Jean-François Saint-Onge, professeur au Cégep de Trois-Rivières et citoyen engagé, a récemment mis en ligne une pétition réclamant la réalisation du projet de TGF

TGF: «C’est aux citoyens de se lever maintenant»

Trois-Rivières — L’absence de mesures concrètes au budget fédéral permettant de croire en la réalisation prochaine du projet de train à grande fréquence dans le corridor Québec-Windsor ravive les ardeurs de ceux qui estiment ce projet essentiel. Jean-François Saint-Onge, professeur au Cégep de Trois-Rivières et citoyen engagé, a récemment mis en ligne une pétition réclamant la réalisation du projet de TGF. Un projet qui devra désormais sortir des sphères politiques et économiques et qui devra être réclamé par les citoyens eux-mêmes, clame-t-il.

En ligne sur le site internet Change.org, la pétition «Trifluviens.nes pour le TGF Québec-Windsor» comptait mercredi soir plus de 140 signatures. Étant donné la portée environnementale du projet et son importance pour le développement économique et touristique, M. Sant-Onge espère pouvoir amasser des milliers de signatures de gens qui, comme lui, croient au potentiel du projet et souhaitent qu’on le voie au-delà d’un enjeu politique.

«Je n’ai pas voulu m’associer à aucun parti, à aucun candidat parce que je veux que le gouvernement comprenne que c’est un mouvement citoyen. Je crois que c’est une distinction importante à faire, et qui pourrait avoir un certain poids en fin de compte. C’est aux citoyens de se lever maintenant», explique celui qui a d’abord été motivé par les manifestations tenues vendredi dernier partout sur la planète pour le climat, mais qui croit que le contenu du budget fédéral n’est qu’une raison de plus pour manifester son intérêt à voir le TGF se réaliser.

Selon M. Saint-Onge, le projet de TGF répond à de nombreux besoins actuellement. L’enjeu environnemental est évidemment au cœur de ces besoins, avec la nécessité de voir le nombre de voitures individuelles diminuer sur nos routes, insiste-t-il. Par ailleurs, il note la facilité de l’accès aux longues distances tant pour les gens de la région qui veulent se rendre dans les grands centres que pour les gens de l’extérieur souhaitant venir profiter des attraits trifluviens, nommant au passage le Centre d’événements et de congrès interactif (CECI), de même que l’Amphithéâtre Cogeco. Finalement, l’enjeu économique, tant pour le développement de la Ville que pour l’exploitation du potentiel d’utilisation de l’entreprise Via Rail, présentement en déficit d’exploitation, ajoute M. Saint-Onge.

«Il faut faire nos devoirs en tant que citoyens, car ce projet est vraiment important pour la région et s’inscrit directement dans la perception du transport de la nouvelle génération, et on ne doit pas le laisser passer», mentionne celui qui compte déposer cette pétition au député fédéral et ministre François-Philippe Champagne au terme de l’exercice.

Candidats

De leur côté, les trois candidats à la mairie de Trois-Rivières ont unanimement fait part de leur déception face à l’absence de mesures pour la réalisation du TGF.

L’initiative de M. Saint-Onge, toutefois, pourrait bien trouver écho chez les candidats, puisque deux d’entre eux s’entendent sur un point: la réalisation du TGF passera désormais par la mobilisation citoyenne.

C’est du moins l’avis de Jean-François Aubin et Éric Lord.

«Est-ce que c’est encore dans les cartons du gouvernement? Il faudra certainement poser la question aux députés. Mais ce qui est sûr, c’est que les élus et les chambres de commerce ont pris position, et ce sera maintenant aux citoyens à dire qu’ils le veulent. Quand on a voulu construire le pont Laviolette, il y a eu un grand mouvement social pour le réclamer. Cette fois aussi, il faut que le gouvernement voie et sente que ce projet est souhaité de la population», croit Jean-François Aubin.

«Ce qu’il faut, c’est créer un momentum pour que ça se réalise et à mon avis, ça passe surtout par les citoyens. Il va falloir que les gens s’expriment là-dessus pour faire avancer les choses et qu’on ait une décision favorable», soutient pour sa part Éric Lord, qui ajoute avoir l’intention de poursuivre la mobilisation déjà entamée avec l’Union des municipalités du Québec.

De son côté, le candidat Jean Lamarche indique que le projet pourrait notamment être une solution aux défis de recrutement de la main-d’œuvre. Se questionnant à savoir si les libéraux n’en feront pas un enjeu électoral cet automne, il refuse de voir le projet comme étant mort.

«J’ai l’intention de contacter le député François-Philippe Champagne pour comprendre ce qui s’est passé. Mais assurément, il faudra continuer de faire des représentations et travailler à faire débloquer ce projet. En ce sens, oui la Ville de Trois-Rivières peut intervenir», souligne M. Lamarche.