Le TGF aurait un impact positif sur le nombre de touristes qui visitent Trois-Rivières, selon Daniel Rioux, coordonnateur tourisme à IDE Trois-Rivières.

TGF: un bon coup pour le tourisme

TROIS-RIVIÈRES — Les touristes qui souhaitent visiter Trois-Rivières doivent présentement s’y rendre en voiture, ou encore en autobus, sans jamais savoir ce que leur réserve le trafic des autoroutes 20 et 40. Qu’arriverait-il au domaine du tourisme à Trois-Rivières si les visiteurs pouvaient faire le trajet à partir de Montréal et de Québec en seulement 50 minutes à bord d’un train à grande fréquence?

Le Nouvelliste s’est penché sur la question de l’impact qu’aurait un train à grande fréquence dans la région, advenant la concrétisation du projet. Le retour d’un TGF aurait-il des impacts sur le tourisme? Pourrait-il régler, en partie, la problématique de rareté de main-d’œuvre? Le coût de la vie augmenterait-il de façon importante en région advenant sa construction? Le dossier sur le train à grande fréquence tente de répondre aux questionnements qui entourent le sujet.

«Plus c’est facilement accessible, plus il y a de chances d’être visité, ça c’est clair», indique Daniel Rioux, coordonnateur tourisme à Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières.

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Ce dernier affirme sans hésitation que Trois-Rivières verrait des retombées au niveau du tourisme si le projet de TGF venait à se réaliser. «L’évolution des infrastructures de transport, ça structure le comportement des touristes», explique M. Rioux. «Le touriste, il a l’idée d’aller quelque part, mais la deuxième affaire qu’il fait, c’est [de regarder] comment il va faire pour y aller, et s’il n’est pas capable d’y aller, il n’ira pas.»

Les derniers plans de VIA Rail pour le projet du TGF entre Québec et Toronto prévoient 18 aller-retour par jour entre Montréal et Québec, passant par Trois-Rivières. La durée estimée pour se rendre dans les deux plus grandes villes de la province à partir de Trois-Rivières est de 50 minutes. Daniel Rioux voit déjà l’opportunité d’attirer davantage de touristes qui atterrissent à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau et qui ne souhaitent pas nécessairement louer de voiture pour visiter le Québec.

«Le touriste étranger qui vient ici, souvent, n’a pas de voiture, alors lui, il regarde les transports et le réseau de transport va moduler ses déplacements», indique M. Rioux, qui mentionne que 20 % des personnes qui se rendent au bureau d’information touristique de Trois-Rivières proviennent de l’extérieur du Québec.

Attirer différents types de touristes

La construction d’un TGF à Trois-Rivières pourrait faciliter le développement de différents types de tourisme dans la région, soit le tourisme d’affaires, sportif et religieux. C’est du moins ce que croient Daniel Rioux ainsi que Marco Champagne, président ex-officio de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières.

Daniel Rioux, coordonnateur tourisme à IDÉ Trois-Rivières.

Pour ce qui est du tourisme d’affaires, M. Champagne mentionne que des entreprises qui ont des succursales dans les régions de Montréal et de Québec pourraient organiser des congrès à Trois-Rivières, point central entre la métropole et la capitale. Il affirme que le Centre d’événements et de congrès interactifs (CECI) de Trois-Rivières, qui peut accueillir 4 000 personnes, pourrait devenir un endroit de prédilection pour ces entreprises.

Même son de cloche du côté de M. Rioux, qui souligne que de plus en plus d’entreprises souhaitent désormais organiser des événements verts. «Les gens aimeraient ça venir faire des congrès qui laissent le moins d’empreintes possible sur l’environnement», dit-il.

Les amateurs de sports pourraient également être davantage tentés de visiter Trois-Rivières advenant la venue d’un TGF. M. Champagne indique que les Aigles de Trois-Rivières ou encore le Grand Prix pourraient attirer des spectateurs des régions de Montréal ou de Québec. «Ça peut être intéressant pour quelqu’un de faire 50 minutes de train, de vivre l’événement, puis repartir ensuite», dit-il.

Marco Champagne et Daniel Rioux sont d’avis qu’un TGF pourrait également permettre au potentiel du tourisme religieux en région d’être exploité de plus belle. Ils pensent notamment à l’attrait du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, qui attire chaque année des milliers de visiteurs.

«C’est sûr que c’est une clientèle un peu plus âgée, parfois ils n’ont plus de voiture», note M. Rioux. «Plus ça va être facile le déplacement entre Montréal et Trois-Rivières sans utiliser la voiture, plus ça va ouvrir de nouvelles portes».

Les changements à apporter à Trois-Rivières

La venue d’un TGF à Trois-Rivières devrait entraîner quelques changements au sein de la ville, selon Daniel Rioux. Par exemple, les transports en commun devraient être en mesure de desservir d’une manière efficace la gare de train.

«Il faut que ce soit un tout, il ne faut pas que ce soit compliqué pour les gens», explique M. Rioux. «Il faudrait qu’ils comprennent déjà que quand ils arrivent à la gare de Trois-Rivières, il y a un autre réseau qui peut les amener ailleurs, comme au centre-ville».

Ce dernier considère aussi que Trois-Rivières devrait voir son offre en hébergement augmenter advenant la construction d’un TGF. «Il risque d’y avoir plus d’hôtels, plus de chambres d’hôtel qui seront dédiées à ça», dit-il.

M. Rioux conclut toutefois que le projet de train, s’il se concrétise, ne constitue «que de bonnes nouvelles», et que ces changements pourraient s’effectuer sans problème. «Ça ne sera pas fait avant des années, on a le temps d’y penser», note-t-il.