Jessica Côté

Valoriser les jeunes par l'art

Jessica Côté a étudié en enseignement secondaire de l'histoire et de l'économie. Au fil de sa carrière à l'école secondaire Le Tremplin, elle a enseigné pratiquement toutes les matières sauf l'anglais, le français et l'éducation physique. Pourtant, c'est pour son implication dans le volet culturel de son école, et aussi à l'échelle régionale à travers Secondaire en spectacle, qu'elle se démarque.
Après avoir côtoyé l'enseignante et discuté avec elle, on se doute du malaise qu'elle éprouvera devant l'affirmation qu'elle «se démarque». Pour elle, il découle de sa tâche de s'occuper de Secondaire en spectacle dans son école, d'encadrer les jurys de presque toutes les finales régionales de la Mauricie, de se charger du volet animation de la finale régionale et de s'impliquer dans le Rendez-vous panquébécois, tout en étant vice-présidente de la Corporation Secondaire en spectacle. Et tout cela depuis plus de 15 ans.
Cette année, Mme Côté enseigne l'histoire et l'art dramatique sur plusieurs niveaux, en plus d'être responsable de premier cycle en assistance à la direction. Elle anime des projets de théâtre parascolaire et coordonne les ateliers artistiques offerts dans le cadre du projet Midis culturels. Elle figure au comité de l'auditorium, qui gère l'entente avec la MRC des Chenaux pour l'utilisation de l'auditorium Denis-Dupont, et siège au conseil d'établissement de son école. Elle s'occupe également du Fonds du coeur, qui vient en aide aux élèves moins fortunés.
«Pour moi, c'est tellement ça, un prof! Tout part de ma tâche», insiste-t-elle quand on s'étonne devant la liste de ses implications hors des murs de sa classe.
C'est lorsqu'on dévie les projecteurs de sur elle pour les diriger vers Secondaire en spectacle que Jessica Côté semble plus à l'aise. Dès son arrivée à l'école de Sainte-Geneviève-de-Batiscan, tout juste sortie de l'université, elle a accepté de prendre en charge l'organisation du concours qui permet aux jeunes de faire valoir leurs talents artistiques dans leur milieu, voire jusqu'au plan provincial. Elle a rapidement présidé le conseil d'administration de la Corporation Secondaire en spectacle, soit l'organisation provinciale du concours, et y assure maintenant la vice-présidence.
L'enjeu du soutien financier gouvernemental a fragilisé l'organisme ces dernières années, jusqu'à remettre en question la survie de Secondaire en spectacle, actif en Mauricie depuis 2000. 
«Le plus gros défi est la reconnaissance du programme au niveau politique. Il faut encore se battre. Secondaire en spectacle, c'est 10 000 jeunes qui participent dans plus de 250 écoles au Québec. Quand on arrive au Rendez-vous panquébécois, qui est à Sorel cette année, il y a 1000 jeunes qui sont là, ensemble, pendant quatre jours. C'est le plus grand rassemblement culturel jeunesse, et on a encore de la difficulté à le faire reconnaître», se désole-t-elle.
Les dividendes de la participation pour les adolescents vont au-delà de la seule performance artistique. «Secondaire en spectacle a deux missions: offrir la scène aux jeunes et valoriser la langue française. Ce que ça rapporte aux jeunes, ce n'est pas que ça. C'est de la confiance, c'est de les garder à l'école, c'est de travailler avec toutes sortes de gens qui ne sont pas nécessairement leurs amis, c'est d'être fier, c'est de s'ouvrir sur les autres, sur la culture», énumère Jessica Côté.
En Mauricie, les 15 écoles secondaires du territoire tiennent une finale locale de Secondaire en spectacle dans leur école. Deux lauréats et un coup de coeur sont désignés par un jury pour représenter leur établissement à la finale régionale soit en chant, en musique, en danse ou en théâtre, dans les catégories interprétation ou auteur-compositeur-interprète. Un Rendez-vous panquébécois, dépourvu de tout aspect compétitif, présente les gagnants de chaque finale régionale et leur propose des ateliers artistiques, des visites culturelles et des activités sociales. «Il n'y a que du bon dans Secondaire en spectacle!», conclut Jessica Côté, qui aime les jeunes qu'elle côtoie et les trouve «tellement fins, passionnés et talentueux».