Valérie Therrien: à la défense du tourisme et de la culture

TROIS-RIVIÈRES — Lorsqu’elle voyage dans le monde durant ses vacances, Valérie Therrien ne manque jamais de visiter les musées et les marchés publics. La dynamique directrice du Musée POP est constamment à l’affût d’idées nouvelles qui pourraient plaire ici.

Détentrice d’un MBA, notre Tête d’affiche a aussi fait des études en tourisme et hôtellerie. La culture l’allume. «C’est le bonheur que ça procure, la joie», explique-t-elle. C’est un moyen «de faire plaisir aux gens. Les gens qui viennent nous voir, c’est parce qu’ils en ont envie», dit-elle. Le musée est un endroit «où l’on peut apprendre des choses en s’amusant.»

«Il y a tellement de possibilités de partenariats, d’associations, de sujets à traiter. C’est très vaste, la culture et le tourisme et c’est cette diversité-là qui m’attire beaucoup», poursuit-elle.

À la barre du Musée POP depuis 2016, Valérie Therrien a tout de suite imprimé sa vision de ce que devrait être un musée de société accessible. Cette vision consiste principalement à mettre en valeur les arts et traditions d’ici tout en aidant le grand public à s’en approprier. Cette démocratisation a fait en sorte, pour la première fois cette année, que les préaux du Musée POP accueillent un marché public de produits frais locaux. L’expérience pilote a commencé en juin 2019. «Je voulais rendre le musée pertinent dans sa communauté. Je trouvais qu’il manquait de liens avec les Trifluviens. Je ne dis pas que le sentiment d’appartenance est gagné, mais on travaille là-dessus. C’est une des visions que je veux mettre en place dans les prochaines années, de continuer à s’enraciner dans le milieu», soutient-elle.

«L’agriculture, le terroir, c’est très ancré dans notre mission, plaide-t-elle. C’est une belle vitrine pour la culture québécoise d’avoir un marché public ici.»

«La communauté locale ne vient pas nécessairement chercher une expérience muséale lorsqu’elle vient au Marché public, mais c’est un milieu de vie. On est dans un espace propice à ça, au centre-ville et la culture du Québec est ancrée en nous», fait-elle valoir. Pas moins de 1500 visiteurs se sont présentés, la première fois et environ 1000 personnes s’y rendent depuis chaque jeudi.

Mme Therrien qualifie les membres de son conseil d’administration de très ouverts. «Ce sont des entrepreneurs. Ils comprennent bien cette vision-là et ils comprennent aussi le risque. On apprend de tout ça. Ça nous fait grandir.»

Ailleurs dans le monde, les musées qu’elle a visités «sont très bien ancrés dans leur communauté. Il y a toujours des gens sous les préaux, sur l’esplanade, qui font des pique-niques, du skateboard, des gens qui vendent des petits trucs», raconte-t-elle. C’est ce genre de lien qu’elle souhaite créer. «On a un gros bâtiment bétonné, il faut en faire un espace agréable.»

L’autre mission que se donne Valérie Therrien, c’est aussi de tisser des liens avec les organisations du milieu. Elle est notamment membre du comité exploratoire de l’implantation de la G5 en culture au Québec piloté par le Musée des Beaux-arts de Montréal et le programme ENCQOR.

Vice-présidente du conseil d’administration de Tourisme Mauricie, elle est également administratrice au CA de la Société des attractions touristiques du Québec/Festivals et événements Québec. Il ne s’agit là que de quelques-unes de ses implications.

Valérie Therrien aimerait que les secteurs de la culture et du tourisme «soient davantage reconnus au niveau du plan économique de nos gouvernements, des nos instances municipales», dit-elle. «L’apport de la culture et du tourisme est extrêmement grand dans le moteur économique d’une région, d’une province, d’un pays. Je voudrais que les gouvernements s’en rendent davantage compte. On est un moteur économique, mais aussi un moteur de proximité parce qu’on est en lien directement avec la population. On est aussi un moteur de bien-être. Je pense que les gouvernements devraient considérer la culture et le tourisme comme aussi importants, au niveau des retombées économiques, que d’autres secteurs. Que la culture représente 1 % du budget de la province, c’est aberrant», estime-t-elle.