Les institutions d’enseignement supérieur de la région travaillent d’arrache-pied pour redémarrer à distance la session d’hiver 2020
Les institutions d’enseignement supérieur de la région travaillent d’arrache-pied pour redémarrer à distance la session d’hiver 2020

Tous au front pour la relance des cours

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Les institutions d’enseignement supérieur de la région travaillent d’arrache-pied pour redémarrer à distance la session d’hiver 2020. Même si la date du 30 mars était prévue pour le redémarrage des cours, la reprise va plutôt se faire progressivement, indique le directeur général du Cégep de Shawinigan Éric Milette. «Jusqu’à présent, ça va bien. Il faut donner le temps aux enseignants d’adapter leurs cours. En moins de deux semaines, c’est tout un défi», fait-il valoir.

«Il y a des cours dont la reprise progressive pourrait ne débuter que le 10 avril et même plus tard dans certains cas d’exception», indique de son côté Étienne Dubois, conseiller en communications au Cégep de Shawinigan. Cela résume d’ailleurs la situation d’un peu tout le monde.

Au Cégep de Trois-Rivières, la direction, les syndicats et les cadres rament dans le même sens depuis deux semaines pour arriver à réussir cette relance. «On n’est plus dans les partis politiques», indique le directeur général, Louis Gendron. Le président du Syndicat des enseignants, Jean Fournier, indique que des dizaines de conférences téléphoniques ont eu lieu depuis la fermeture obligée de l’établissement. C’est tout un changement, car plusieurs enseignants donnaient encore leurs cours avec un tableau vert et des craies, dit-il.

«C’est surtout la semaine prochaine que ça va reprendre», calcule de son côté le président du Syndicat des enseignants du Cégep de Shawinigan, Vincent Roy.

Tout le monde n’enseignera pas de la même façon et tous les étudiants ne pourront recevoir les enseignements de la même façon non plus. On parle notamment de cours en ligne, de lectures, de travaux à faire et de capsules vidéo.

Au Cégep de Shawinigan, un sondage récent a permis d’établir que quatre étudiants n’ont pas internet et que 56 n’ont pas de matériel informatique. L’établissement a donc acheté des ordinateurs de seconde main qui leur seront prêtés. «On les a tous contactés par téléphone», précise M. Milette.

Au Cégep de Trois-Rivières et à l’UQTR, on ne fera pas la même chose. Comme l’a indiqué lundi le recteur de l’UQTR, Daniel McMahon, «on a n’a pas un stock d’ordinateurs à prêter».

Louis Gendron rappelle que dans les cas où certains de ses 4000 étudiants ne pourraient pas participer à la reprise des cours à cause de forces majeures, il est possible de reconnaître la session incomplète et ce, sans affecter la cote R. Bref, c’est du cas par cas fait valoir le recteur McMahon.

Jean Fournier prévoit que ce ne sera pas facile dans certaines familles, dont une à laquelle il pense où les parents qui font du télétravail partagent l’unique ordinateur de la maison avec leur quatre enfants qui sont aux études.

Les institutions viennent fort heureusement en aide à leurs étudiants financièrement. Lundi, l’UQTR, la Fondation de l’UQTR de même que l’Association générale des étudiants de l’UQTR et l’Association des étudiants hors campus de l’UQTR ont lancé un fonds d’urgence pour leurs étudiants en situation de précarité.

Le Cégep de Trois-Rivières annoncera une mesure semblable au cours de prochains jours, a indiqué au Nouvelliste Louis Gendron. À Shawinigan, le Cégep comptait déjà sur un programme d’aide, précise M. Milette.

L’aide financière s’adresse en priorité aux étudiant(e)s qui ont des enfants de moins de 18 ans, à ceux et celles qui n’ont pas de prêts et bourses de même qu’aux étudiants internationaux qui n’auraient pas accès aux ressources nécessaires.

Chacun de ces étudiants recevra la somme de 90 $ par semaine pendant deux semaines, donc 180 $ et pour chacun de leurs enfants de moins de 18 ans, un montant de 35 $ par semaine supplémentaire leur sera accordé.

Le délai de traitement sera d’au plus 48 heures de même que le délai de paiement. Les montants seront versés directement dans le compte bancaire des étudiant(e) qui en feront la demande.

Un volet participatif a également été lancé, lundi. La population est en effet invitée à contribuer. Il faut se rendre au www.uqtr.ca/fondation pour trouver le lien où faire un don pour cette cause.

Les montants d’aide ne seront pas remboursables par les étudiants, précise le directeur général de la Fondation, Daniel Milot. Le Syndicat des professeur(e)s de l’UQTR a versé 10 000 $, vendredi dernier, pour donner un coup de pouce.

Pour faire une demande d’aide, les étudiants doivent aller au www.uqtr.ca/covid19 

Pendant ce temps, la pétition lancée il y a un peu plus d’une semaine par une étudiante de l’UQTR demandant la suspension de la session continue de grossir et dépassait les 114 000 noms, lundi. L’instigatrice, Elizabeth Leblanc-Michaud, estime «qu’on ne nous a pas écoutés, mais on nous a entendus». Selon elle, la crise aura fait ressortir certains enjeux et la pétition aura eu le mérite de mettre en lumière, notamment, des inégalités sociales vécues par les étudiant(e)s.»

La présidente de l’AGE du Cégep de Shawinigan, Karine Di Grazia, n’a pu commenter la situation au nom de son association, car aucune réunion du conseil exécutif ne s’est tenu depuis le confinement, dit-elle.

Au Collège Laflèche, «tous nos programmes sont prêts à déployer la formation à distance», indique Anne-Laurence Jacob, du service des communications. «Nos professeurs ont travaillé de concert afin de s’assurer que les méthodes pédagogiques utilisées pour un même programme étaient cohérentes. Ils font preuve d’adaptation et de créativité pour rendre l’enseignement à distance convivial pour nos étudiants», précise-t-elle.