À l’avant, la professeure Shari Forbes en compagnie, de gauche à droite, de Daniel McMahon, recteur de l’UQTR, du ministre fédéral de l’Immigration, Ahmed Hussen et du ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne.

Thanatologie criminalistique à l’UQTR: accueillie les bras ouverts

TROIS-RIVIÈRES — L’Université du Québec à Trois-Rivières a embauché beaucoup de professeurs, au cours des dernières années, mais jamais cela n’avait donné lieu à un déploiement tel que celui qui a encadré l’arrivée de Shari Forbes, vendredi.

Des policiers de la Sûreté du Québec et de la Sécurité publique de Trois-Rivières, de même que deux ministres fédéraux, François-Philippe Champagne et Ahmed Hussen, le ministre de l’Immigration, sans oublier le recteur, Daniel McMahon, étaient présents au point de presse annonçant l’arrivée de la nouvelle recrue.

Il faut dire que cette chercheuse d’origine australienne en criminalistique est une très grosse pointure dans son domaine. Elle arrive à l’UQTR précédée d’une réputation internationale et accompagnée d’une Chaire de recherche Canada 150. Seulement 25 de ces chaires ont été attribuées au Canada et uniquement quatre au Québec.

On comprend pourquoi les corps policiers s’intéressent à elle. «Ma recherche porte sur la thanatologie criminalistique soit l’étude de la mort et des processus suivant la mort qui surviennent dans le corps. Ma recherche se concentrera sur l’amélioration des méthodes permettant de rechercher, récupérer et identifier les restes de victimes. Elle a pour but de venir en aide aux policiers locaux, provinciaux et fédéraux durant leurs enquêtes», dit-elle.

Ce sont les processus de décomposition des corps qui captivent tout particulièrement cette chercheuse. Un des volets de sa recherche a également pour but d’améliorer l’entraînement des chiens détecteurs de cadavres et leur efficacité. Ils sont ce qu’il y a de plus rapide pour trouver les restes humains, dit-elle, «et pourtant, nous ne comprenons pas comment ils arrivent à détecter ces odeurs. Certains de mes travaux me permettent de travailler directement avec les unités policières de maîtres-chiens.»

Shari Forbes a décroché une Chaire de recherche Canada 150 parce qu’elle réalisera à Trois-Rivières, on le sait déjà, la première installation de décomposition humaine en pays nordique, un projet qu’elle a déjà concrétisé en milieu chaud, en Australie. Le tout sera rendu possible grâce au programme de don de corps du département d’anatomie de l’UQTR. «Je crois qu’il n’existe aucun endroit ailleurs au Canada où sont regroupés des programmes d’anatomie et de criminalistique en mesure de réaliser cela», dit-elle.

C’est d’ailleurs ce projet très prometteur pour la résolution d’enquêtes qui a incité Shari Forbes à tronquer le climat de l’Australie pour les hivers rigoureux du Québec. La scientifique, qui est déjà installée depuis quelques mois à Trois-Rivières, est au courant, d’ailleurs, des quelques dossiers criminels qui ont fait la manchette au cours des derniers mois, dans la région. «J’espère que notre recherche finira par aider à résoudre de telles situations», dit-elle. Mme Forbes s’intéresse également à l’établissement de l’heure de la mort avec précision, ce qui n’est pas acquis par la thanatologie criminalistique en ce moment. «Je vais sans doute passer le reste de ma carrière à essayer de résoudre ce problème», dit-elle. Le recteur McMahon a tenu à souligner l’initiative des professeurs Frank Crispino et Gilles Bronchti grâce auxquels Mme Forbes va désormais oeuvrer à l’UQTR.

Le recteur estime que l’arrivée de cette scientifique de calibre à l’UQTR, va permettre d’attirer de nouveaux post-doctorants de même que des étudiants de deuxième et troisième cycles «qui vont venir ici pour cette expertise-là. C’est en même temps la reconnaissance de l’excellence du programme de criminalistique et du programme d’anatomie puisqu’on est à la jonction de ces deux domaines-là. L’excellence appelle l’excellence. C’est certain que ce que l’on vise, évidemment, c’est d’avoir de plus en plus d’étudiants, mais pour avoir plus d’étudiants, il faut avoir de la recherche de grande qualité», plaide le recteur.

La Chaire de recherche Canada 150 en thanatologie représente un financement de 350 000 $ par année pendant 7 ans.