, chez les petites, l’influence de leurs aînées féminines. Ginette Lahaie se souvient de sa première course de 10 km. À son arrivée, elle pleurait des larmes de joie «et mes petites-filles étaient là», dit-elle. Au défi des Roses, «elles nous ont vues, moi et Vicky, à l’arrivée des triathlons. C’est tout le plaisir de le vivre ensemble. Elles nous encourageaient», raconte Mme Lahaie. De là, il n’y avait qu’un pas pour que les jeunes filles demandent à faire partie du mouvement. Elles ont maintenant chacune leur vélo de route. Dès qu’il y a une petite course à pied organisée quelque part, mère et grand-mère invitent les filles à y participer. «On bouge beaucoup», raconte Vicky.

«J’aime ça quand on est toutes ensemble. J’aime ça bouger en groupe», dit Sarah. «Seule, on a moins de plaisir», fait valoir Mégane. «En groupe, on peut se parler, se suivre, se fier aux autres pour le chemin», plaide-t-elle. «On peut s’amuser avec les autres», renchérit sa petite sœur.

C’est avec la création des Roses juniors que le sport en famille a vraiment pris le plus d’envergure dans la famille de Ginette Lahaie.

«Avant, on faisait beaucoup de montagne ensemble», dit-elle «et de petites courses, mais depuis que les filles sont inscrites dans les Roses juniors, là, c’est le vélo, la nage, la course», se réjouit cette active grand-mère.

«C’est le plaisir qu’on a de le faire ensemble», souligne-t-elle. «Après, on prend un bon souper et on parle de ça et l’on peut échanger sur nos activités», raconte-t-elle.

Ginette Lahaie «ose espérer» que sa passion pour l’activité physique déteint un peu aussi sur les jeunes de l’école primaire qu’elle dirige et constate avec joie qu’il se fait de plus en plus de choses dans les écoles, en général, pour faire bouger les enfants. Les petites-filles de Mme Lahaie, elles, ne ratent pas une occasion de discuter de leurs activités physiques avec leurs camarades. «Mes amies sont vraiment sportives et quand je vais courir et qu’elles me voient lorsque je passe devant chez elles, elles me demandent de venir courir avec moi», illustre Noémie.

À voir ses petites-filles multiplier leurs activités sportives, Ginette Lahaie a hâte de voir ce que ce sera lorsqu’elles seront grandes.

Mme Lahaie a fait grimper le mont Washington à sa fille Vicky lorsqu’elle n’avait que 12 ans. La jeune femme, elle, raconte qu’elle a toujours aimé bouger et suivi de nombreux cours dans diverses disciplines sportives et même de danse. «J’étais une personne très timide et renfermée, mais quand j’ai commencé à faire du triathlon, j’ai compris que j’étais forte et j’ai pris confiance en moi», dit-elle. «Je veux transmettre ça à mes filles», dit-elle. «Si mes filles peuvent avoir cet équilibre-là, c’est ce que je leur souhaite.»

Leur grand-mère, de son côté, aimerait aussi que l’activité physique fasse partie de leurs valeurs, «que ça leur permette d’être moins influençables quand elles auront des choix à faire. Elles sauront ce qu’elles voudront choisir», dit-elle.

«Elles voient que ce n’est pas la performance qui compte parce que moi, ce n’est pas ça», explique Mme Lahaie. «Pour moi, l’entraînement est important. Je pense que je n’arrêterai jamais. C’est que je veux vivre encore beaucoup de beaux moments avec mes petits-enfants», confie candidement cette grand-mère des temps modernes.

Quoi qu’il en soit, ses petites-filles parlent de leur grand-maman comme d’une femme «spéciale», «compétitive» et «différente des autres grands-mères parce qu’elle fait du sport et elle nous inclut avec elle quand elle en fait.»

Parions que la fête des Mères sera soulignée, dans cette famille, cette année, par une sortie à vélo ou en course à pied... entre filles évidemment.