Motoneige: «Je n'ai jamais connu une saison comme ça!»

Il est encore tôt pour parler de saison légendaire, mais une chose est certaine, les motoneigistes ont droit à tout un terrain de jeu pour s'amuser en ce début de 2017.
Que ce soit dans les restaurants ou les hôtels, la clientèle est en grand nombre. Même les motoneigistes originaires des autres régions du Québec ont commencé à faire leur arrivée en Mauricie. D'ailleurs, la rivière Saint-Maurice sera balisée ce week-end, ce qui permettra aux amateurs de profiter de tout le territoire, de Trois-Rivières à Parent. À pareille date en 2016, elle n'était pas encore complètement gelée.
«L'an passé, il a fallu attendre jusqu'au 20 janvier avant que je vois les premiers clients locaux, raconte Guy Leblond, propriétaire du Relais de la station à Saint-Séverin. La rivière Portneuf n'avait même pas gelé, ce qui veut dire que les motoneigistes de Québec ne pouvaient pas venir.»
Situé en bordure du sentier 351, le Relais de la station avait décidé dans les dernières années de modifier sa vocation, en accueillant davantage de soupers d'entreprises afin de s'assurer d'un revenu stable en cas de manque de neige et de froid. 
«J'ai acheté en 2009 et je n'ai jamais connu une saison comme ça. J'affiche pratiquement complet grâce aux partys de bureau. On ne prend plus de réservations parce que c'est plein. On peut parler d'une augmentation d'environ 20 % des revenus. On a trois semaines d'avance sur l'an passé», lance M. Leblond.
À Louiseville, le Club de motoneige Armony, celui dont le territoire est situé le plus au sud de la Mauricie, a été en mesure d'ouvrir tous ses sentiers aux amateurs dans les dernières heures. L'année dernière, une telle situation ne s'était produite que durant trois semaines de l'hiver... en mars!
Or, le territoire du Club Armony est névralgique puisque deux sentiers Trans-Québec le traversent, le 3 et le 63. Leur mise en service rapide signifie donc que plusieurs motoneigistes pourront converger vers la Mauricie, avec les retombées économiques qui les accompagnent.
«Cette année, juste en prévente, nous avons vendu autant d'abonnements de saison que pour toute l'année dernière. Les gens regardent les prévisions météo, et comme on n'annonçait pas de El Niño, mais plutôt beaucoup de neige, ils sont venus s'abonner», note M. Bergeron.
Chez les concessionnaires de sports motorisés, c'est aussi la ruée. Les affaires sont peut-être bonnes en ce moment, mais ça ne signifie pas que le chiffre d'affaires sera supérieur en fin de saison, prévient Gabriel Fugère, propriétaire chez Elitech Sport-Évasion. Il explique que les gens achètent leur nouvel engin plus rapidement en saison tout simplement, mais que peu sont de nouveaux motoneigistes.
«Les dates de livraison sont condensées, mais quand je regarde mon inventaire, il n'y a pas un changement drastique. Mais cette neige rapide a amené du temps supplémentaire pour mes employés. Cette neige, ce n'est pas de la richesse, je crois même que c'est une diminution de rentabilité. Pour moi, ce qui serait payant, c'est l'ouverture d'une entreprise et la création d'emplois, pas une grosse bordée de neige. Une motoneige, ça se paye avec de l'argent, pas de la neige!»
Le calme avant la tempête?
Ces revenus hâtifs pourraient s'avérer une bénédiction lorsque février sera arrivé. C'est que les agriculteurs et l'UPA pourraient à ce moment refuser l'accès aux sentiers passant par leurs terres afin de mettre de la pression sur le gouvernement Couillard dans le dossier des taxes foncières agricoles.
M. Bergeron espère que ce conflit se réglera avant d'en venir à pénaliser l'industrie touristique.
«On peut fermer les sentiers, mais on ne peut pas empêcher les motoneigistes d'y aller. J'espère une chose, c'est qu'ils vont en profiter pour régler le dossier de l'accès. Nous avons beaucoup de misère avec les propriétaires terrestres qui nous refusent le droit de passage. Encore cette année, j'en ai cinq qui ont refusé, parce qu'ils avaient semé. Il devrait y avoir une loi claire qui dit que le sentier passe à cet endroit, peu importe ce qu'il y a dessous, et que les agriculteurs seront compensés. On parle d'une industrie de 3,7 milliards», mentionne-t-il, en rappelant que les clubs de motoneiges ne roulent pas sur l'or.
«Nous sommes tous bénévoles, et l'année dernière, ça m'a coûté 1500 $ pour faire mon bénévolat!»