La pêche a été fructueuse pour Jean Samson et Jacques Bellemare lundi pour la première journée d'activité sur la rivière Sainte-Anne.

Une saison qui promet

Les sourires étaient larges sur la rivière Sainte-Anne lundi. Après un hiver catastrophique l'an dernier, la saison de pêche au poulamon s'est enfin amorcée comme prévue.
Les premiers pêcheurs ont foulé la glace en avant-midi. Il s'agissait de la première fois en trois ans que la saison de la pêche aux petits poissons des chenaux s'amorçait à sa date habituelle, le 26 décembre.
«On est très chanceux d'être ici, un 26 décembre, avec entre 15 et 17 pouces de glace. L'an passé, nous avions eu une demi-saison, et ce, pour les mêmes dépenses et les mêmes installations (que pour une saison complète). Tous sont très heureux de voir la saison qui débute à temps afin de récupérer les pertes de l'an passé», souligne le président de l'Association des pourvoyeurs de pêche aux petits poissons des chenaux, Steve Massicotte.
En cette première journée d'activité officielle, environ 350 chalets étaient déjà installés sur la rivière, et 150 autres devraient être aménagés dans les prochains jours. On s'attend à ce que le village soit complété pour la veille du jour de l'An. Lundi, les pouvoyeurs s'attendaient à ce que les touristes accourent vers Sainte-Anne-de-la-Pérade, mais la pluie verglaçante qui s'est abattue sur le Québec a refroidi l'intérêt de plusieurs dans les grands centres.
«Ça fait longtemps qu'on n'a pas eu la chance de commencer le 26 décembre. C'est une belle semaine avec tout le monde qui est en vacances. Ça se compare à un achalandage de fin de semaine. C'est ce qu'on manque quand nous ne sommes pas ouverts. Les gens sont en visite chez les parents et décident de venir pêcher. J'ai un Ontarien qui vient (mardi) parce qu'il était chez sa famille dans la région», explique, entre deux sonneries de téléphone, Karine Deveault, du Centre de pêche Claude Deveault et fils.
 
L''aménagement du village de pêche aux petits poissons des chenaux se poursuivra jusqu'au 31 décembre.
Commencer la saison à la mi-décembre?
Avec une météo aussi généreuse à l'endroit des pourvoyeurs, certains auraient pu ouvrir leurs portes beaucoup plus rapidement, mais ne pouvaient le faire, la réglementation provinciale ne le permettant pas. L'Association s'est tournée vers le gouvernement afin de demander que la saison soit d'une plus longue durée.
«Dans les 79 dernières années, le 26 décembre est la date butoir. Mais nous avons demandé au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs de devancer cette date pour les prochaines années. Nous pourrions débuter plus tôt et récupérer les pertes des mauvaises années. Depuis 10 ans, c'est peut-être la troisième fois qu'on réussi à ouvrir le 26 décembre. On est très optimiste, et ça pourrait probablement se faire en 2018», mentionne M. Massicotte, qui aurait eu besoin d'une chaloupe à pareille date en 2015 pour se tenir à l'endroit où il était lundi.
«Je n'ai pas vu le bilan financier des autres, mais il s'est brassé bien des affaires (après la dernière saison), et il y a eu 2-3 changements de propriétaires. La mauvaise température a sûrement eu un impact et il y a eu des remises en question. On vit avec la nature, mais ça faisait 2-3 ans qu'il n'y avait pas d'hiver. C'est positif cette année et ça encourage ceux qui commencent à continuer», ajoute Mme Deveault.
La pêche est bonne
En ce début de saison, le poulamon est au rendez-vous. Jean Samson et Jacques Bellemare n'ont pas raté leur chance d'être de cette première journée lundi, et leur récolte a été faste. C'est à peine si la ligne avait le temps de toucher l'eau qu'un poisson s'accrochait à l'hameçon.
«On est arrivé et il y avait de la place, La marée était montante ce matin, mais elle s'est stabilisée. Ça donne un peu de répit aux poissons et ils peuvent se nourrir plus facilement. Quand la marée monte, il y a plus de place et ils passent», explique M. Samson, qui promettait de cuisiner les dizaines de prises sorties de l'eau. 
C'est le bon moment pour le faire, ajoutait Karine Deveault.
«Le poisson n'a pas encore frayé. Ceux qui aiment le manger, c'est en ce moment qu'il est le meilleur.Le poisson est plus gros. Il est arrivé à la rivière et il est plaisant à pêcher. Vers la fin janvier, il aurarapetissé, mais il y en aura autant qu'avant.»