Georges Young

Un demi-siècle à améliorer le monde

Georges Young fut un des premiers diplômés en génagogie de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Jamais il n’aurait cru qu’au lendemain de sa remise de diplôme, dans les années 1970, le téléphone sonnerait pour lui offrir un emploi dans son domaine et que s’ouvrirait à lui une carrière qui lui permettrait de contribuer à améliorer le monde.

L’offre venait de Développement et paix dont il deviendra dès lors le directeur régional pendant 23 ans. «Je n’ai jamais couru un emploi. Ils me sont tombés dessus», raconte-t-il.

C’est que dès son adolescence, Georges Young a suivi l’exemple de ses parents et le bénévolat est devenu une seconde nature pour lui. Étudiant au Cégep de Trois-Rivières, il s’implique dans les marches du Rallye Tiers-Monde dont il était d’ailleurs un des initiateurs.

En 1966, 3000 étudiants marchaient dans les rues pour la cause. «On avait amassé 30 000 $», se souvient-il, pour des projets d’aide internationale destinés à l’Afrique et à Haïti.

Catholique pratiquant, il s’était impliqué dans le service pastoral du Cégep où il avait côtoyé un certain prêtre, Martin Veillette, qui deviendra plus tard l’évêque du diocèse de Trois-Rivières.

Georges Young a vite développé un intérêt certain pour les initiatives de solidarité internationale. Son travail l’a incité à voyager dans de nombreux pays et à y séjourner pendant plusieurs semaines, chaque fois, pour étudier les peuples et leurs besoins.

«J’y rencontrais des gens qui voulaient changer le monde et ça m’a aidé à devenir celui que je suis.»

Certes, l’implication de l’organisme qu’il représentait et de toutes les personnes avec qui il a travaillé a porté de nombreux fruits, mais «j’ai vu des choses là-bas qui ont aussi aidé à apporter des changements ici», souligne-t-il. «Les cuisines collectives, par exemple. Peu de gens savent que cette idée vient du Pérou», illustre-t-il.

Ce genre d’initiative, explique M. Young, n’est pas tant alimentaire que sociale, car elle permet aux femmes «de sortir de l’isolement», donc de parler de leurs problèmes et d’aller chercher de l’aide. M. Young, qui a siégé aussi au conseil d’administration du FAR, indique qu’il faut parfois entre 5 et 8 ans avant qu’une femme victime de violence conjugale se décide à aller chercher du secours. «Si elle est isolée, personne ne l’entend», dit-il.

Georges Young fut aussi collaborateur et formateur au Comité Solidarité Trois-Rivières de qui il a reçu, en 2017, le prix Solidarité Brian-Barton. Il a toutefois étendu ses actions au-delà de l’aide internationale.

Il fut en effet le premier coordonnateur de la Corporation de développement communautaire de Trois-Rivières, une fonction qu’il occupera pendant 10 ans. La Corporation «est au service des organismes communautaires de la Ville de Trois-Rivières», dit-il. Il s’agit d’un outil pour aider les organismes «à faire leur travail et à se donner des ressources», explique-t-il. Un des rôles principaux qu’il a joués durant son mandat fut d’aider les travailleurs et travailleuses de ces organismes à se doter d’un régime de retraite et d’une assurance collective. «J’ai aussi donné des formations sur le fonctionnement d’un conseil d’administration», illustre-t-il.

Ce dont il est encore plus fier, c’est d’avoir contribué à la création de la Soirée des Chamberland, un événement annuel visant à honorer les personnes et organismes qui font une différence dans le mouvement communautaire trifluvien.

Après cinq décennies consacrées à la solidarité, Georges Young croit que les gestes de solidarité, tant internationaux que régionaux, ne peuvent avoir de succès que lorsqu’ils sont le fruit d’un travail de groupe. «Tout seul, on ne va pas loin», croit-il, riche de ses expériences.

«La solidarité, il y a des gens qui l’ont définie comme la tendresse entre les peuples. Il y a beaucoup de noblesse dans cette cause-là. Il y a donc beaucoup de fierté qui m’habite face à ces 50 années passées. De façon bien modeste, toute petite, j’ai pu contribuer, avec d’autres femmes et d’autres hommes, à changer le monde et à l’améliorer», se réjouit-il.