Les vannes du barrage Almaville sont ouvertes depuis samedi.

Tout est sous contrôle à Shawinigan

SHAWINIGAN — Il ne faut évidemment pas baisser la garde trop vite, mais disons que, pour le moment, la rivière Saint-Maurice réserve un printemps exemplaire. Alors qu’en 2017, ses débordements annonçaient des jours difficiles à venir au sud, le fleuve Saint-Laurent et le lac Saint-Pierre inondent déjà les plaines alors qu’un peu plus au nord, la situation demeure sous contrôle.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne s’en plaindra pas trop. À la fin avril et surtout, au début mai 2017, des résidants du quartier Beau-Rivage avaient connu des heures pour le moins angoissantes. La Ville de Shawinigan avait même établi un poste de commandement pour rassurer les gens et leur donner un coup de main. Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s’était rendu sur place pour analyser la situation.

Pour le moment, la rivière Saint-Maurice collabore, ce qui rend la crue beaucoup moins intense.

«Le fleuve Saint-Laurent réagit aux apports des Grands Lacs», rappelle Élisabeth Gladu, conseillère en relations avec le milieu à la direction régionale d’Hydro-Québec. «On sait qu’en Outaouais, il a fait beaucoup plus chaud qu’en Mauricie.»

«En 2017, la crue était coordonnée partout», ajoute la porte-parole. «Les précipitations et la fonte de la neige s’étaient produites partout à peu près en même temps. Cette année, la rivière Saint-Maurice est déphasée par rapport à ce qui se passe en Outaouais, où ça a fondu en accéléré.»

M. Angers connaît l’influence de Dame Nature lors de cette période critique, mais il croit que la société d’État s’est sans doute ajustée après le printemps 2017.

«On va prendre ce qu’Hydro-Québec nous dit», indique-t-il. «À la suite de cet épisode, on s’est assuré, lors des rencontres qui ont suivi les inondations, que les réservoirs soient au plus bas possible en prévision de la fonte des neiges. J’ose espérer que nous avons appris de 2017.»

Malgré la discipline de la rivière Saint-Maurice, le maire de Shawinigan se méfie.

«Je vais régulièrement dans le secteur Beau-Rivage», commente M. Angers. «Nous sommes en lien continuel avec Hydro-Québec. La gestion des barrages se fait relativement bien cette année. Les réservoirs ont été vidés en prévision de la fonte des neiges. Jusqu’à maintenant, il n’y a pas d’inquiétude. Contrairement à ce qui se passe à d’autres endroits à travers le Québec, on s’en tire bien pour tout de suite.»

Le barrage Almaville a ouvert quatre de ses vannes le 20 avril. La société d’État considère que le niveau de la rivière Saint-Maurice demeurera sous contrôle au moins jusqu’à vendredi.

«Quand on regarde nos prévisions, jusqu’au 26 avril, tout le segment de la rivière Saint-Maurice se retrouve en deçà des cotes de pré-alertes», précise Mme Gladu. «La situation est calme et la météo prévoit un refroidissement. Nous continuons à suivre les événements et nous demeurons en contact avec la direction régionale de la Sécurité civile.»