Lyndia Hamel est décédée le 27 décembre 2016 après une surdose de drogue à la Maison Carignan.

«Tout ce qu’elle voulait, c’était qu’on l’aide»

TROIS-RIVIÈRES — «Tout ce qu’elle voulait, c’était qu’on l’aide. Mais ils ne l’ont pas aidée. Moi, j’étais à l’hôpital, je venais de subir un AVC. Je ne pouvais pas prendre soin de ma fille. Elle avait besoin qu’on l’aide, mais ce n’est pas ce qui est arrivé». La mère de Lyndia Hamel, Céline Hamel, en avait gros sur le cœur vendredi midi, au terme des représentations prévues dans le cadre de l’enquête publique entourant la mort par surdose de sa fille en décembre 2016, à la Maison Carignan. Et alors que les travaux de la coroner Andrée Kronström dans le cadre de cette enquête publique devraient se poursuivre cet automne avec les représentations des parties intéressées, les proches de Lyndia Hamel n’écartent toujours pas la possibilité d’entamer des procédures civiles contre la maison de thérapie.

L’exercice de l’enquête publique, bien que favorablement accueilli au départ par la famille, s’est avéré éprouvant, aux dires de Mme Hamel et de l’ami d’enfance de Lyndia, Étienne Fréchette, qui ont tous deux assisté aux travaux de la coroner depuis mardi matin au palais de justice de Trois-Rivières. Les deux personnes avaient d’ailleurs reçu le statut de personne intéressée et ont ainsi pu, tout au long du processus, questionner les différents témoins qui ont été assignés à cette enquête publique par la coroner.

Or, au terme de l’exercice factuel, vendredi midi, Étienne Fréchette s’est spontanément dit exaspéré de sa semaine, qui a été ponctuée selon lui de témoignages contradictoires et de procédures difficiles. «Je suis fatigué de tout ça, des contradictions et du processus. Je ne suis pas prêt à dire que toute la lumière a été faite», a-t-il indiqué.

Bien que les témoins de cette affaire aient été entendus dans le cadre de l’enquête publique et que les autorités policières aient écarté tout élément criminel dans ce décès, au terme de deux enquêtes distinctes, la famille dit avoir toujours en tête d’envisager un recours civil contre la ressource pour le traitement des dépendances.

Une mise en demeure avait d’ailleurs été envoyée à la Maison Carignan en ce sens au mois de janvier dernier. Étienne Fréchette estime désormais qu’il est «plus que probable» d’aller de l’avant avec un recours civil. Il dispose de trois ans pour le faire à compter des événements, et devra donc avoir entamé les procédures d’ici les six prochains mois.

De son côté, la Maison Carignan, par le biais de son avocat Me Patrick Matos, a préféré n’émettre aucun commentaire sur les déclarations de la famille, considérant que les travaux de l’enquête publique du coroner ne sont pas terminés et qu’ils sont suspendus jusqu’à l’automne 2019.