Hélène Murdock, citoyenne intéressée par la culture autochtone et Gabrielle Vachon-Laurent, animatrice générale et au soutien à l’apprentissage du Centre d’amitié autochtone de Trois-Rivières, lors de la journée portes ouvertes de l’organisme, mercredi dernier.

Tisser des capteurs de rêves et des liens

Trois-Rivières — «On sent vraiment l’intérêt des gens pour la culture autochtone», déclare Gabrielle Vachon-Laurent, en marge de la journée portes ouvertes tenue au Centre d’amitié autochtone (CAA) de Trois-Rivières, mercredi. L’animatrice générale et au soutien à l’apprentissage se réjouit du succès de l’événement alors que quelques dizaines de personnes s’initient à l’artisanat autochtone et discutent au hasard des conversations ou autour d’un burger atikamekw, dans le local de l’organisme, situé sur la rue Saint-Maurice.

Présent depuis environ cinq ans à Trois-Rivières, le Centre d’amitié autochtone (CAA) relevait jusqu’à vendredi dernier du CAA de La Tuque. Or, les structures viennent d’être revues et le point de service de Trois-Rivières volera désormais de ses propres ailes, indique Mme Vachon-Laurent. Une décision qui se justifie par l’ajout récent de nouvelles ressources à Trois-Rivières, fait-elle valoir.

Si la mission du CAA est multiple et qu’elle inclut le maillage entre les communautés autochtones et non autochtones, elle s’adresse d’abord et avant tout aux autochtones de Trois-Rivières, explique Gabrielle Vachon-Laurent, elle-même innue. Ils seraient près de 1800 autochtones sur le territoire de la Ville, selon les dernières données de Statistique Canada.

Le CAA agit d’abord comme ressource d’accueil pour les autochtones qui arrivent à Trois-Rivières, relate l’animatrice générale. Elle soutient que la barrière de la langue est le premier obstacle auquel sont confrontés ceux qui débarquent à Trois-Rivières. Des services de traductions sont ainsi offerts et les gens sont accueillis par des intervenants qui s’expriment en langue atikamekw ou innue, deux langues que maîtrise incidemment Mme Vachon-Laurent.

Des conseils juridiques, de l’accompagnement dans des démarches administratives ou de recherche de logement, des activités à caractère plus social ou familial, voire parfois des cérémonies, sont aussi au menu des activités et des services offerts par le CAA de Trois-Rivières.

«Même si les gens se retrouvent en milieu urbain, c’est important qu’ils puissent toujours être autochtones», souligne Gabrielle Vachon-Laurent. Bien que les portes soient ouvertes aux non autochtones lors des activités sociales, il arrive à l’occasion que l’on réserve l’accès aux seuls autochtones, par souci de respect de l’intimité, relate par ailleurs l’animatrice générale. C’est notamment le cas lors de certaines cérémonies, explique-t-elle.

Le va-et-vient était donc constant dans le local de la rue Saint-Maurice à l’occasion de la journée portes ouvertes. On s’adonnait notamment à la confection de capteurs de rêves. Hélène Murdock, une Trifluvienne d’adoption qui fréquente occasionnellement le CAA depuis quelques mois, exhibait d’ailleurs fièrement un de ces objets symboliques de la culture autochtone qu’elle venait de fabriquer. «J’ai aussi commencé à perler, mais ce n’est pas facile», confie-t-elle.

Celle qui a commencé à visiter le CAA par intérêt pour l’artisanat autochtone affirme que l’on connaît très peu la réalité autochtone. Pour elle, il s’agit aussi de tisser des liens avec la «branche qui nous manque», image-t-elle. Originaire du Saguenay, celle qui dit compter une autochtone parmi ses ancêtres apprécie le contact avec une culture qu’elle découvre. «Ils sont très ricaneux, ça fait que j’aime ça», se réjouit-elle.

La Démarche des premiers quartiers, qui soutenait financièrement la journée portes ouvertes du CAA, organise parallèlement deux autres événements sous la thématique Premières Nations, l’information pour l’inclusion.