Le directeur général du Festival western de Saint-Tite, Pascal Lafrenière, lors de la visite médiatique des installations du rodéo.

Bien-être des animaux: le Festival western veut briser des mythes

Ces derniers mois, la question du bien-être des animaux de rodéo a fait couler beaucoup d'encre. C'est dans ce contexte que les organisateurs du Festival western ont convié les médias samedi matin à une tournée des installations et une explication des disciplines de rodéo afin de briser des mythes tenaces.
Toute cette polémique a débuté lorsque Alain Roy, un professeur de droit à l'Université de Montréal, a demandé une injonction afin d'interdire la tenue d'un rodéo présenté dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, estimant que ce sport contrevient à la Loi québécoise sur le bien-être animal. Conscient que cette question est sensible et que la survie des rodéos est en jeu, le Festival western de Saint-Tite fait tout pour démystifier les rodéos.
«Un des mythes qui continue d'être propagé, c'est qu'on serre les testicules des chevaux. C'est totalement faux, on met une sangle en laine de mouton, car l'animal a appris à ruer quand il a ça sur lui. Et aucun des chevaux n'a de testicules. Ce sont des femelles ou des mâles castrés», affirmait durant la tournée le directeur général du Festival western de Saint-Tite, Pascal Lafrenière.
«Nous sommes très sensibles au bien-être des animaux. Ils sont traités comme des athlètes et les éleveurs investissent des milliers de dollars sur eux. Ils n'ont pas du tout intérêt à ce qu'ils soient mal traités.»
Les médias ont aussi pu visiter les chutes ainsi que les enclos des animaux qui attendaient le début du rodéo. Notons que les animaux ne prennent pas part aux onze rodéos du Festival western. «Normalement, un cheval ou un taureau d'un éleveur québécois participe à une dizaine de rodéos par année», précise Pascal Lafrenière.
Lors du rodéo de samedi, les spectateurs pouvaient voir la sangle utilisée pour les épreuves de la monte des chevaux sauvages. Par ailleurs, les annonceurs des rodéos ont fait tout le week-end des interventions sur le bien-être animal. On sentait clairement la sensibilité du sujet.
Afin de réduire les risques de blessures des bêtes, de nouveaux règlements ont été instaurés cette année dans l'épreuve qui consiste à attraper un veau au lasso. «Le rodéo est un monde conservateur, mais les compétiteurs acceptent de s'ajuster aux règlements spécifiques à Saint-Tite en raison de l'ampleur de notre événement», note le directeur général du Festival western.
Des inspecteurs du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec sont sur place lors des rodéos pour évaluer les pratiques du Festival western. Des opposants au rodéo sont aussi à Saint-Tite et les organisateurs leur donnent, selon ce que prévoit le protocole déterminé par le tribunal, un libre accès aux sites. Alain Roy affirme que les observations se passent bien et que les observateurs mandatés peuvent bien faire leur travail.
Cela dit, même si le Festival western tient à défaire des mythes tenaces à l'endroit du traitement des animaux, Alain Roy soutient en entrevue que ce n'est pas l'enjeu de la contestation. «Nous savons très bien que les animaux sont bien traités avant et après les rodéos. Nous sommes de plus très conscients que les testicules des animaux ne sont pas serrés et que la sangle est en laine de mouton», note le professeur qui a instauré la demande d'injonction.
«L'enjeu, c'est le huit secondes. Il entraîne de l'anxiété et du stress chez l'animal qui peuvent avoir des conséquences pour sa santé.»
Les épreuves du terrassement du bouvillon et de la prise du veau au lasso sont citées par Alain Roy comme étant des épreuves particulièrement stressantes pour les animaux.
Deux des observateurs mandatés pour recueillir des données, selon Alain Roy, proviennent de Chicago. Ils ont accepté d'agir bénévolement et ne parlent pas français. Cela ne nuit toutefois aucunement à leur travail, estime M. Roy. «Ils sont là pour prendre des images, pas pour faire des entrevues.»
Les données recueillies par ces observateurs seront remises au comité chargé d'étudier la question. Ce groupe est composé de représentants du mouvement animalier, de membres de l'industrie du rodéo ainsi que du MAPAQ. Selon le protocole adopté en cour, ils doivent analyser si les épreuves de rodéo sont conformes à la Loi sur le bien-être animal du Québec adopté en 2015.