Lise Lapointe

Transmettre sa passion du canot

Le canotage en général et la Classique internationale de canots de la Mauricie en particulier étaient déjà une passion pour Lise Lapointe lorsqu'elle a rencontré son mari Pierre.
En 1996, lorsque son époux alors âgé de 55 ans lui a confié que son rêve était de «faire la classique», c'était le début pour Lise Lapointe d'une implication qui se continue encore dans le monde du canotage à Shawinigan.
«À la fin des années 1950, mon père était commanditaire d'une équipe. Je me souviens d'être allée au départ de la classique le samedi. Anne Stillman McCormick était là, lors de ses dernières années à elle. Ça m'a toujours impressionnée. Mon mari aussi était un passionné de la classique et on la suivait ensemble», se souvient la Shawiniganaise qui pratiquait le canotage avec son époux depuis plusieurs années lorsque celui-ci lui a fait part de son rêve de s'inscrire au défi. Mme Lapointe a tôt fait de l'encourager dans la réalisation de son ambition.
«Pour ne pas être une veuve du canot, je me suis dit que j'allais seconder mon conjoint. Je le suivais dans ses entraînements, je le ravitaillais, j'ai appris à connaître tout le monde au canot de cette façon là. Il a complété sa première classique en 1997», dit-elle.
Auparavant, Mme Lapointe avait fait équipe avec son mari dans les compétitions du circuit de l'ACCQ (Association des coureurs en canot du Québec), mais elle jugeait ne pas avoir assez d'entraînement et d'endurance pour faire la classique elle-même.
C'est d'ailleurs au sein du conseil d'administration de l'ACCQ que Mme Lapointe s'est impliquée de façon plus formelle, en 2000. En 2004, comme elle le raconte, elle a «demandé la permission» au conseil d'administration pour mettre sur pied une petite école de canotage.
«Je me suis aperçue que les jeunes qui arrivaient au canot long parcours avec le rêve de faire la classique étaient démunis. Les équipements coûtaient très cher. Ils arrivaient à la classique et s'entraînaient tout l'été tout seuls. C'était vraiment un sport individuel. Il n'y avait pas de mécanisme de partage de connaissances ou d'habiletés», explique-t-elle en parlant de l'école de canotage qu'elle a créée, chapeautée par l'ACCQ.
En 2006, les activités se sont concentrées dans la fondation du Club de canotage de Shawinigan, un organisme à but non lucratif qui regroupe le canoë-kayak de vitesse, le canot long parcours, le rabaska et le bateau dragon. Chaque été, des jeunes de 6 à 17 ans peuvent s'initier à ces sports et se perfectionner. Environ 200 d'entre eux fréquentent le club chaque année sous différentes formules, dont des camps de jour.
«C'est une belle discipline, c'est une des couleurs de la Mauricie. On a la rivière à notre porte, alors pourquoi ne pas donner l'occasion à des jeunes de développer des habiletés? Les jeunes, l'été, quand ils sont sur l'eau, ils sont bien. C'est une belle activité, c'est une richesse pour eux d'apprendre de nouvelles habiletés, d'être avec un groupe de jeunes. Ma récompense c'est de les voir sur l'eau», partage celle qui fut présidente du conseil d'administration du club jusqu'en 2012, puis trésorière jusqu'à novembre 2016. 
En plus de son implication dans le monde du canotage, Lise Lapointe est aussi bénévole à la Société d'histoire et de généalogie de Shawinigan. Elle est particulièrement responsable de la gestion des documents et de la généalogie. Elle est aussi trésorière du Groupe BMS 2000 depuis 2014. Ce projet coopératif met en commun des données de baptêmes, de mariages et de sépultures de 24 sociétés de généalogie.
«Je n'ai pas le temps de terminer mes recherches personnelles, parce que je suis impliquée dans différents dossiers à la Société. J'ai quand même ralenti un peu mes activités, dans le canot aussi. En vieillissant, on est un peu plus lent. Mais je ne me vois pas m'occuper juste de moi-même», conclut la dame qui a également accompagné son mari décédé à la maison de la sclérose latérale amyotrophique en 2012.