Andréanne et Jean-François Trudel.

Tissés serrés pour la vie

Perdre son père qu’on aime est un passage difficile à traverser, surtout quand c’est le cancer qui vient le chercher, mais quand une famille est tissée serrée comme les Trudel, c’est un motif pour se rapprocher encore plus.

En décembre 2007, peu de temps avant Noël, René Trudel a eu une bien mauvaise nouvelle à annoncer à ses proches au sujet de sa santé. Malgré les interventions médicales, six mois plus tard, à l’aube de ses 53 ans, sa bataille contre le cancer était perdue pour de bon.

En apprenant que leur père souffrait du cancer, deux de ses enfants, Andréanne et Jean-François, avaient immédiatement pris l’engagement de participer, avec une équipe dont faisait aussi partie leur mère, France Ricard, à un Relais pour la vie de la Société canadienne du cancer dans le secteur Grand-Mère.

Jamais l’idée ne leur serait venue qu’ils allaient, l’été suivant, marcher toute une nuit en mémoire de leur père.

C’était en juin 2008. L’équipe avait recueilli 1600 $ pour la cause.

Les Ricard n’ont jamais cessé depuis d’amasser des dons pour le Relais pour la vie. En 11 années consécutives, Andréanne et Jean-François et leur équipe peuvent dire avec fierté qu’ils ont pris part à la marche et a amassé à eux seuls 115 000 $ pour le Relais.

Frère et sœur soulignent avec insistance qu’ils n’ont toutefois pas accompli cette prouesse tout seuls. Il y a leur mère et leur cousine Laurence qui s’impliquent aussi. Laurence y est d’ailleurs depuis l’âge de 15 ans. Il y a aussi des oncles, des tantes, des conjoints, conjointes et amis. C’est qu’il faut beaucoup de monde pour arriver à récolter une telle somme.

Cette année, grâce au travail remarquable d’Andréanne, de Jean-François et du clan Trudel, 13 000 $ ont été remis au Relais pour la vie.

Le secret, ce sont les campagnes de financement que ces gens unis pour la cause multiplient tout au long de l’année.

On parle ici de vente de cônes de bonbons, de tirages de billets pour aller voir jouer le Canadien, de barrages routiers qui, à eux seuls, génèrent 5000 $ et de vente de ferraille qui est faite par un oncle. Mais la campagne des campagnes, c’est la vente-débarras annuelle.

C’est une source de revenus très importante. Les objets qu’on y vend ont été recueillis tout au long de l’année par les parents, les amis et la famille en vue de cette activité annuelle.

Et si tout ce qu’il y a sur les tables ne part pas, Andréanne et Jean-François utilisent les services gratuits des petites annonces afin d’écouler un maximum d’objets. Les meubles rapportent beaucoup plus de cette façon d’ailleurs, expliquent-ils. Il faut aussi  approcher des entreprises pour obtenir des commandites. Bref, les deux principaux organisateurs du Relais pour la vie de Grand-Mère sont des gens assez occupés.

Frère et sœur ne se lassent pas, malgré tout, de donner du temps pour combattre à leur façon la maladie qui leur a ravi leur père. Ils bénéficient encore, après 11 ans, de la collaboration de l’ancien employeur de leur père, Mauricie Toyota, qui participe aussi à cette impressionnante collecte de fonds.

«Nous avons plusieurs partenaires qui nous sont fidèles. Parfois, c’est plus au niveau de l’implication qu’en termes monétaires», soulignent les deux organisateurs.

Depuis un an, frère et soeur, de même que leur cousine font partie du comité organisateur du Relais pour la vie. Si les participants arrivent à 18 h, Jean-François, enseignant dans une école secondaire et Andréanne, responsable des communications à Saint-Augustin-de-Desmaures, sont sur place tôt en après-midi afin de monter le site, s’assurer d’avoir la nourriture et les luminaires nécessaires et préparer des sacs-cadeaux de produits promotionnels de la Société canadienne du cancer pour chaque capitaine d’équipe. Ils ne pourront quitter le site que le lendemain.

Cette année encore, les résultats parlent d’eux-mêmes: 1443 luminaires, 21 équipes, 171 participants, 80 survivants et 55 proches aidants.