Le député fédéral de Trois-Rivières, Robert Aubin.

Tour de télécommunications: des échos jusqu’à Ottawa

Trois-Rivières — La possible implantation d’une tour de télécommunications de la compagnie Rogers Communication sur un terrain boisé de la rue Notre-Dame-Ouest, à l’extrémité est de Pointe-du-Lac, a eu des échos jusqu’à Ottawa mercredi. Le député de Trois-Rivières, Robert Aubin, a directement interpellé le premier ministre Justin Trudeau sur cette question, lui qui a assuré que le développement devait se faire «dans le respect des citoyens».

Rappelons qu’un projet d’implantation d’une tour au 7832 de la rue Notre-Dame-Ouest a soulevé des inquiétudes dans la population environnante, alors que les citoyens des quartiers avoisinants estiment que l’emplacement est beaucoup trop près de résidences pour cette tour qui serait d’une hauteur de 250 pieds. Le député Aubin s’est d’ailleurs lui-même rendu sur ce terrain avec des citoyens du secteur, et dit avoir constaté à quel point l’emplacement est mal choisi en fonction de la proximité des résidences. Mardi soir, le conseil municipal a signifié par résolution qu’il ne donnerait pas son appui à ce projet, en raison de la non-acceptabilité sociale.

Toutefois, puisque les entreprises de télécommunications relèvent du palier fédéral, Rogers Communication pourrait tout de même choisir d’implanter la tour à cet endroit, pourvu qu’un processus de consultation par écrit ait été tenu auprès des citoyens avoisinants, ce qui a été fait.

Mercredi, Robert Aubin a donc posé une question en Chambre afin d’interpeller le premier ministre sur le sujet. «Comment est-ce possible qu’en 2018, le premier ministre puisse laisser une entreprise de télécommunications s’imposer malgré le refus d’une municipalité et de ses citoyens», a-t-il demandé.

La réponse de Justin Trudeau a laissé entrevoir que le projet de Rogers Communication ne passerait pas nécessairement comme une lettre à la poste pour le fédéral. «Nous comprenons à quel point l’accès à des données et à Internet haute vitesse à travers le pays est très important pour la croissance économique, pour la capacité de nos citoyens à participer pleinement à des emplois et à la création d’emplois dans l’avenir. Nous attendons par contre que toutes les entreprises privées qui sont chargées soient en train de le faire de façon respectueuse envers leurs citoyens. Nous allons faire un suivi sur cette question», a indiqué M. Trudeau.

Quelques minutes plus tard, le député de Trois-Rivières a reçu un appel du ministre du Développement économique Navdeep Singh Bains qui souhaitait obtenir plus de précisions sur le sujet. «Il m’a promis de me revenir sur le dossier d’ici quelques jours. On verra ce que ça va donner, mais pour une fois, nous n’avons pas reçu une réponse vide et il y a un suivi qui se fait. Les citoyens de Trois-Rivières peuvent être assurés qu’ils ont été entendus à Ottawa», constate Robert Aubin.

Selon lui, il serait impensable que la compagnie s’implante à cet endroit, d’autant plus que des solutions alternatives ont été proposées par la Ville et les citoyens. «Nous ne sommes pas en train de dire qu’il ne doit pas y avoir de tour. Ce qu’on dit, c’est qu’elle n’est pas au bon endroit. Maintenant, avec des emplacements alternatifs qui ont été proposés et qui seraient plus acceptables, je vois mal comment le gouvernement pourrait cautionner que Rogers décide d’aller à l’encontre de la volonté d’une Ville et de ses citoyens», signale Robert Aubin.

Appelée à réagir à cette intervention du premier ministre Trudeau, la compagnie Rogers Communication a assuré que le processus décisionnel se faisait en tenant compte des commentaires des résidents. «Le processus de consultation est en cours et nous travaillons en étroite collaboration avec la Municipalité et les citoyens de Trois-Rivières pour discuter de la tour potentielle, obtenir leurs commentaires et connaître leurs préoccupations. Lorsque nous planifions de nouveaux sites, nous écoutons toujours les résidents locaux tout au long du processus afin de déterminer la meilleure façon de fournir un service sans fil indispensable aux communautés», a expliqué par courriel la chef des affaires publiques au Québec pour Rogers Communication, Caroline Phémius.