«Tant que j’aurai l’énergie, je vais continuer d’aider»

TROIS-RIVIÈRES — Âgé de 86 ans, Gilles LeBel continue d’aider son prochain, comme il le fait si bien, depuis plus de 50 ans. Cet homme qui a le coeur sur la main a consacré plusieurs années à initier des projets, dont l’amélioration de la qualité de vie des personnes âgées.

Natif du Nouveau-Brunswick, Gilles LeBel a étudié en gestion hospitalière à l’Université d’Ottawa. À la suite de ces études, il s’est joint à l’équipe du Centre d’hébergement Cooke à titre de directeur général. Il s’est donc établi à Trois-Rivières où il demeure depuis maintenant 45 ans.

Ayant travaillé de longues années en soins hospitaliers, il a toujours voulu aider les personnes malades. Gilles LeBel est le cofondateur de la Maison Albatros, vouée aux soins de fin de vie. «J’ai longuement réfléchi aux gens en fin de vie. J’ai animé beaucoup de rencontres pour former des équipes bénévoles dans les centres qui offraient les mêmes services que le nôtre», explique-t-il.

Lors de l’adoption de la loi 52, loi concernant les soins de fin de vie, il a été invité par le Comité national de l’Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité (AQDMD) afin d’informer la population sur cette nouvelle réglementation. «J’ai été attiré par cette association, car je voulais offrir une meilleure condition de vie à ces gens en fin de parcours.» Accompagné d’une équipe, M. LeBel a aussi créé l’Association québécoise de Trois-Rivières pour le droit de mourir dans la dignité.

Il a aussi été invité par l’Association québécoise pour la défense des droits des retraités et des aînés où il a pu constater que les aînés ne sont pas toujours respectés dans certaines résidences. «Les baux n’étaient pas tous honorés. On manipulait les personnes dans la façon de payer leur loyer. J’ai aussi découvert que dans certaines résidences il y avait de l’abus ou de la maltraitance faits aux personnes âgées». À la suite de ces constats, certaines résidences ont perdu leur permis.

Parmi ses implications, il a aussi participé aux campagnes de financement de l’Association de paralysie cérébrale à titre de membre du conseil d’administration.

À l’âge de 70 ans, il s’est associé avec une équipe de comédiens et ils ont monté une pièce de théâtre qui était présentée dans les résidences de personnes âgées.«C’était une belle expérience, on allait rencontrer d’autres personnes aînées qui sont souvent seules et qui n’ont pas la chance de voir du théâtre.» Pendant près de dix ans, M. LeBel mentionne avoir participé à plus de 30 représentations par année dans différents établissements.

Ses nombreuses implications lui ont valu le prix Hommage aux aînés qui lui a été décerné par le ministère de la Famille afin de souligner son dévouement pour améliorer la condition de vie des personnes âgées.

Les raisons de ses actions bénévoles
Plusieurs raisons ont poussé cet homme à aider son prochain. «Lorsque j’étais jeune, nous étions assez pauvres. Mon père me disait souvent d’aller voir d’autres familles du voisinage qui étaient plus pauvres que la nôtre et de leur apporter une pinte de lait. J’ai donc appris dès mon jeune âge à offrir aux gens qui ont moins que moi. Je transmets aux autres les valeurs que j’ai moi-même reçues», précise-t-il. Il a continué dans cette lancée, avec les employés du Centre d’hébergement Cooke. «Je les respecte, peu importe ce qu’ils sont».

Il confie qu’à son âge, il a de la difficulté à recevoir l’aide des autres. «Je veux qu’on me laisse faire, même si j’ai de la difficulté à marcher je le fais avec ma canne. J’ai toujours travaillé mon apparence, maintenant je travaille sur mon intérieur». Cet homme a fait de grandes concessions. Il a dû longtemps concilier son bénévolat et sa vie familiale. «J’ai la chance d’avoir une épouse exceptionnelle et très présente, car souvent je partais pendant plusieurs jours donner des conférences. Encore aujourd’hui, je la remercie infiniment de m’avoir permis d’aider les autres».

Les années à venir
M. LeBel est encore très occupé. Il continue d’écrire sur l’aide à mourir dans la dignité. «Faut-il aider à mourir en toute lucidité quand la souffrance est intolérable et plus atténuante par des médicaments et que la mort prochaine est inévitable», a-t-il lu dans l’un de ses nombreux cahiers d’écriture. Deux fois par mois, il organise des conférences pour l’Association québécoise de défenses des droits des personnes retraitées et pré retraitées. Il appréhende le futur avec beaucoup de sérénité, malgré sa crainte de perdre son autonomie.