Stéphane Boileau passera de la direction générale de la Classique internationale de canots de la Mauricie à celle de Tourisme Mauricie, à compter du 6 janvier.

Tourisme Mauricie recrute Stéphane Boileau

SHAWINIGAN — Après avoir provoqué un important virage à la Classique internationale de canots de la Mauricie, Stéphane Boileau s’attaque à un nouveau défi. À compter du 6 janvier, il deviendra le nouveau directeur général de Tourisme Mauricie et à ce titre, il souhaite attaquer de front deux importants enjeux: la pénurie de main-d’œuvre dans cette industrie et la sensibilisation auprès des gouvernements provincial et fédéral pour mieux soutenir les événements régionaux.

En conférence d’information mardi matin à la Cité de l’énergie, M. Boileau a confié qu’il se lançait dans ce nouveau défi «avec humilité et détermination». Il deviendra le troisième directeur général de Tourisme Mauricie depuis un peu plus de deux ans. Après le long règne d’André Nollet, Geneviève Boivin avait été engagée en décembre 2017, avant de quitter d’un commun accord avec le conseil d’administration en juin dernier. L’intérim était assumé par Serge Bouchard depuis ce temps.

Donald Desrochers, président du conseil d’administration de Tourisme Mauricie, laisse entendre que l’organisation ne pouvait passer à côté de la candidature de M. Boileau. Une trentaine de personnes avaient manifesté leur intérêt pour ce poste cet automne.

«Il a des réalisations concrètes dans le domaine touristique et événementiel», explique-t-il. «Le FestiVoix, la Classique, tout le monde connaît ça! Il a réussi dynamiser ces événements et nous sommes persuadés qu’il fera la même chose avec Tourisme Mauricie. Nous voulions quelqu’un qui pourrait nous propulser vers nos nouvelles orientations.»

«C’est une belle prise pour nous», sourit M. Desrochers. «Il connaît nos membres, il sait ce qu’il faut bonifier, il connaît les intervenants touristiques. Il pourra partir la machine beaucoup plus vite.»

M. Boileau a déjà identifié ses deux priorités pour les prochains mois. Il veut plancher sur des solutions pour aider les établissements touristiques à traverser la pénurie de main-d’œuvre. Mais surtout, il veut cogner aux portes de Québec et d’Ottawa pour assurer un meilleur financement pour les événements régionaux.

«Ça fait quarante ans qu’il y a un terrible combat et ce ne sont pas les régions qui le gagnent», soulève-t-il. «J’aime beaucoup Montréal, mais la moitié de la population habite dans les régions du Québec. Dans la plupart des secteurs, 85 % des subventions s’en vont à Montréal, 9 % à Québec et 6 % dans les régions. Est-ce que c’est normal?»

M. Boileau lançait le même cri du cœur à la tête de la Classique internationale de canots de la Mauricie. Il reste à trouver la façon pour obtenir des résultats.

Dominic Thibault, coordonnateur à la Classique internationale de canots de la Mauricie en compagnie du président du conseil d’administration, Yvon Laplante.

«Il faut être bienveillant, mais il faut revendiquer», propose-t-il. «Il faut respecter les gens, mais être ferme dans nos convictions. Une main de fer dans un gant de velours. Sinon, on ramasse des miettes.»

Nouveau chapitre

Stéphane Boileau est arrivé au conseil d’administration de la Classique internationale de canots de la Mauricie en 2013. Dès l’année suivante, il devenait président et au printemps 2016, il était nommé directeur général.

Cette fonction n’existe pas dans le nouvel organigramme. À compter du 1er janvier, Dominic Thibault agira plutôt à titre de coordonnateur.

«Des gens seront attitrés à des postes-clés pour chaque secteur», explique-t-il. «Moi, je coordonnerai ces postes, comme la production sur l’eau, sur terre, les finances...»

Canotier aguerri, M. Thibault agissait à titre de directeur de compétition depuis cinq ans. Il souhaite poursuivre l’élan de démocratisation de cet événement.

«Nous voulons maintenir une saine gestion, diminuer les coûts de production et réinvestir dans nos partenariats pour élargir notre créneau», énumère-t-il. «Nous voulons nous impliquer davantage au plan communautaire et même, apporter une image un peu rebelle, parce que la Classique est extrêmement différente des autres compétitions en Amérique du nord. Bien sûr, on va amener de plus en plus de canots sur l’eau et intensifier notre présence dans les écoles.»

Yvon Laplante, président du conseil d’administration de la Classique internationale de canots de la Mauricie, considère la nomination de M. Thibault comme une suite logique.

«J’ai dit à Stéphane qu’il était l’homme de la situation pour Tourisme Mauricie», commente-t-il. «Depuis un an, quand on parlait de relève, on savait que ce serait Dominic. Il avait l’intérêt et pour être franc, sa place est pas mal plus naturelle. Stéphane était arrivé comme un gestionnaire et je pense que c’est ce que ça prenait à ce moment. Dans le contexte, c’est tout à fait naturel que Dominic prenne le relais.»

À noter que M. Boileau occupera à nouveau un siège sur le conseil d’administration de la Classique internationale de canots de la Mauricie, pour assurer une transition harmonieuse. Il reconnaît néanmoins qu’il s’agira d’une page difficile à tourner, mais comme au FestiVoix en décembre 2014, il sent qu’il laisse une organisation en pleine ascension.

La Classique internationale de canots de la Mauricie a profité de cette importante annonce pour rappeler que le tirage de sa loterie lancée en septembre, Loto-Classique, sera effectué le 18 décembre. Mardi, personne n’était en mesure d’estimer le nombre de billets vendus jusqu’ici. M. Boileau avait établi un objectif de 2000 sur les 4000 en circulation.