Robert Gauthier

Tourisme à Saint-Élie: «On s’améliore»

SAINT-ÉLIE-DE-CAXTON — Le bilan financier du tourisme à Saint-Élie-de-Caxton s’écrit toujours à l’encre rouge en 2018, mais la situation s’est nettement résorbée en l’espace d’un an. Le déficit qui était de 67 744 $ en 2017 se situe à 5715 $ en 2018. Et selon Robert Gauthier, cette réduction du déficit est le résultat direct d’une gestion plus serrée.

La séance du conseil de lundi a permis la présentation du bilan financier de ce volet majeur de la localité. Selon le document fourni par la Municipalité, les revenus ont été de 296 242 $ et les dépenses ont totalisé 295 787 $. Le bilan est donc positif avec un surplus de 455 $. Mais les frais reliés à la dernière Féerie de Noël pour la gestion du trafic permettant le passage des carrioles de façon légale (3200 $), l’inspection et l’entretien des carrioles (1752 $) et la location de bus scolaires pour remplacer durant une fin de semaine l’utilisation des carrioles (1218 $) ajoutent 6170 $ à la colonne des dépenses. Le résultat net est un déficit de 5715 $.

«Ces dépenses de quelque 6000 $ vont entrer dans le bilan de la saison touristique de 2019, car on ferme les comptes le 31 décembre, à moins que la comptable réussisse à les mettre dans les comptes à payer. Il y a quand même un déficit cette année. Mais on avait perdu 67 000 $ en 2017. On s’améliore», estime le maire de Saint-Élie.

Parlant de la dernière Féerie de Noël, la Municipalité a pris un arrangement forfaitaire avec la conteuse Céline Jantet pour qu’elle fournisse du matériel qui a été diffusé durant les balades en carrioles en 2018-2019. D’habitude, la Municipalité verse des droits d’auteur à Fred Pellerin et à Jeannot Bournival pour l’œuvre qu’ils présentent à Saint-Élie. La Municipalité leur a versé un total de 4880 $ en droits d’auteur pour la Féerie de Noël de 2017. Une part de chaque billet vendu est prélevée pour payer les deux artistes.

«Ça a coûté 1600 $ ou 1700 $ (pour Mme Jantet). On a aussi payé pour l’aspect technique pour mettre le conte sur clé USB. On ne voulait pas ajuster le conte selon le nombre de visiteurs. Si l’an prochain, on décide de faire la même chose, on la rappelle et on le fait», mentionne le maire, en répétant que l’administration municipale va poursuivre sa réflexion concernant le tourisme dans le but d’améliorer le produit.

Gestion serrée

M. Gauthier rappelle que l’été 2017 avait commencé par du temps maussade, ce qui avait grandement nui à l’achalandage. Selon le maire, les horaires des travailleurs étudiants ont été peu ajustés à cette réalité.

«En 2018, avec l’arrivée de Martine Painchaud (comme directrice du tourisme), on lui a dit de rationaliser. S’il n’y a personne une journée, tu ne gardes pas les étudiants à temps plein toute la journée. C’est ce qu’elle a fait. Des gens n’ont pas aimé ça, mais on ne peut pas perdre 60 000 $ par année. Il n’est pas question qu’on fasse payer aux contribuables la non-rentabilité du tourisme. L’embauche de la directrice du tourisme s’est faite avec l’objectif d’arrêter la fuite des fonds publics et on a réussi.»

Selon le maire, certains citoyens lui ont mentionné durant la campagne électorale que c’est la population qui fait vivre le tourisme au bénéfice des commerçants, de l’église paroissiale et de Fred Pellerin. L’achalandage profite aux commerçants et à la boutique de l’église qui amasse de l’argent pour assurer son entretien, alors que la Municipalité verse des droits d’auteur au célèbre conteur.

Robert Gauthier se dit à l’aise avec le fait que le tourisme ait des retombées positives pour les commerces, l’église et les artistes qui fournissent le matériel sonore de la visite audioguidée. Il faut aussi œuvrer pour atténuer les problèmes causés par l’achalandage touristique à l’intérieur d’un village.

«Des gens disaient qu’il (Fred Pellerin) devrait donner le conte. Mais Fred mérite une redevance. J’ai vérifié auprès de deux organismes, car je voulais avoir une idée de ce qu’on paie. Ce qu’ils m’ont dit, c’est qu’on est dans la bonne moyenne. On ne bouge pas ça», assure M. Gauthier, qui a toujours affirmé que le dossier relié à Fred Pellerin concernant le non-renouvellement de l’entente pour la Féerie de Noël de 2018-2019 n’était nullement relié à une question de droits d’auteur.

Balades en carrioles

La Municipalité a déposé au gouvernement du Québec une demande de dérogation concernant l’utilisation des carrioles en vue de la haute saison touristique de 2019. Saint-Élie souhaite avoir une réponse d’ici la fin janvier afin de planifier sa saison estivale.

Saint-Élie aimerait avoir une réponse positive quant à la demande de dérogation. Si jamais le gouvernement refuse, la Municipalité devra se tourner vers d’autres moyens de transport, car elle veut conserver la visite audioguidée. Les balades à pied, à vélo, avec un véhicule électrique ou même avec un vélo-taxi sont des options.

Rencontre entre Fred Pellerin et le maire Gauthier: pas de commentaires

Si le maire de Saint-Élie, Robert Gauthier, refuse de parler publiquement de sa demande effectuée en décembre pour rencontrer Fred Pellerin en début d’année 2019, le son de cloche est le même du côté du conteur. Son agente, Micheline Sarrazin, indique par courriel que Fred, Jeannot Bournival et elle-même ne commenteront pas ce sujet étant donné «la situation fragile et complexe» qui se vit à Saint-Élie.