Karine Talbot

Quand les bottines suivent les babines

TROIS-RIVIÈRES — Pas moins de 75 villes au Québec ont participé à la Grande marche du Grand Défi Pierre Lavoie, au cours du week-end dernier, incluant le secteur Pointe-du-Lac de Trois-Rivières, où une médecin omnipraticienne, la Dre Karine Talbot, s’implique dans la cause pour une deuxième année.

«Ensemble, nous pouvons changer le Québec», dit-elle dans la publicité télévisuelle où elle est apparue cette année afin de promouvoir l’événement en tant que représentante, pour l’occasion, de la Fédération des omnipraticiens du Québec qui appuie l’événement.

Karine Talbot, qui habite dans le secteur Pointe-du-Lac depuis une dizaine d’années, croit aux vertus de l’exercice physique et ne rate jamais l’occasion d’en vanter les mérites à ses patients. L’exercice physique, «c’est le meilleur médicament», dit-elle. Cette mère de deux garçons de 19 et 15 ans préfère toutefois donner l’exemple plutôt que de faire la leçon. Dans son cas, les bottines suivent vraiment les babines. Ses patients la croisent en effet dans le boisé du coin où elle aime faire du vélo de montagne. Ils la voient filer sur les chemins du secteur en patins à roues alignées. Les amateurs de boxe la croisent au Go Boxe 3R où son conjoint donne des cours de boxe. Elle fait en effet partie de ses élèves.

Même si elle a toujours fait de l’exercice de manière récréative, dans sa jeunesse, le sport plus intensif est arrivé dans sa vie en même temps que ses premières activités bénévoles, en 2017, lorsqu’elle s’est impliquée dans le Grand Défi Pierre Lavoie de 1000 km, au cours duquel elle a réussi à franchir 340 kilomètres en quatre jours. En 2018, ce sont 508 kilomètres qu’elle a bouffés sur son vélo. Elle dépeint cet exploit avec une humilité déconcertante. Le Défi, explique-t-elle, s’ajuste. Il y a des cyclistes, dans le Défi, qui sont des personnes sédentaires. L’idée, explique-t-elle, c’est de se dépasser soi-même, car le Grand Défi n’est pas une compétition.

Tous ces coups de pédales ont porté fruit. Karine Talbot était en effet la marraine d’une école à qui elle a remis, grâce au Défi, pas moins de 11 751 $. C’est l’école Marie-Leneuf que fréquente un de ses fils, né avec la trisomie 21. L’établissement, dont les importantes rénovations et l’agrandissement seront inaugurés dans quelques semaines, se servira de ce montant afin de promouvoir les saines habitudes de vie chez les élèves. En 2018, elle a récolté 12 680 $ pour l’école de Pointe-du-Lac.

Karine Talbot ne s’arrêtera pas là. Afin d’encourager la population à bouger, ne serait-ce qu’en marchant, elle s’est entourée d’une quarantaine de bénévoles et a attiré une vingtaine de médecins de la région à la Grande Marche 2018. «On a commencé à organiser ça au printemps», raconte celle qui a consacré de nombreuses heures à la concrétisation de cette activité.

«C’est beaucoup de travail, mais c’est le fun de voir comment les gens embarquent», dit-elle.

L’organisatrice prévoit s’impliquer dans cette marche pendant quelques années encore et cogite déjà à l’idée d’ajouter un spectacle, lors de l’édition 2019.

Pierre Lavoie, rappelle la Dre Talbot, «a dit que l’important, c’est de faire des sports de façon variée, de faire un peu de tout, pas juste de se spécialiser», raconte-t-elle. «Le problème de tout le monde, c’est de manquer de temps», concède-t-elle. Il faut donc faire preuve d’imagination, quitte à faire de l’exercice en couple ou en famille, ce que la Dre Talbot fait depuis qu’elle connaît les bienfaits de l’exercice physique. «Il y a des effets psychologiques et physiques. Ça retarde le vieillissement, améliore le sommeil et prévient l’anxiété», énumère-t-elle. «L’important, c’est d’en faire pour les bonnes raisons, parce que ça nous fait du bien et parce qu’on y croit», plaide-t-elle. C’est aussi une occasion de développer un côté social, souligne-t-elle.

La Dre Talbot confie qu’elle fait du thème de l’exercice un point central de ses recommandations, dans son cabinet, «pour presque tous les problèmes de santé.»