Tommy Gagnon est le président du complexe Atlantide de Saint-Calixte.

Tommy Gagnon et les mandats contre le Zoo de Saint-Édouard: «Ce n’est pas l’heure juste»

TROIS-RIVIÈRES — «Je ne dis pas que c’est tout noir ou tout blanc. Mais ce n’est pas l’heure juste. C’est un peu exagéré.»

Tommy Gagnon, président du complexe Atlantide de Saint-Calixte, estime que la SPCA de Montréal manque de transparence dans la façon de rapporter ses commentaires dans le mandat général qui a été octroyé à l’organisme pour son enquête concernant le Zoo de Saint-Édouard. Il a été surpris de lire dans l’édition de mardi du Nouvelliste que, selon le mandat général de la SPCA de Montréal, il a été déçu de l’état des lieux et qu’il aurait renoncé à acheter des animaux de l’établissement en raison de leur état, à l’exception de quelques-uns.

«Je n’ai jamais acheté de lémurs, de kangourous ou de léopard. Ils auraient dû vérifier avec moi avant d’écrire ça dans le mandat. J’ai donné à la SPCA la liste des animaux que j’ai achetés. Ils disent que j’ai acheté un paquet d’animaux. De voir mon nom sortir comme ça, je trouve ça ordinaire parce que les informations ne sont pas toutes exactes. Et je suis allé une seule fois au zoo pour regarder afin de l’acheter, mais je n’ai jamais dit que la place était pitoyable. Pour l’achat, j’ai reculé, car il y a beaucoup d’infrastructure à mettre. Ils changent les termes de la phrase pour dire que je suis contre M. Trahan (Normand, le propriétaire du Zoo de Saint-Édouard). Mais ce n’est pas mon opinion.»

M. Gagnon confirme avoir acheté de Normand Trahan deux cerfs blancs, deux agoutis, un watusi, une jeune lionne et un dromadaire. La transaction a eu lieu au cours de l’hiver 2019. L’homme d’affaires affirme que la SPCA de Montréal a vérifié ces animaux.

«La SCPA a passé plus de temps avec le dromadaire. Il était dehors tout l’hiver, il a été mangé par les corneilles (le document affirme entre autres qu’il a des plaies aux oreilles et un écoulement purulent à un œil), mais il prend du mieux. La SPCA dit que le watusi est malade (dans la dénonciation, il est écrit que le watusi a le ventre particulièrement gonflé et il semble maintenir appui sur les parois des murs de son enclos). Je l’ai fait vérifier par mon vétérinaire qui dit qu’il est en pleine forme.»

Selon le mandat, une lionne est arrivée à Saint-Calixte avec un gabarit plus petit qu’une lionne du même âge, alors qu’un cerf blanc est décédé quelques jours après son transfert entre Saint-Édouard et l’entreprise de M. Gagnon. D’après le document, le vétérinaire qui a examiné la bête aurait conclu qu’elle serait morte à cause de la négligence.

«Oui, les deux cerfs blancs étaient plus maigres pour passer l’hiver. Mais on ne peut pas dire que c’est une négligence. Je ne vois pas ce qu’il (Normand Trahan) leur donne comme nourriture. Ce sont deux jeunes cerfs. Dans un troupeau, ce sont les plus vieux qui mangent en premier. Pour Nala (la lionne), il était écrit dans le mandat qu’elle est plus petite. Ça, c’est vrai. Je sais qu’il la nourrissait avec des demi-poulets. On a augmenté un peu la nutrition et elle a pris du poids. Elle va super bien. Il y avait quelque chose à faire avec. Ce n’était pas la fin du monde.»

M. Gagnon dit comprendre le point de vue de la SPCA de Montréal dans sa volonté de prendre soin des animaux. Il s’interroge toutefois sur les façons de faire.

«Je ne dis pas que tout est blanc du bord de M. Trahan. Mais la SPCA aurait pu trouver des solutions avec la Faune. Selon mon opinion, pour leur bien-être, les animaux n’auraient pas dû bouger de là. Pourquoi on ne peut pas améliorer leur qualité de vie au même endroit? J’aurais été ouvert à donner mon aide au lieu de fermer une place comme ça. La SPCA doit avoir ses raisons pour faire une intervention. Il faudrait penser aux animaux au lieu de défoncer la place comme dans une descente de drogue.»

Selon Me Michel Lebrun, la réaction du président du complexe Atlantide va dans le même sens que les craintes entretenues à l’égard de la SPCA de Montréal.

«Ce qu’on essaie de prôner est une vision juste de ce qui se passe, pas une vision militante. Ça confirme un peu nos appréhensions», raconte l’avocat de Normand Trahan.

Tommy Gagnon devait ramasser quelques bêtes faisant partie de la transaction lui ayant permis d’acquérir entre autres une lionne et deux cerfs blancs. Lorsqu’il s’est récemment présenté au zoo pour les récupérer, celles-ci faisaient toutefois partie des animaux saisis à la suite de la perquisition de la SPCA de Montréal. Il renonce à faire appel à un avocat, comme la SPCA lui aurait dit de faire, pour faire valoir son point de vue.

La SPCA de Montréal affirme ne pas pouvoir commenter le dossier du Zoo de Saint-Édouard.