Justin Trudeau était à Trois-Rivières jeudi matin.

TGF: Trudeau refuse de se mouiller

Alors qu’il met en garde les Québécois contre le risque d’élire un gouvernement conservateur qui prône l’austérité, Justin Trudeau refuse de s’engager fermement à réaliser le projet de train à grande fréquence durant un prochain mandat libéral.

Le chef des troupes libérales s’est arrêté jeudi à Trois-Rivières pour la deuxième fois depuis le déclenchement des élections afin d’appuyer sa candidate, Valérie Renaud-Martin, engagée dans une lutte à trois pour ravir la circonscription de Trois-Rivières. Rappelant qu’un prochain gouvernement libéral va baisser les impôts de la classe moyenne, ce qui représenterait environ 600 $ par année pour une famille, M. Trudeau est revenu sur le cadre financier du Parti conservateur qui prévoit des réductions budgétaires. Selon le chef libéral, cette orientation peut représenter un risque pour la concrétisation du TGF ou le développement de l’aéroport.

«On ne sait pas quels projets seront coupés ou annulés complètement. Est-ce que c’est le train à grande fréquence qui sera sacrifié? Est-ce que le financement qu’on a accordé au mois d’août pour l’aéroport de Trois-Rivières sera coupé? La Ville de Trois-Rivières nous a dit qu’elle voulait plus de soutien de la part du gouvernement. Je ne vois pas comment Andrew Scheer va accommoder cette demande puisque sa priorité est de couper.»

Questionné à savoir s’il prenait un engagement ferme de réaliser les projets de TGF et de développement de l’aéroport dans un prochain mandat, M. Trudeau est revenu sur les investissements déjà annoncés durant son premier mandat à la tête du pays sans toutefois y aller d’une réponse claire et nette.

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«On a annoncé des investissements pour l’aéroport cet été, on va continuer de travailler pour aider le développement économique à Trois-Rivières. Le train à grande fréquence, on a insisté qu’il allait se rendre à Québec en passant par Trois-Rivières. C’était essentiel. C’est pour ça que le gouvernement, par la banque d’infrastructures, a investi 71 millions de dollars pour avancer le projet.»

Valérie Renaud-Martin se dit honorée de recevoir son chef à deux reprises durant cette campagne, voyant en cette visite une belle source d’énergie pour terminer le marathon politique. Selon elle, la réponse de M. Trudeau concernant le TGF est un engagement de sa part.

«J’en ai discuté avec M. Trudeau et M. Champagne (François-Philippe, député de Saint-Maurice-Champlain). C’est prioritaire pour l’ensemble de l’équipe. C’est un projet de plusieurs milliards de dollars. C’est important de bien faire les choses, de façon responsable», raconte Mme Renaud-Martin, selon laquelle l’équipe libérale va essayer de réaliser ce projet le plus rapidement possible.

Le ministre Champagne, présent lors de la visite de Justin Trudeau à Trois-Rivières, considère que cet investissement de 71 millions de dollars dans l’examen plus approfondi du projet est un signe que ledit projet est sur la voie bonne voie. «On est en mode réalisation. On a des experts qui travaillent. Le message est que le train est sorti de la gare et le premier ministre le sait», soutient le député de Saint-Maurice-Champlain.

À l’instar de son chef, François-Philippe Champagne souligne l’importance pour une région d’être représentée par des députés au pouvoir. «Pour décider, il faut être au gouvernement. Les gens comprennent que si on veut être dans l’action, ça prend un chef progressiste et c’est M. Trudeau.»

Des médias européens à Trois-Rivières

La campagne électorale fédérale occupe beaucoup la sphère médiatique nationale, mais attire aussi l’attention de médias européens. En visite jeudi à Trois-Rivières, Justin Trudeau a répondu à des questions posées par des représentantes de Paris Match et de la BBC, Pauline Lallement et Lyse Doucet. Mme Doucet est native de Bathurst au Nouveau-Brunswick.