Zachary Bourgeois de Saint-Tite est né dans l'univers des rodéos. On le voit ici sur un taureau lors d'un rodéo de la 49e édition du Festival western.

Saint-Tite, La Mecque du rodéo

Créé à l'origine pour stimuler l'économie locale, le Festival western de Saint-Tite s'est hissé parmi les événements touristiques majeurs du Québec. Le festival qui célèbre son 50e anniversaire attire chaque année près de 600 000 visiteurs, un exploit colossal pour une ville de moins de 4000 résidents. Afin de souligner cet anniversaire, Le Nouvelliste propose chaque semaine des entrevues qui montrent les nombreux visages de cette aventure western.
Le directeur des rodéos du Festival western de Saint-Tite, Sylvain Bourgeois.
Depuis le début du Festival western de Saint-Tite, les rodéos sont des rendez-vous incontournables. Ces compétitions qui regroupent des athlètes téméraires ont pris un tournant majeur au milieu des années 90, ce qui a grandement contribué à faire croître le festival. Reconnus pour leur grande qualité, les rodéos de Saint-Tite sont nommés depuis 18 ans meilleurs rodéos extérieurs de l'est de l'Amérique du Nord de l'IPRA. 
Bien que déjà très populaire, le Festival western n'était pas ce qu'il est aujourd'hui il y a une vingtaine d'années. La programmation, presque inchangée depuis la création de l'événement, prévoyait deux rodéos, présentés le deuxième week-end. Et il fallait être chanceux et patients pour avoir des billets, car ils étaient mis en vente la journée même.  
En 1995, les organisateurs ont pris un nouveau virage. Pour la première fois, des rodéos sanctionnés auprès d'une association professionnelle ont été organisés. Le Festival a aussi fait confiance à Sylvain Bourgeois, un compétiteur de rodéo six fois champion à Saint-Tite à l'épreuve de la monte des chevaux avec selle, en le nommant directeur de rodéo.  
«Saint-Tite était comme compétiteur mon rodéo préféré. Quand j'ai accepté de devenir directeur de rodéo, j'avais un plan. Je voulais qu'on présente dix rodéos par édition d'ici dix ans. Et finalement ça nous a pris onze ans pour y arriver», avoue un des grands responsables de la croissance des rodéos du Festival western.
Cette augmentation du nombre de rodéos présentés par édition a permis à un plus grand nombre de personnes d'y assister. Combinés à la mise en place d'une billetterie plus efficace, la numérotation des sièges des grandes estrades puis leur rénovation en 1999 au coût de  2,4 millions $, ces rodéos ont permis de faire augmenter les revenus du Festival western. 
«En 1995, nous avions en moyenne 15 000 spectateurs qui assistaient à des rodéos. Maintenant, c'est plus de 70 000 par édition», note Sylvain Bourgeois. 
Par conséquent, les bourses remises aux compétiteurs sont allées dans la même direction. Cela a eu pour effet d'attirer des compétiteurs provenant de plus en plus loin. Désormais, des cow-boys de partout au Canada, des États-Unis ou encore de l'Australie rivalisent dans le manège de Saint-Tite. 
Le niveau de compétition n'a alors cessé d'augmenter. «Le circuit des rodéos n'a jamais été aussi compétitif et les compétiteurs n'ont plus besoin de s'expatrier dans l'ouest», affirme Sylvain Bourgeois qui croit bien que les rodéos de Saint-Tite, qui demeurent les plus prestigieux auprès de bien des compétiteurs, ont eu des impacts positifs sur l'ensemble du circuit. 
 «Il y a beaucoup de rodéos au Québec qui ont moins de 20 ans», ajoute celui qui a transmis sa passion du rodéo à son fils.
Si Sylvain Bourgeois montait des chevaux sauvages, son fils Zachary préfère se mesurer aux taureaux. Le jeune homme de Saint-Tite a rapidement progressé au sein de l'école de rodéo associée au Festival western et évolue maintenant, malgré ses 17 ans, sur le circuit professionnel. À la suite de plusieurs belles performances cette saison, il a toutefois subi un traumatisme crânien, ce qui le force à se tenir à l'écart de la compétition. Aux dires de son père, ses traitements engendrent de bons résultats.
Les rodéos de Saint-Tite sont des compétitions incontournables pour les cow-boys et cow-girls du circuit professionnel.
Comme des shows rock
Lorsqu'on couvre comme journaliste les rodéos à Saint-Tite et qu'on récolte les commentaires des compétiteurs après leurs performances, une chose revient constamment. L'ambiance électrisante de Saint-Tite est unique. Et il n'y a pas que les Québécois qui l'affirment par chauvinisme. Les Américains et les Canadiens l'affirment, sans même qu'on leur pose la question. 
Le dynamisme de l'animation de Michel Corbière y est pour quelque chose. Ce passionné des chevaux et du monde du rodéo est depuis 1995 la voix officielle des rodéos du Festival western. En plus de bien expliquer les règles des disciplines, il met littéralement le party dans les grandes estrades.
«Lorsque Sylvain Bourgeois a pris la direction des rodéos, il avait la vision de faire de ce sport un spectacle», affirme Michel Corbière qui incarne cet aspect depuis plus de 20 ans. 
«Les rodéos de Saint-Tite, c'est comme un show rock, avec de la pyrotechnie et de la musique.»