Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, et la vice-cheffe péquiste, Véronique Hivon, en entrevue éditoriale au Nouvelliste.

«Tout est possible»

TROIS-RIVIÈRES — «On a déjà été très présent en Mauricie. On est très fier de notre équipe de candidats. La population s’attend à des gens qui ont des ancrages. Tout est possible. On y croit. Ça ferait beaucoup de bien. On est un parti qui croit vraiment aux régions. On est sérieux dans notre approche et on est collé sur les priorités des gens.»

Malgré des sondages défavorables, la vice-cheffe du Parti québécois, Véronique Hivon, fonde son optimisme sur la force de la base péquiste en région et «la grande fragilité dans les intentions de vote de la CAQ».

En entrevue éditoriale au Nouvelliste, le chef du PQ, Jean-François Lisée, a réaffirmé mercredi que la décision de fermer la centrale nucléaire Gentilly-2 fut «difficile pour la région, mais nécessaire pour la nation».

«On est capable de prendre des décisions difficiles, mais d’être imaginatif pour trouver des moyens. On a du courage politique et on amène des solutions alternatives. C’est d’être responsable», a renchéri la députée de Joliette, évoquant la mise en place du Fonds de diversification économique.

À ce sujet, M. Lisée soutient que le nombre d’emplois perdus a été retrouvé, «mais pas le niveau». «Il y a encore du travail à faire», a-t-il admis, reprochant aux libéraux d’avoir tenu secret le rapport d’Hydro-Québec selon lequel l’investissement public nécessaire à la réfection de la centrale nucléaire était «nettement exagéré».

En santé, la création d’un CIUSSS spécifique au Centre-du-Québec fait partie des plans du duo péquiste. Mais du même souffle, on évite d’annoncer un brassage de structures.

«Dans la mise en œuvre, on veut être attentif à ce que nous disent les milieux. On veut déconcentrer le pouvoir et remettre des personnes responsables au sol pour une meilleure prévisibilité des problèmes», a-t-il précisé.

Par ailleurs, même si le PQ croit toujours que la formule des Conférences régionales des élus et des CLD était la meilleure, entre autres, pour ce mélange d’élus et de membres de la société civile, «ce n’est pas à nous de décider», disent-ils, laissant encore là au milieu de définir son modèle de développement économique. «C’est important qu’il y ait une forme de concertation», affirme Mme Hivon.

Appelé à commenter la création de pôles d’innovation découlant du fameux DigiHub à Shawinigan, son chef a parlé «d’un énorme succès». «C’est un modèle qui peut être répandu et nous avons aidé à l’émergence de centres de transfert technologique régionaux», tient-il à rappeler.

En matière de développement régional, sa formation plaide pour un accès à Internet haute vitesse «dans les lieux habités au Québec» et une intervention de l’État pour soutenir les médias régionaux.

«La qualité des médias écrits est une condition essentielle à la démocratie locale. On ne fera pas du cas par cas. Ce sera une politique ouverte à tous et plus équitable», a indiqué M. Lisée. «Ça prend de la flexibilité. Ce n’est pas juste une question de transition numérique, mais de diffusion de l’information. Tout le monde a besoin d’aide», a ajouté sa vice-cheffe.

Concernant la pyrrhotite, l’équipe péquiste se montre ouverte à trouver des solutions «en travaillant avec les gouvernements municipaux et en développant un système de détection». «L’action doit être à la hauteur du problème», affirme le chef.

Invité à évaluer la performance du parc industriel de Bécancour, celui-ci dit avoir «bon espoir que le projet IFFCO se fasse». Selon ce qu’il a appris, la nouvelle version du dossier, soit celle d’une usine de production d’urée et de méthanol, vient de connaître des progrès importants. «Il faut s’assurer que l’ensemble de la production soit écoulée. On veut que ça aboutisse», lance-t-il.

En ce qui concerne le bien-être animal et le Festival western de Saint-Tite, les deux politiciens considèrent qu’on ne doit pas mettre les gens au banc des accusés tout en soulignant que l’organisation «s’assure que tout se fait dans les normes».

Est-ce que le dossier de l’ALENA risque de favoriser sa formation politique? «Le Canada a lâché le Québec dans les deux dernières ententes commerciales. On ne va pas encore céder. On a une puissance réelle», répond celui qui tente de convaincre ses adversaires de signer une déclaration commune.

Plus tôt en journée, Jean-François Lisée et Véronique Hivon étaient à Nicolet pour y annoncer plusieurs bonifications au Régime québécois d’assurance parentale.

Un gouvernement du Parti québécois instaurera le RQAP-Flex, qui permettra de différer 20 jours ouvrables de congé parental et de les utiliser au cours des cinq premières années de vie d’un enfant.

«Nous donnerons également deux semaines de plus de congé parental aux pères. Avec nous, les parents adoptifs bénéficieront des mêmes droits que les parents biologiques», ont-ils annoncé.

«Le RQAP, créé sous un gouvernement du Parti québécois, a permis à des millions de parents de mieux concilier leurs responsabilités familiales et professionnelles. Maintenant, nous donnons de la flexibilité aux parents. Les 20 jours de congé à différer pourront être utilisés autant par la mère que par le père», a conclu la candidate péquiste dans Nicolet-Bécancour, Lucie Allard.